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4. Pour Mirande, l’origine du point de côté se trouve dans le poumon lui-même. La douleur est transmise par les fibres sensitives centripètes sympathiques, les rami comunicantes qui joignent le système du grand sympathique à la moelle et se mettent en rapport avec l’origine dés nerfs périphériques (Théorie de Head).
La douleur abdominale serait l’algie pulmonaire transmise et ressentie au niveau de la branche perforante antérieure du douzième nerf intercostal. Il n’est pas étonnant, alors, que le chatouillement de la peau produise de l’hyperesthésie et que la main appuyant sur ces terminaisons nerveuses douloureuses provoque une contracture musculaire réflexe.
Donc névralgie intercostale réflexe à point de départ dans les filets sympathiques du poumon, s’ixradiant le long du douzième intercostal, voilà comment, dit Mirande, peut se concevoir le transport de la douleur (ho- racique. |
5. Dans une théorie plus récente, signalée par Euzière, Daussv, on aurait tendance, disent-ils, à reconnaître une origine intestinale aux infections pulmonaires, et en cas de localisation dans la région appendiculaire du point de côté pneumonique, on devrait considérer l’appendice comme primitivement lésé.
Ces deux dernières théories, particulièrement séduisantes, peuvent expliquer le point douloureux situé dans la fosse iliaque droite, point qui peut correspondre exactement avec le point de Mac Burney, soit que l’appendice soit lésé en même temps, soit qu'il soit intact.
Elles n’expliquent pas les cas où nous avons un point
douloureux, lombaire, épigastrique où hépatique. Or ces cas existent ; dans une de nos observalions il s'agit. d'une douleur lombaire, dans l'autre d'une douleur s'étendant dans la fosse iliaque droite et dans la région hépatique. Nombreuses sont les erreurs de diagnoslic, de pleurésie diaphragmatique droite prise pour un abcès sous-phénique ou une colique hépatique par exemple (4). . Dans ces différents cas, on doit, je crois, être éclectique el s’en rapporter, pour certains, à l'une des trois premières {héories, qui cadrent du reste si bien avec ce que nous Savons des infections pleuro-pulmonaires grippales affectant la forme des fluxions de poitrine.
Rappelons enfin, pour terminer, que, chez certains malades, la douleur abdominale pourra être expliquée par la coexistence d’une surrénalite aiguë.
() Mignon. Injections pleuro-pulmonaires à allures cliniques d'infection périlonéale. Bulletin de la Société de Chirurgie’ 1908.
Conclusions
I. Il importe d'être beaucoup plus prudent qu'autrefois pour porter un diagnostic chirurgical, car la technique actuelle étant d'opérer le plus tôt possible, dans les vingtquatre heures par exemple, s’il s’agit d'appendicite, sans perdre une minute, s’il s’agit d’une perforation ou d’une occlusion — il faut que le chirurgien puisse penser que certaines affections «médicales peuvent le tromper.
il. En particulier, les complications pleuro-pulmonaires de la grippe, spécialement les fluxions de poitrine, sont des complications le plus souvent insidieuses, quoique brutalement extérioriséès, et dônt la symptomatologie médicale est fruste, les signes physiques d’une lésion pleuropulmonaire étant absents ou très discrets au début : parfois un peu de diminution de la respiration et c’est tout.
Or, ces complications peuvent présenter un syndrome abdominal en apparence spontané, ce qui, joint à un minimum de signes pulmonaires physiques, fait penser à une affection des voies abdominales, alors que c’est le poumon qui est en cause.
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III. La connaissance de ces faits doit donc rendre très attentif et imposer dans chaque cas particulier un examen méthodique médico-chirurgical.
Vu, le Doyen, Vu, le Président, ROGER. Evize SERGENT.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris.