M. LE PROFESSEUR NICOLAS
R.. Albanesi, 9 ans, et R... Joseph, 6 ans.
Les deux frères, d’origine italienne, entrent à la Clinique le 23 octobre 1923, pour des lésions croùteuses du cuir chevelu avec déglabration.
Au mois d'août 1922, l’aîné des enfants a été placé dans une colonie de vacances en Italie. Il en est revenu, quelque temps après, présentant quelques plaques. Un médecin fait faire à ce moment des lavages au savon et des applications d'huile. Le malade, qui couche avec son jeune frère, lui transmet ses parasites. Un autre frère, plus âgé, qui couchait isolément, n’a pas contracté l’affection. Les deux enfants atteints sont soignés par leur mère pendant un an par les moyens cités plus haut. L’aîné présente de nombreux ganglions carotidiens, des ganglions rétro-mastoidiens.
Rien à noter au point de vue de l’état général : les eufants sont bien portants et d’aspect robuste.
A l'entrée. — Les enfants présentent tous deux des lésions analogues : un nombre assez considérable de petites plaques irrégulières, disséminées sur la partie supérieure du crâne. Ces plaques ont des dimensions variant entre celles d’une pièce de cinquante centimes et celles d’une pièce de deux francs. L’aîné en porte douze, le plus jeune sept.
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Ces plaques ne présentent d’ailleurs pas uniformément le même aspect mais se montrent plutôt avec des caractères variables de l’une à l’autre :
1° Il existe d’abord des plaques légèrement roses, en grande partie, ou complètement déglabrées, avec une desquamation insignifiante, mais avec un certain degré d’aspect cicatriciel ;
2° D’autres plaques, en assez grand nombre, sont déglabrées en partie seulement. Mais elles sont recouvertes de squames-croûtes assez adhérentes, grisâtres. On ne constate aucune vésiculation. Si on soulève ces croûtes, on voit la surface du cuir chevelu déprimée, rouge et succulente. Au niveau de ces plaques, les cheveux présentent un aspect grisâtre, sale, bien particulier, faisant penser évidemment au favus. Mais en aucun point de ces croûtes Jaunâtres, pas plus d’ailleurs que sur tout le reste du cuir chevelu, on ne trouve de godets faviques ;
3° Enfin, on trouve quelques plaques minimes, légèrement squameuses.
Celles-ci sont couvertes de petites squames grisâtres, peu adhérentes, parsemées de quelques cheveux gris non cassés, comme salis, d'aspect favique, mélangés à des cheveux sains.
.. En aucun point, i n'est possible de découvrir des cheveux engainés. Au moment du premier examen, du reste, la possibilité d’une teigne double n’était pas envisagée. D'autre part, les enfants, qui n’ont jamais eu d’ulcérations vraies, ni de forme Kkérion, ne présentent aucune lésion cutanée.
L'examen microscopique des Squames ne nous a pas montré de particularités intéressantes. Nous n’y avons vu ni filaments, ni spores, en particulier aucune formation ressemblant à la matière favique.
L'examen microscopique des Cheveux, pratiqué tout d’abord, nous a montré des cheveux faviques des plus typiques. Cet examen a été fait après chauffage
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dans la solution de potasse à 40 pour 100. Tous les cheveux examinés montraient d’abord des bulles nombreuses, puis des filaments endothrix onduleux, de longueur et de forme irrégulières ; filaments septés à nombreux et courts articles, ceux-ci, présentant toujours un certain degré d’irrégularité, les uns plus longs, d’autres plus courts, quelques-uns bosselés ; rares filaments non septés ; tarses faviques nets assez fréquents : bref, aspect non douteux du cheveu favique, tant macroscopique que microscopique ; en particulier, cet aspect ne peut être confondu avec celui d’un cheveu de microsporie ou de trichophytie endothrix ; dans cette dernière, la régularité des files d’articles bien égaux et rectilignes, en général plus nombreux et bourrant le cheveu, ne permet, pas la confusion.
Le diagnostic clinique qui s’imposait était donc favus sans godet ou pityroïde, avec plaques cicatricielles et plaques en évolution à forme assez discrète.
