‹ Contribution à l'étude des soies artificiellesChapitre 79 sur 81 · ME LD · texte numérisé non relu

ME LD

d) Résislance à la filtration des alcalis. — Il était prévoir, d’après les résultats obtenus sur la viscose for molée, que la résistance aux alcalis du papier sthéno serait très bonne.

très variables, sur un Au sthénosé, avec Fe même € ja Pr. lilé que s'il s'agissait d'eau. [ÈS

En particulier, une solution de soude caustiq titre 3 N, qui détruit immédiatement le papier initial, ne produit aucune altération du produit sthén après une Journée de filtration continue. “EE

Résumé et Conclusions

Dans la première partie de notre travail, nous avons examiné les divers schémas proposés pour représenter l'architecture de l'édifice cellulosique. Nous avons conclu que l'hypothèse de Mark et Meyer est la plus satisfaisante.

Dans la deuxième partie, nous nous sommes occupés spécialement de l'étude du gonflement des fibres textiles.

Nous avons étudié la méthode de mesure du gonflement « par centrifugation », employée déjà, avec succès, par MM. Meur et CHaMBaR», dans le <as de la peau, et par MM. Meur et Rey, dans le cas de la laine. Cette méthode consiste à éliminer, par une centrifugation énergique, l'eau de capillarité; l’eau de gonflement est alors aisément déterminée par simple mesure de l'augmentation de poids.

Nous l’avons appliquée à la viscose, à la soie d’acétate, au coton, à la soie naturelle et à la laine, et sur ces fibres nous avons montré :

1° Que pour des vitesses de centrifugation suffisamment grandes, la méthode donne des résultats parfaitement constants;

2° Que la valeur obtenue pour le gonflement par une centrifugation de cinq minutes à des vitesses de l’ordre de 7.500 tours (rayon de giration 9,5 cm.) se rapproche de la valeur « absolue » du gonflement;

3 Que le gonilement diminue quand la température s'élève, tout au moins jusque vers 50°. La diminution observée varie d’ailleurs beaucoup suivant la nature de la fibre : très accentuée pour la soie naturelle, le coton et la soie d'acétate, elle est peu marquée dans le cas de la viscose et de la laine;

4° Que la vitesse du gonflement est très grande dans les premières minutes de contact du corps gonflable et de l'agent gonflant et qu'elle se ralentit ensuile considérablement;

5° Que le Pn du liquide de gonflement a une influence marquée sur le gonflement de la cellulose.

Dans une zone allant de Px=—0,5 à Pa=14, il nous a été possible de mettre en évidence trois maximums el quatre minimums dont la position varie suivant la nature du composé cellulosique. Dans le cas de la viscose, les minimums se trouvent pour les Pa 0, 2, 7, et 10,2 et les maximums pour les Pu 1, 5,2 et 8,5. Nous nous proposons de rechercher ultérieurement l'explication de ces faits curieux.

Nous avons donné, enfin, une explication du mécanisme de gonflement en parfait accord avec les vues de Mark et MEYEr sur la constitution de la cellulose.

Dans une troisième partie, nous nous sommes attaché à l'étude détaillée des propriétés hygrométriques des soies artificielles en vue de leur conditionnement.

Dans le cas des viscoses, nous avons pu établir :

1° Que, dans une même atmosplière, l'équilibre de désorption correspond à une teneur en eau supérieure à l'équilibre d'absorption;

2 Qu'à l'équilibre absolu d'humidité, il n'existe aucune différence éntre l'absorption et la désorption ; mais, comme à la température ordinaire, la mise en équilibre absolue demande une année (Et. Burrer), il

est indispensable, en pratique, de tenir compte de cet hystérésis ;

3° Que, dans une même atmosphère, la teneur en eau croît avec le temps et que sa vitesse de fixation est augmentée par la température ;

4° Que la teneur en eau déterminée à l'étuve à 105° est supérieure à celle obtenue dans le vide sec ;

9° Que la teneur en eau croît avec l'état hygrométrique de l'atmosphère et que les courbes obtenues présentent une forme caractéristique en S que nous avons pu aisément expliquer ;

6° Que pour un même état hygrométrique, la teneur en eau diminue quand la température s'élève ;

7° Que l'hygrométricité d'une viscose augmente avec la finesse des brins.

