MIS
concentration de la masse, on obtient, au bout de deux ou trois jours, des amas cristallins volumineux, formés de lames prismatiques superposées en retrait; on peut également observer des prismes à six pans, nettement délimités, et terminés par des sommets pyramidaux. Ces amas cristallins sont très friables ; les lames cristallisées se séparent à la moindre pression. Tous ces cristaux, de couleur groseille, sont très déliquescents et très solubles dans l’eau et l'alcool. En raison de leur déliquescence, ces cristaux sont très difficiles à essuyer au papier filtre ; cette difficulté nous a empêché de faire une détermination exacte de leur eau de cristallisation. Desséchés dans le vide sec, ils donnent une masse jaune orange, à cassure cristalline, très avide d’eau; une rapide manipulation à l'air la rend humide.
Le sulfocarbonate de lithium est beaucoup plus altérable que ceux de potassium et de sodium. Chauffé vers 60°, il se décompose en dégageant du sulfure de carbone.
Sulfocarbonate de baryum, CSBa.
Nous avons obtenu ce sel par deux procédés:
1° Par l’action du sulfure de carbone sur une solution de sulfure de baryum à une température moyenne de 30°. La réaction est lente; au bout de plusieurs jours on obtient un précipité Jaune citron et une solution jaune orange. Cette solution, évaporée dans le vide, laisse déposer deux sortes de cristaux :
2e Wet
des cristaux rouges de tétrasulfure de baryum, puis des cristaux Jaunes de sulfocarbonate de baryum, petits prismes rhomboïdaux, tronqués, figurant de petits tonnelets. Ces cristaux ne sont pas déliquescents.
2° Par double décomposition. Une solution de nitrate de baryum, additionnée d’une solution de sulfocarbonate de sodium pur, donne un précipité jaune abondant de sulfocarbonate de baryum, suivant la relation:
(Az03) Ba Æ CSNa? — CS3Ba + 2 AZOÏNa
On filtre pour séparer le précipité, le lave pour entraîner le nitrate de sodium et le sèche. On obtient une belle poudre jaune citron, inaltérable à l'air, peu soluble dans l’eau froide.
Les bons résultats obtenus dans la préparation du sulfocarbonate de baryum par précipitation nous ont conduit à essayer le même procédé pour les sulfocarbonates de calcium et de strontium. On obtient encore un rendement notable pour le sulfocarbonate de calcium, mais il est à peu près nul pour celui de strontium. Cela tient à ce que ces deux sels sont beaucoup plus solubles que le sulfocarbonate de baryum.
A l'origine de ce travail, nous avions pensé pouvoir présenter les sulfosels obtenus par l’action des sulfocarbonates alcalins et alcalino-terreux sur les sulfures métalliques. Mais après quelque temps de recherches nous avons vu notre horizon s’agrandir considérablement et devant la grandeur de la tâche
entreprise, nous nous sommes limité momentanément aux sulfosels obtenus à l’aide des sulfocarbonates de potassium et de sodium. De plus, comme l'obtention de certains sulfures métalliques purs, par voie humide, est très difficile sinon impossible, vu leur oxydation partielle pendant leur dessiccation, nous les avons remplacés par les sulfocarbonates correspondants.
Voici ces sulfocarbonates :
Sulfocarbonate d'argent, CSYAg.
Le sulfocarbonate d'argent a été obtenu en précipitant une solution de nitrate d'argent par le sulfocarbonate de sodium. Le précipité est noir grisâtre. Lavé, il communique une odeur de sulfure de carbone aux eaux de lavage ; desséché et chauffé, il abandonne des vapeurs de soufre qui se subliment ; il n'y a pas de vapeurs de sullure de carbone. Il laisse un résidu noir, dense et dur.
Sulfocarbonate de plomb, CSSPh.
Lorsqu'on verse une solution de sulfocarbonate de sodium dans une solution neutre de sel de plomb, on obtient un beau précipité rouge vermillon de sulfocarbonate de plomb. Un excès de sulfocarbonate alcalin colore la liqueur en rouge. Le précipité lavé, rapidement séché, reste rouge brun. Abandonné dans l’eau, il devient noir; chauffé à distillation il abandonne du soufre et du sulfure de carbone.
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Sulfocarbonate mercurique, CSHg.
Si l'on verse goutte à goutte une solution de sulfocarbonate alcalin dans une solution de chlorure mercurique, on obtient un précipité jaune brun. En continuant l'affusion du sel alcalin, le précipité brunit de plus en plus ; il est complètement noir quand le sel alcalin est en excès. Si l’on opère inversement en versant le chlorure mercurique dans le sulfocarbonate alcalin, le précipité qui se forme est jaune, mais devient immédiatement noir par agitation. Le précipité recueilli, lavé et desséché, puis chauffé à distillation, donne des vapeurs de soufre et de sulfure de carbone.
Sulfocarbonate de cuivre, CS3Cu.
