‹ Contribution à l'étude des Strongyloses Broncho-Pulmonaires BovinesChapitre 16 sur 17 · LEO PRE · texte numérisé non relu

LEO PRE

comme dans l’autre observation, des manifestations de broncho-pneumonie, avec emphysème dans les parties postérieures et élargissement trés net du cercle de l’hypocondre. L'âge des malades ‘est sensiblement inférieur à celui des veaux précédents — 6 mois en moyenne. L'état général est encore plus inquiétant. £e poil est piqué, terne, la respiration franchement dyspnéique et malgré que l'appétit soit relativement conservé, les sujets sont maigres et abattus. L’examen des excréments ne décèle que quelques embryons.

TRAITEMENT. — Après avoir institué le même traitement symptômatique que précédemment — révulsion

sinapisée et fumigations au goudron, ave: administration

de kermès à l’intérieur, — nous pratiquons une injection de 10cm d'essence de térébenthine à la base du fanon,

les signes de broncho-pneumonie nous apparaissant plus accusés.

Les injections intra-trachéales (selon la même formule) sont utilisées en même temps, mais le premier jour à la dose de 20 cm , et les deux jours suivants à la dose de 10 cm . À quarante-huit heures d'intervalle, nous pratiquons une quatrième injection de 19 cm .

Les abcès, percés deux jours après leur provocation, donnent un pus abondant, crémeux, bien lié, et la température baisse chez presque tous les sujets d’un degré

environ.

Le malade N° 4, seul, n’a pas très bien réagi à l’abcès

ND 7e

de fixation ; le pus séro-sanguinolent recueilli à l’ouverture assombrit notre pronostic. Ce malade est soutenu plus particulièrement à l’aide d’huile camphrée le matin, et d'injection de sérum physiologique caféiné le soir. Indépendamment de ces différentes interventions, nous faisons absorber, per os, deux cuillerées à soupe par jour d’essence de térébenthine créosotée. Obligés de nous absenter quatre jours, nous laissons les malades sur ce traitement. Le 10 Décembre, à notre retour, nous avons la surprise agréable de constater un changement complet. La toux a presque disparu ; seuls les veaux N°° 2, 3, 6 toussent un peu. Leur température est encore de 38, 38,1, 38 pour une température normale chez tous les autres, même chez le N° 4 que nous ne cr£ ions pas retrouver parmi ses congénères.

L’auscultation permet de noter seulement quelques râles chez les N°° 2, 3 et 6. L’appétit est excellent chez toùs, mais l’emphysème pulmonaire subsiste encore chez les veaux N°° 1, 2, 3, 4, 5. L’examen des prélèvements fécaloïdes est nettement .négatif. Les premiers avaient donné du Dictyocaulus viviparus.

Dans, la première observation, les veaux malades avaient séjourné depuis Mai dans un pâturage en bordure de la Petite Creuse, pâturage parfaitement sain, à peine marécageux, et situé au bord de l’eau. Dans le second cas, les veaux mis au pâturage avec les mères, presque dès leur

naissance, avaient séjourné environ huit jours dans un

21 (ose

petit enclos à la lisière d’un bois, enclos plein de ruisseaux et de sources.

L'humidité peut donc être considérée comme une cause au moins prédisposante que l’on ne doit pas négliger. C’est d’ailleurs de ces observations que doit découler le traitement préventif ou tout au moïns prophylactique.

TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE. — Quand le diagnostic est posé, nous pensons que l’application du traitement que nous employons peut et doit juguler la maladie ; mais bien souvent une prophylaxie sérieuse éviterait des pertes graves, et la mort des premiers veaux — qui décide le propriétaire à faire appel à l’homme de l’art — pourrait être empêchée si l’on suivait régulièrement les instructions que nous nous efforçcons de répandre depuis qu’il nous a été donné d’être aux prises avec la maladie

1° On devra d’abord placer sur le sol des étables, une couche de sable, destinée à combattre l’humidité qui semble favoriser le développement des Strongles. k

2° Procéder tous les ans, au moins une fois, au nettoyage des abreuvoirs et au badigeonnage au goudron de Norvège des récipients qui servent à l’abreuvement.

3° Répandre, sur les pâturages, de la chaux ou des scories (plus économiques) qui assèchent un peu la prairie, er même temps qu’elles peuvent détruire les parasites.

4° Eviter autant que possible de mener les veaux en pâture au printemps et dans les premiers mois de l’été :

s'il n’est pas possible de faire autrement, prévenir la soif

Li 90 NE

avant le départ ou surveiller les animaux pour qu’ils n’aillent pas boire dans les mares et les fossés.

Certains auteurs ont aussi préconisé, au point de vue prophylactique, l’administration de médicaments antiparasitaires mêlés à l’alimentation ; nous n’accordons qu’une confiance très relative à l'efficacité de cette intervention.

Quant au traitement curatif, nous voudrions souligner en terminant que nous n’avons point la prétention d’instituer une méthode exclusive ou inconnue. Documenté cependant sur tous ceux qui avaient été tour à tour combatius ou préconisés, nous avons, après expérience, conservé les uns, abandonné les autres, et l’on peut résumer ainsi le

résultat de nos observations.

Page 1