‹ Contribution à l'étude des Suppurations intra-encéphaliques à méningocoquesChapitre 12 sur 32 · HR FR · texte numérisé non relu

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Cette sommolence est, d’ailleurs, plus ou moins intense. Le malade peut garder sa connaissance et répondre facilement aux questions (Obs. 1), mais le plus souvent la torpeur est plus marquée (Obs. IIT, IV, V). Le malade sommeille alors presque constamment, couché sur le côté, la face opposée à la lumière; lorsque l’on s'approche, il suit d’un regard vague les personnes. Pour obtenir de lui une parole, on doit insister et encore n’arrive-t-on pas toujours à avoir une réponse. De temps en temps cet état de somnolence demi-comateuse fait place à des phases de délire tranquille (Obs. IV) ou, au contraire, d’agitation (Obs. IT) et de cris souvent provoqués par une céphalée paroxystique atroce. ;

La température suit une courbe assez variable suivant les cas. Souvent elle est élevée avec parfois de grandes oscillations, mais elle peut être sub-fébrile, se maintenant entre 37° et 38° (Obs. I), enfin elle peut même manquer (Obs. IT).

Les troubles trophiques étaient absents chez le malade de l’Observation I. Cependant pour certains auteurs, notamment pour Dopter, ils constituent un signe important et consistent en un amaigrissement extrêmement rapide, portant sur la graisse et les muscles, et finissant

par donner au malade un véritable aspect squelettique.

L’hypertension intra-ventriculaire provoque souvent des vomissements à type de vomissements cérébraux (Obs. I, V), ne s’accompagnant pas d'efforts et se produisant sous l'influence d’une cause minime (passage à la position

assise).

Les contractures et la raideur sont souvent signalées

Op) =

(Obs. II, III, V) mais peuvent manquer (Obs. I). La raideur de la nuque peut être très prononcée rejetant la tête dans l’oreiller (opisthotonos) ; les membres sont raidis en flexion ou en extension.

Les troubles sphinctériens qui manquaient dans l’Obser- Vation I sont cependant fréquents (Obs. IL, III) et consistent en incontinence ou en rétention des matières et des urines (Obs. ID.

La modification des réflexes tendineux se fait tantôt dans un sens, tantôt dans un autre.

Le pouls peut être accéléré (Obs. IID ou au contraire ralenti (Obs. D), il présente alors une grosse valeur séméiologique car il dénote une hypertension intracranienne, laquelle peut ne pas donner lieu à une stase papillaire visible à l’ophtalnsoscope (Obs. I).

Quant aux troubles sensitifs, on a seulement signalé une céphalée, peu intense (Obs. 1) ou parfois intolérable.

Enfin chez le malade de M. Savy est apparue une hémiparésie prédominant du côté de la face et du membre supérieur.

Tels sont les signes fournis par l'examen clinique; ils devront être complétés par [a ponction lombaire.

Si l’on fait une ponction lombaire on constate que Le liquide céphalo-rachidien retiré est clair ou à peine opalescent (Obs. I, IT, IV), ne présente plus de méningocoques (Obs. I, IT, IV) et à peine quelques polynucléaires et mononucléaires et de très faibles traces d’albumine. Il existe donc un contraste-saisissant entre la gravité de l’état clinique et les signes négatifs fournis par l'examen du liquide de ponction. Ce fait tient aux cloisonnements méningés isolant lé pus dans les ventricules cérébraux tandis que la

RER Le

méningite rachidienne est toujours en voie de guérison (Obs. II) ou complètement guérie (Obs. I).

Lorsque la période de latence est de courte durée, on peut continuer les injections de sérum sans craindre l’anaphylaxie. Or, le cloisonnement empêchant le sérum injecté de pénétrer dans la circulation, celui-ci n’est pas absorbé et le liquide obtenu par la ponction lombaire un jour ou deux après présente une teinte jaune, ambrée, caractéristique (Obs. IV). Ce « signe du sérum » ou cette «æanthochromie » sérique du liquide comme on l’a encore appelé aurait une grande importance (MM. de Verbizier et Chauvel), apparaissant d’une façon précoce et persis-

tant assez longtemps.

Naturellement le sérum ne pouvant pénétrer dans les ventricules où les germes pullulent à leur aise, on ne constate aucune amélioration (quelles que soient les doses injectées) et cette inefficacité de la sérothérapie intrarachidienne (Obs. II, Obs. ID) est encore une indication

dont il faudra tenir compte.

Enfin, si, en présence des symptômes précédents, on se décide à pratiquer une frépano-ponction et que l’on compare le liquide vertriculaire au liquide de la ponction lombaire, on constate que ceux-ci sont très dissemblables. En effet, tandis que le second est clair ou opalescent, le premier est trouble ou même franchement purulent et l'examen microscopique y décèle de nombreux polynucléaires pyoïdes ainsi que des méningocoques souvent en très grand nombre (Obs. I). La ponction ventriculaire jouera donc non seulement un rôle thérapeutique, mais

encore un rôle diagnostique en permettant de constater

SHOARE

directement, de façon indubitable, la présence de pus dans les ventricules.

Tel est le tableau clinique de l’épendymite suppurée ; cependant, nous devons encore dire un mot d’un signe spécial décrit par Chiray, sous le nom de signe réflexe de la pyocéphalie. Quand chez un malade atteint d'épendymite suppurée cloisonnée, on pratique une injection intraveineuse d’un demi ou d’un centimètre cube de sérum antiméningococcique, on observe une crise congestive, analogue aux crises nitritoides comme symptomatologie, et qui cède complètement au bout de quatre ou cinq minutes à peine.

Pour Chiray, il s’agit d’un signe pathognomonique; mais à cette manière de voir, nous objecterons qu’il a été observé assez souvent, en dehors de toute épendymite, comme l’ont constaté MM. Sainton et Bosquet, et qu’inversement dans un cas certain de suppuration intraven-

triculaire, M. Cazamian l’a retrouvé à peine à l’état d’ébauche.

Bien plus, M. Cazamian a observé et décrit les mêmes

phénomènes de congestion aiguë à la suite d’injections

intra-rachidiennes de sérum, il leur a donné le nom de

« crises congestives épileptiformes ».

Pour toutes ces raisons, si l’on veut accorder une valeur diagnostique au signe décrit par Chiray, celle-ci devra être extrêmement restreinte. Il est probable qu’il s’agit ou d’un simple choc anaphylactique, comme le veut Dopter, ou de phénomènes toxiques conditionnés par un certain degré d'insuffisance hépatique et rénale comme le pensent MM. Sainton et Bosquet.

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