Quand on ajoute une solution de sulfocarbonate de sodium à une solution de sulfate cuivrique, il se forme un précipité noir qui se sépare rapidement ; c'est du sulfocarbonate de cuivre. Lorsque le sel de cuivre est totalement précipité, l'addition d'un excès de sulfocarbonate alcalin colore la liqueur en rouge brun si intense qu'elle en paraît noire. Ce fait est dù à la solubilité du sulfocarbonate cuivrique dans le sulfocarbonate alcalin. Si l’on opère inversement en versant le sel cuivrique dans le sulfocarbonate alcalin, il se forme un précipité qui se dissout rapidement par agitation et la solution prend la teinte
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rouge brun signalée ci-dessus. Le sulfocarbonate de cuivre séparé, lavé et séché, représente une poudre noire, légère, inaltérable à l'humidité. Chauffé, il donne des vapeurs de soufre, de sulfure de carbone et un résidu de sulfure cuivrique.
Sulfocarbonate de cadmium, CSCd.
Une solution de nitrate de cadmium, additionnée de sulfocarbonate alcalin, donne un précipité orange. pâle, de sulfocarbonate de cadmium; la liqueur se colore en jaune orange, grâce à la solubilité du sulfocarbonate métallique. Le précipité, séparé et lavé, se décompose partiellement dans cette opération et abandonne du sulfure de carbone que l’on percoit dans les eaux de lavage.
Sulfocarbonate ferreux, CSFe.
Une solution du sulfate ferreux pur, additionnée de sulfocarbonate alcalin, donne un précipité noir; un excès de sel alcalin brunit la liqueur qui paraît noire comme de l'encre.
Le précipité de sulfocarbonate ferreux, séparé par filtration, est lavé puis desséché. Pendant la dessiccation, il se colore superficiellement en jaune brun; cette coloration envahit d'autant plus la masse que la dessiccation est plus lente. Finalement, on obtientune poudre brune, inaltérable à l'air humide, parsemée de points Jaunes.
Sulfocarbonate ferrique.
Une solution de perchlorure de fer pur et neutre, additionnée de sulfocarbonate alcakin, donne un précipité brun foncé, qui se rassemble en grumeaux. Si l’on ne verse pas un excès de sulfocarbonate alcalin, au bout de douze heures, l’abondant preipité obtenu a presque totalement disparu. Il s'est produit une réduction énergique qui a donné du soufre précipité, de volumineux cristaux de soufre octaédrique; un précipité noir persiste en petite quantité et la liqueur ne renferme que du chlorure ferreux. Si l’on a soin d'ajouter un excès de sulfocarbonate alcalin, la réduction ne se manifeste plus de même; le précipité de sulfocarbonate ferrique obtenu séparé par filtration, lavé, abandonne aux eaux de lavage d’abondantes gouttelettes de sulfure de carbone. Ce fait indique la transformation probable du sel ferrique en sel ferreux. On obtient un précipité noir qui, par dessiccation, prend une teinte jaune brun, plus ou moins accentuée, et qui nest autre que du
sulfocarbonate ferreux.
Sulfocarbonate de manganèse, CS3Mn.
Si l'on verse du sulfocarbonäte sodique dans une solution de sel manganeux, elle se colore en Jaune sans précipité. En continuant l'addition du sel alcalin, la coloration devient jaune rougeûtre, la liqueur
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se trouble et le précipité de sulfocarbonate manganeux apparait. Recueilli sur un filtre, le précipité de sulfocarbonate manganeux est couleur rose clair. Lavé et séché, ildevient jaune brun.
Sulfocarbonate de nickel, CSSN1.
Une solution de sulfocarbonate alcalin, versée dans une solution de sel de nickel, donne un précipité de sulfocarbonate de nickel. Le sulfosel alcalin en excès, colore la liqueur surnageante en rouge qui devient d’une telle intensité qu’elle en paraît noire. Cette couleur rouge provient de la solubilité du sulfocarbonate de nickel dans le sulfocarbonate alealin.
Si l’on opère inversement, versant la solution de sel de nickel dans le sulfocarbonate alcalin, on ne produit pas de précipité et la liqueur se colore en rouge intense.
Le précipité de sulfocarbonate de nickel, recueilli sur un filtre, est lavé et séché ; il est d’un noir grisàtre, inaltérable à l’air.
Sulfocarbonate de cobalt, CS3Co.
En versant une solution de sulfocarbonate alcalin dans une solution de sel de cobalt, on produit un précipité noir de sulfocarbonate de cobalt. Lorsque le sulfosel alcalin est en excès, la liqueur devient vert olive; si l'excès de sel alcalin est faible, la liqueur se sépare du précipité, s'éclaircit et devient
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transparente au bout de quelques jours ; si l'excès du sel alcalin est considérable, la couleur vert olive et l’'opacité se conservent pendant très longtemps. Le précipité recueilli, lavé, desséché, reste noir et se conserve sans altération. Chauffé à l'air, vers 150, il prend feu et brûle comme de la poudre.
Sulfocarbonate de zinc, CS7n.
Ce sel s'obtient en précipitant une solution de sulfate de zinc par un sulfocarbonate alcalin. Le précipité est jaune, soluble dans un excès de précipitant. Recweilli et lavé, il est d’un blanc jaunâtre; en desséchant, il prend un aspect et une consistance de beurre. La masse se rétracte, se fendille et devient dure; pulvérisée, elle est d'un blanc grisätre. Chauffée à distillation, elle donne du sulfure de car-
. bone et du sulfure de zinc.
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