A. — LES SUPPURATIONS NON PUTRIDES
a) Suppurations à pyogènes.
Kourilsky, dans sa thèse en a fait une excellente étude ; nous ne ferons ici qu’en indiquer les caractères essentiels.
L'identification bactériologique des abcès est difficile car la flore des crachats n’est pas celle de l’abcès (ex. obs. 10). Elle n’est possible que sur du pus retiré par ponction. On ne peut tenir compte de l’examen des crachats que lorsqu'ils contiennent un microbe à létat pur et en abondance.
Les microbes en cause sont :
Le streptocoque : depuis Kourilsky nous en connaissons quatre
observations (Etienne Bernard, Dreyfus et Desbucquois —, E. Bernard et Desbucquois —, Tixier et De Sèze —, Bezançon, Chevaley et Oumansky).
Il s’agit parfois d’un streptocoque hémolytique.
Le pneumocoque. Il est aussi souvent en cause que le streptocoque. Les abcès post-opératoires contiendraient le pneumocoque du type 4 (Américains).
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Le staphylocoque. Contrairement à Kline et Berger, qui croient l’abcès à staphylocoque fréquent, Kourilsky le croit rare. Nous en connaissons 5 observations (Bezançon, Jacquelin et Celice —, Boidin et Mile Fontaine —, Lereboullet, Lelong et Benoist —, Lévy Valensy et Curtillet, Lacroix, cas inédit).
Restent l’entérocoque et le mélitocoque (un cas récent de Delmas et Duhamel).
b) Pneumobacille de Friedlander.
Ce microbe est cause d’atteintes pulmonaires diverses dont certaines entrent dans le cadre de notre étude : la pneumonie disséquante et Pabcès. Mme Bertrand-Fontaine se basant sur une observation personnelle et sur les constatations de Netter pense que les suppurations pulmonaires post-pneumoniques doivent plus souvent qu’on ne le croit habituellement être dues au pneumobacille venu coloniser dans la lésion pneumococcique. y
Les observations publiées restent cependant rares. On en trouve 4 dans ces dernières années : Mme Bertrand-Fontaine, Lemierre et Rudolf, Aubry et Costantini, Lemierre et Kindberg.
c) Amide dysentérique.
En 1906 et 1907, Nattan-Larrier attira l'attention sur les abcès amibiens du poumon. Depuis, les observations s’en sont multipliées. Lautmanp», en 1923, en réunit 20 cas. Depuis on relève les observations de : en 1923, Pissavy, Bréger et Chabrun, Cordier (3 cas), Leclerc ; en 1924, Weill et Lamy ; en 1925, Caussade et Tardieu, Dargein et Doré, Vedel, Puech et Sicard, Raymond ; en 1926. Babelet, Mesnard et Stéphani ; en 1927, Lemierre et Kourilsky, Vialard et Paponnet ; en 1929, Pellé et Le Baron ; Læœdrich et Poumeau-Delille (douteuse) ; en 1930, M. Labbé, De Lavergne, Abel et Debenedetti, Harrington, Petzetakis ; en 1931, Dargein et Plazy.
L’amibe est exceptionnellement constaté dans les crachats (Cordier, 2 cas ; Raymond, Nattan-Larrier, Pellé et le Baron, Harrington). Parfois, le pus est aseptique (Vedel, Puech et Sicard) et c’est là un élément diagnostique important. D’autres fois il contient une flore microbienne variée. Cette infection secondaire peut être telle que l’émétine n'arrive pas à guérir l’abcès ; le cas de Caussade et Tardieu en est un exemple remarquable et unique jusqu’à présent. Notre Maître le Docteur Dumolard tend à penser qu’une telle éventualité est peut être plus fréquente.
L'examen du pus retiré par ponction montre tantôt un pus stérile (Lemierre et Kourilsky) tantôt un pus contenant des amibes (Babelet, Mesnard et Stéphani).
L'examen de la paroi de l’abcès seul permet de trouver à coup sûr des amibes.
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De ces faits se dégagent l’impossibilité en pratique de porter le diagnostic bactériologique d’amibiase pulmonaire et l’impérieuse nécessité de toujours pratiquer chez les malades atteints d’abcès du poumon un traitement émétinien.
B. — LES SUPPURATIONS PUTRIDES
On y rencontre d’une part, la flore anaérobies de Veillon, d’autre part, des spirilles.
En ce qui concerne la flore de Veillon on en est aujourd’hui encore aux études fondamentales de cet auteur et de ses collaborateurs.
Elle est constituée de microbes anaérobies asporulées (bacilles ramosus, fragilis, funduliformis, fusiforme, serpens, micrococcus fétidus, staphylococcus parvulus, streptobacille, auxquels il convient d’ajouter le perfringens et les spirilles).
L'importance du rôle des spirilles a été mise en évidence depuis 1913 par Ghon, puis par Perrin et de nombreux auteurs parmi lesquels il faut signaler surtout Bezançon et ses élèves.
Depuis les travaux de Bezançon et de ses élèves, de Léon Kindberg, de Sergent, de Vincent, l’état de la question est le suivant :
Les anaérobies se trouvent toujours dans les suppurations putrides. Les spirilles se trouvent souvent dans les crachats (7 fois sur 11).
La disposition des microbes dans les parois cavitaires est très particulière. On trouve de la surface à la profondeur : des anaérobies à l’état pur, des anaérobies et des spirilles mélangés, des spirilles à l'état pur. Ceux-ci sont pour Sergent « les fourriers » de la putréfaction.
Cependant, les spirilles ne sont pas constants, leur nature véritable est encore l’objet de discussions.
Bactériologie des suppurations pulmonaires chroniques
Des divers travaux (Kourilsky) il résulte :
1° que la flore de lexpectoration échappe à toute description : anaérobies, aérobies, spirilles, formes mycéliennes ;
2° que dans l’immense majorité des cas, il en est de même de la flore de la lésion. Ceci n’est pas pour surprendre puisque les suppurations pulmonaires chroniques sont de véritables ulcères chroniquement infectés. Kourilsky ne signale qu’un seul cas d’abcès chronique monomicrobien (à streptocoque) ;
Re.
3° le germe le plus constant de tous est le streptocoque (les Américains, Poinso) ;
4° on à pu dans quelques cas découvrir dans la paroi d’abcès putride la même disposition des anaérobies et des spirochètes que dans les abcès aigus (Bezançon Etchegoin, Moreau et Bernard).
5° la fétidité de la suppuration est étroitement liée à la flore anaérobie dont la pullulation est elle-même favorisée par le mauvais drainage des lésions (Sergent, Tuffier). (1)
(1) Nous ne parlerons pas de la flore des bronchiectasi i s : À sies. On sait el infiniment arte comme celle des abcès chroniques et sans intérêt biatique. id