En comparant les propriétés hygroscopiques d'une viscose non préalablement chauffée à celles d'une viscose préalablement chauffée, nous avons pu montrer :

1° Qu'un chauffage à 105° atténue les propriétés hygroscopiques, le gonflement à l'eau et l'affinité pour les colorants, d’une manière d'autant plus marquée qu'il est plus prolongé;

2° Que cette atténuation est d'autant plus forte que la température de chauffage est plus élevée;

3° Que le poids sec « absolu » d'un même échantillon de viscose est évidemment d'autant plus faible qu'il a été déterminé à une plus haute température.

Dans un conditionnement, il y a donc lieu de fixer avec exactitude ja température de dessiccation.

Nous avons fait les mêmes observations que sur les viscoses de fabrication normale dans le cas des soies Celta, au cuivre, Chardonnet et à l’acétate. Cette dernière, cependant, ne présente plus les courbes en $ caractéristiques. Ce fait semble résulter du bloquage des fonctions alcooliques fortement polaires de la cellulose, car nous avons, en effet, observé la même règle sur les soies sthénosées. Ce bloquage atténue le phénomène de gonflement qui vient se superposer à l’adsorption.

Le quatrième chapitre comporte la préparation des

soies sthénosées et l'étude de leurs propriétés.

1° Dans le cas du sthénosage au formol, nous avons démontré que les facteurs sur lesquels il faut agir pour arriver à un résultat déterminé sont :

a) Le Px des liqueurs de trempage,

-b) L'intensité de l’essorage qui fait suite à l'imprégnalion,

c) La température et la durée du chauffage,

d) La concentration en formol.

2° Nous avons indiqué deux modes opératoires tenant compte du rôle de ces différents facteurs ; leur application permet de régler à volonté et avec précision la marche de l'opération. Par action du formol, le gonflement peut être abaissé, au maximum, de 90 à 16 %.

3° Nous avons pu réaliser le sthénosage au moyen d'acétaldéhyde, de paraldéhyde ou d’acétone, en tenant compte des propriétés particulières de ces divers agents. Il ne nous a pas été possible, toutefois, de pousser l'opération aussi loin qu'avec le formol.

Nous avons pu prouver, par acétylation ménagée de viscoses sthénosées à des taux différents, que le sthénosage consiste dans le bloquage, par paires, des oxhydryles de la cellulose à l'état de groupements —0—CH—0C—,

Il s'ensuit que l'action du formol diminue les propriétés hydrophiles de la fibre. Les propriétés dans lesquelles ce pouvoir hydrophile’ joue un rôle sont atténuées proportionnellement à l'intensité du sthénosage. Nous avons pu, en particulier, vérifier cette hypothèse:

1° Sur la teinture aux colorants substantifs ; 2° Sur l’engallage ; 3° Sur la charge à l’étain.

Les soies sthénosées présentent une résistance aux:

alcalis extrêmement grande. Une solution de soude de ütre 3N, qui disperse complètement la viscose ordinaire, est presque sans action sur la soie sthénosée.

L'étude comparée des propriétés hygrométriques de viscoses sthénosées et non sthénosées nous a permis de démontrer :

1° Que l’hygrométricité de la viscose et l’hystérésis

entre l'absorption et la désorption diminuent quand l’in-

tensité du sthénosage augmente ;

2° Que la soie sthénosée ne présente plus les courbes en S caractéristiques ;

3° Que la teneur en eau, pour un même état hygrométrique, diminue quand la température s'élève ;

4 Que pour des températures assez De (6°), la viscose sthénosée se montre moins hygrométrique que la soie ordinaire ;

5° Qu'à 37°, pour des états hygrométriques compris entre 50 et 70,5, la viscose sthénosée apparaît comme plus hygroscopique que la viscose ordinaire et que cette zone s'étend quand la température s'élève.

Le sthénosage augmente la résistance à la traction et diminue l’élasticité de la viscose. Le renforcement est de 41,5 % à l’état sec, et de 178,9 % à l'état mouillé.

La conservation des soies sthénosées est, en outre, parfaite, comme nous l'ont montré des essais soumis pendant sept mois aux conditions très variées suivantes:

1° A l'air libre et à la lumière ;

2° A l’air libre et à l'obscurité :

3° En atmosphère saturée d’eau et à la lumière ;

4° Dans l’eau distillée et à la lumière :

À l'étuve à 75° C.

Page 1