OBSERVATION XI
(Tirée de La circulation rétinienne
à l’état normal et pathologique de Baïlliart)
M. B..., 62 ans, horloger, sans antécédents notables, vient à la consultation de Lariboisière le 12 novembre 1920, racontant que deux jours auparavant il se serait aperçu en se levant que l'œil gauche était presque complètement aveugle ; cette cécité relative aurait duré cinq à dix minutes, puis aurait disparu ; maïs dans la même journée sont survenus plusieurs accès de cécité transitoire toujours d'assez courte durée. Le lendemain, l’état est le mème ; pour quelques
instants, la cécité a été presque totale à gauche ; en même
temps, le malade aurait éprouvé une sensation de resserrement dans le fond de l'œil,
Le 12 novembre, c’est-à-dire deux jours après la première crise, l'accès de cécité se reproduit pendant que l’on prend le champ visuel.
À ce moment on note une inégalité pupillaire, la pupille gauche étant plus dilatée.
La crise terminée, on trouve un rétrécissement nasal des deux champs visuels.
Je n’ai examiné le malade que quelques jours après. Les accès ont été en s’espaçant. Le fond de l’œil montre à droite comme à gauche une excavation papillaire des plus nettes. Les vaisseaux sont petits ; il n’y a pas de mouvements nerveux ni spontanés, ni provoqués.
OUDUNR = 7 ON T0.
La tension oculaire pour l’œil droit est de 26 millimètres et de 38 millimètres pour l'œil gauche.
La pression artérielle rétinienne est de 35-65 à droiteet de 40-63 à gauche.
La pressionartérielle générale est de 16-9 (Vaquez-Lau-
bry).
OBSERVATION XII (Résumée)
Contribution à l'étude des effets toxiques du salicylate de soude, par P.-N. Barabascheff (La clinique ophtalmologique,10 avril 1897).
Etudiant en médecine, 21 ans, atteint de rhumatisme articulaire aigu. On lui prescrit 2 gr. 4o de salicylate de
soude par jour.
nt) ee
Le cinquième jour, le malade présente des vomissements, des bourdonnements d'oreilles et plusieurs évanouissements. Vers 5 heures de l'après-midi, en se réveillant, le malade constate qu'il est aveugle.
Examen des” yeux : Nystagmus oscillatoire, mydriase modérée : au lieu de la réaction lumineuse, hippus, lequel se produisait du reste, de temps à autre sans aucune cause visible sous la forme de 3 à 5 contractions cloniques de la pupille. La sensibilité de la cornée est diminuée.
Les milieux sont transparents ; les veines de la rétine sont tortueuses, le calibre des artères visiblement amoindri.
Trois heures après le début des troubles visuels, le malade commence à percevoir la lumière d'une lampe.
Deux heures après, il distingue les doigts de la main au - centre du champ visuel. Peu à peu la vision périphérique s’éclaircit, mais plus lentement que la vision centrale.
Le lendemain, la vision centrale et périphérique est normale.
Pas de dyschromatopsie.L’examen du fond de l’œil montre
des artères normales.
OBSERVATION XIII (résumée)
(Société française d’ophtalmologie, 1899).
Amaurose et amblyopie quiniques par A. Zanotti
Villa L... maçon.
Le 15 février 1898, vers le soir, par bravade il prit 12 gr. de bisulfate de quinine en une demie heure.
Au bout d’une demie heure, évanouissement, puis con-
LR LE
vulsions généralisées jusqu’au matin. Il reprit alors connaissance se plaignant des bourdonnements d'oreilles. IL dit qu'il n'apercevait que les ombres des personnes qui l’approchaient. Quelques heures après, il perdit complètement la vue. Le 17 février, le médecin trouva le malade dans un état assez grave : prostré, somnolent, comprenant peu ce qu'on lui disait et répondant à peine : regard fixe, pupilles dilatées au maximum, ne réagissant pas à la lumière ; amaurose complète.
L'ouïe était presque abolie à gauche et très diminuée à droite.
La prostration persiste pendant 6 jours et le malade commença à distinguer vaguement les personnes dix jours après
Au commencement d'avril, on amena le malade à la consultation du Dr Zanotti.
L'acuité visuelle centrale est de 1/4.
Le champ visuel des deux yeux est réduit à 10 degrés en dedans, en bas, et en haut, à 12 degrés en dehors.
Héméralopie très marquée.
Achromatopsie pour le vert et le violet. Le rouge vif, est la couleur la plus facilement perçue.
Les pupilles réagissent faiblement à la lumière.
A l'examen ophtalmoscopique, on trouve les papilles très pâles avec des vaisseaux filiformes.
Dans la région péripapillaire et autour de la macula, on voit un piqueté blanchâtre que l’auteur compare au pointillé de dégénérescence chorio-rétinienne qui suitles hémorragies punctiformes de la rétinite hémorragique.
Traitement électrique. Injections de strychnine.
Le 23 mai, la vision des deux yeux atteint 2/3. Le champ
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visuel est limité à 20 degré en haut, en dedans et en bas et à 30 degrés en dehors.
L'hémeralopie et la dyschromatopsie persistent. L'ouïe est bien améliorée à l’ophtalmoscope, on voit les pupilles pâles, les vaisseaux rétrécis. Le pointillé blanchâtre de la rétine ne s’est pas modifié.
Le 19 avril 1899, l'auteur examine à nouveau le malade, et trouva l’acuité visuelle réduite à 1/6.
Le champ visuel ne s’est pas modifié.
OBSERVATION XIV (résumée)
(Société française d’ophtalmologie 1899).
Amaurose et amblyopie quiniques par A. Zanotti
Jeune fille de 20 ans, atteinte de choroïdite paludéenne.