ELÉMENTS DU DIAGNOSTIC
Parmi les différents symptômes de l’épendymite, les plus importants sont les suivants :
1° Les froubles intellectuels consistant en un état de prostration et de somnolence;
2° Les contractures et la raideur;
3° Les troubles sphinctériens (incontinence ou rétention) ;
4° L’amaigrissement rapide aboutissant à la cachexie:
5° Les signes d’hypertension cérébrale: vomissements cérébraux, ralentissement du pouls;
6° Les signes de localisation (hémiparésie) qui, lorsqu'ils existent (Obs. 1), permettent le diagnostic du côté de la lésion;
7° L’échec de la sérothérapie par suite des cloisonnements;
8° Les indications fournies par la ponction lombaire : liquide céphalo-rachidien clair contrastant avec la gravité des symptômes, signe du sérum;
9° Enfin, lorsque la main forcée par les symptômes précédents on pratique, dans un but thérapeutique, une trépano-ponction, on retire des ventricules un liquide plus
ou moins purulent.
LC ee DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
Lorsque l’épendymite suppurée évolue après la guérison de la méningite cérébro-spinale, elle peut être confon-
due surtout avec les affections suivantes:
Tumeurs cérébrales
Dans les tumeurs cérébrales il y a, comme dans les épendymites, de la céphalée, des vomissements cérébraux, un ralentissement du pouls; mais l’évolution est, en général, plus longue: il n’y a ni Kernig, ni raideur, la température est absente. La notion d’une méningite cérébrospinale récente lève presque tous les doutes. Enfin, la
stase papillaire est plus rare dans lépendymite.
Encéphalite léthargique
La torpeur et la somnolence de l’épendymite peuvent faire penser à l’encéphalite léthargique. On recherchera alors les paralysies oculaires consistant surtout en paralysies incomplètes, partielles et dissociées de la musculature extrinsèque de l’œil entraînant du strabisme et de la diplopie ainsi que du ptosis. Les contractures lorsqu’elles existent sont moins marquées, les phénomènes
méningés assez rares.
Abcés cérébral
Si la méningite est guérie, l’épendymite suppurée peut donner lieu à un tableau clinique semblable à celui d’un abcès cérébral (vomissements cérébraux, ralentissement du pouls, fièvre, prostration, amaigrissement rapide). La
notion d’une otite ancienne avec otorrhée, d’une affection
RE FE putride du poumon et des bronches, de pyôhémie, est en faveur de l’abcès cérébral.
Hydrocéphalie consécutive à la méniürgite cérébro-spinale
L’épendymite séreuse ou hydrocéphalie succède beaucoup plus souvent à la méningite cérébro-spinale que l’épendymite suppurée. En effet, si l’infection ventriculaire évolue tardivement, c’est que celle-ci est atténuée et, à moins d’un réveil sous l'influence d’une cause quelconque, elle ne donnera pas lieu à la formation de pus, ou seulement de quelques grumeaux fibrino-purulents. :
Néanmoins, le tableau sera presque analogue. A la suite d’une période de latence se montrent des signes d’hypertension intra-cranienne, de la somnolence, un amaigris- ‘sement prononcé. Seulement l'hypertension ventriculaire est plus marquée et surtout les phénomènes infectieux
sont absents et il n’y a pas de fièvre.
Traitement
En présence d’une épendymite suppurée, les injections intra-rachidiennes de sérum seront le plus souvent inefficaces, surtout si l’épendymite évolue en cavité close à la suite de l’obstruction des trous de Magendie et de Luschka. Aussi devra-t-on faire appel à une méthode spéciale pour évacuer le pus des ventricules et porter directement à leur intérieur le sérum curateur: c’est la ponction ventriculaire. |
La ponction du ventricule latéral fut appliquée, pour la première fois, en 1908, par Cushing et Slaven, au traitement d’un cas d’épendymite séreuse à méningocoques chez un nourrisson. Depuis, on l’a pratiqué un certain nombre de fois et elle gagne de jour en jour du terrain.
Chez l’adulte, elle devra être précédée d’une trépanation: c’est la frépano-ponction. Celle-ci sera haute ou basse. Pour pratiquer la trépano-ponction haute, on applique la fraise à trois centimètres en avant du bregma et à trois centimètres de la ligne médiane, puis on incise la dure-mère et on enfonce perpendiculairement de quatre centimètres environ un trocart. Le liquide ventriculaire s'échappe spontanément ou par aspiration: on en retire de 30 à 80 cm‘ et l’on injecte de 10 à 30 cm° de de sérum.
On peut renouveler la ponction les jours suivants: il suf-