‹ Contribution à l'Étude des Staphylococcémies Post-AbortumChapitre 5 sur 13 · S MONSIEUR LE PROFESSEUR BERNARD CUNEO · texte numérisé non relu

S MONSIEUR LE PROFESSEUR BERNARD CUNEO

À: Professeur de Clinique Chirurgicale.

Membre de l’Académie de Médecine.

Commandeur de la Légion d'Honneur. mn Chirurgien de l’Hôtel-Dieu. , ne

j . Hommage reconnaissant pour l'honneur à qu'il me fait en acceptant la présidence de cette thèse. dt

CONTRIBUTION A L’ETUDE DES STAPHYLOCOCCEMIES POST-ABORTUM

Nous avons été incité, en dépit de son caractère incomplet, à publier l’observation d’une malade hospitalisée dans le service du Professeur Cunéo. Cette malade est entrée, à la isuite d’un avortement criminel, dans un état de septicémie aiguë, qui s’est révélée être de nature staphylococcique.

— La rareté du fait,

— La gravité du pronostic que cette découverte implique,

— Certaines particularités cliniques, sont d’un grand intérêt.

En effet, ül s’agit là d’une cause supplémentaire de complication mortelle des avortements, complication qui vient s’ajouter à toutes celles qui sont classiques depuis longtemps, qui peut entrainer des erreurs de pronostic considérables et à laquelle on devra penser.

Cette septicémie a été caractérisée par la rapidité de son apparition, par des métastases microbiennes très particulières et enfin par son évolution accélérée (évolution dont la durée n’a pas atteint huit jours).

Les cas analogues déjà publiés sont très rares, les ouvrages classiques font peu d’allusions au rôle du staphylocoque dans les septicémies post abortum (le

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steptocoque étant classiquement l’agent causal de ces complications).

C’est le Professeur Henri Monpor qui donne dens son traité « Les avortements mortels » les détails les plus complets sur les staphylococcémies post aborrent LA |

Il nous apprend que les septicémies à staphylocoque sont, de toutes les septicémies de l'avortement, celles qui se compliquent de foyers secondaires à leur tour ensemençants.

Comme dit LEMIERRE : « le staphylocoque renonçant à ses habitudes de commensal inoffensif Gevient un redoutable agresseur ».

Soit que le staphylocoque donne par décharge dans le sang de petites poussées bactériémiques transitoires, successives, sans gravité et sans séquelles, soit au contraire que l’utérus ou un foyer métastatique le déversent dans le sang de façon continuelle, il y a septicémie, Mais celle-ci ne devient redoutable et importante que dans le second cas où l’ensemencement est renouvelé de façon subintrante.

Il nous apprend de plus qu’il peut y avoir, au point de vue anatomique, autour de l’utérus, comme autour d’un furoncle de la lèvre, des thromboses vasculaires. Plus souvent il s’agit de septico-pyohémie; le staphylocoque, à distance de l’utérus, colonise en divers endroits, engendre des lésions en général suppurées, perceptibles cliniquement et communiquant à l’affection des aspects variables suivant le siège et l'importance de ces détermünations secondaires.

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I peut arriver au bout d’un temps plus ou moins long que le staphylocoque disparaisse du sang, que l'état septicémique cesse et qu’un ou plusieurs foyers métastatiques continuent à évoluer pour leur propre compte.

Le Professeur Moxpor distingue deux formes principales : une forme aiguë, une forme subaigué.

La forme aiguë, à laquelle on peut rattacher le cas de notre malade, est à début brutal, début pouvant | faire croire à une péritonite, à cause des grands frissons, de l’ascension soudaine de la température, parfois précédée d’une chute éphémère au-dessous de la normale.

À l’asthénie s'ajoutent des vomissements, un ballonnement important de l’abdomen, mais le pouls peut être encore bon, bien frappé.

Le début peut encore avoir l’allure de celui d=s grandes maladies infectieuses : prostration comme dans la typhoïde, maïs la température est essentiellement irrégulière, continue ou oscillante, de courbe imprévisible. Stupeur du faciès, langue saburrale et chargée. Lèvres fuligineuses, gros foie, grosse rate, subictère. Quelquefois une oligurie très marquée. Caractères sur lesquels il insiste tout particulièrement. Il note de plus des embolies cutanées (papules acuminées rougeâtres sur les membres, le tronc, la face; bientôt transformées en pustules); ou bien larges taches purpuriques, ‘ecchymotiques, centrées par une bulle purulente où lon trouvera, fourmil-

lants, les staphylocoques.

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