Rien d’autre n’a pu être noté au moment du premier examen des deux enfants.
Cultures.
Cheveux et squames furent mis en cultures sur les milieux habituels : gélose peptonée, gélose maltosée sur une dizaine de tubes. — Au bout de dix jours environ, ce fut une surprise de voir pousser non pas les concrétions jaunâtres et tourmentées du favus, mais une culture blanche, duveteuse, assez vigoureuse, arrondie. Une erreur ou un accident d’ensemencement venait à l’esprit, tant le cas semblait anormal. Une nouvelle série de tubes fut ensemencée avec du matériel prélevé de nouveau : le même fait se reproduisit : un certain nombre de tubes restait stérile ;trois ou quatre poussaient en culture blanche, duveteuse, et plus tardivement en quinze ou vingt jours, quatre ou cinq tubes donnaient des débuts de culture d’Achorion Schônleinii normale, un peu lente, jaune brunàâ-
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tre. Il était dès lors évident qu’il avait été ensemencé deux parasites différents, provenant indifféremment des deux enfants examinés.
À ce moment, les malades furent observés de nouveau ; mais ils avaient été traités : le cuir chevelu, soigneusement lavé, et les plaques en grande partie épilées ; il ne fut pas possible, à aucun moment de trouver des cheveux cassés ou engainés de microsporie, qui existaient pourtant sans aucun doute, et ceci chez les deux sujets.
L'aspect des Cultures devint le suivant au bout de vingt à vingt-cinq jours :
1° Cultures de Favus typiques, formées d’un gâteau vermiculé, gros comme une pièce de cinquante centimes, très saillantes ; aspect à peu près semblable sur milieu maltosé et sur milieu de conservation (gélose peptonée).
L'examen microscopique d’ailleurs, montre un aspect particulièrement démonstratif de ces cultures : dilacération dans le bleu coton au lactophénol de Langeron. Filaments entortillés, avec grosse irrégularité dans les dimensions ; corps amiboïdes ; chandeliers faviques nombreux, à branches longues ou à peine indiquées ; enfin chlamydospores nombreuses, surtout intercalaires. Ces caractères sont des plus nets. Le temps nous a manqué pour pratiquer les cultures en gouttes ou sur lames, mais les dilacèrations nous semblent probantes.
2° Cultures duveteuses. — L'aspect macroscopique de ces cultures blanches et duveteuses indiqua immédiatement qu’il s'agissait d’un microsporon; mais il faut remarquer qu’elles se montrèrent de suite un peu plus exubérantes et un plus duveteuses que celles du Microsporon Audouini ; après complet développement, elles présentent un centre un peu déprimé, plus ou moins poudreux suivant les tubes, mais une aire très duveteuse à la périphérie, très saillante. Enfin, le
pourtour de la culture présente une aire blanchâtre formée par des filaments immergés dans le milieu, s'étendant à 5 ou 6 millimètres en dehors. Ces caractères étaient ceux d’un microsporon ; nous n’avons pu pratiquer, ici encore, les cultures en gouttes ou sur lames.
On pouvait penser d’abord à un Microsporon Audouini un peu exubérant, d'autant plus qu’un certain nombre de tubes avaient poussé assez pauvrement. Néanmoins, l’aspect poudreux de quelques tubes devait éveiller l'attention.
L'examen microscopique de la culture levait tous les doutes : après dilacération dans le bleu Langeron de fragments de cultures, on trouve constamment, pour plusieurs tubes examinés, un nombre considérable de fuseaux septés (neuf à dix ou douze loges). Filaments assez volumineux, contournés ; corps pectinés typiques, quelques chlamydospores intercalaires ; les conidies sont complètement détachées par la dilacération ; enfin des tubes réensemencés nous montrent un duvet pléomorphique encore incomplet mais certain ; on ne trouve plus à l’examen que des filaments, avec à peine çà et là des fuseaux septés très allongés à deux ou trois loges, à peine plus gros qu'un filament. L'aspect du duvet blanc est d’ailleurs l’aspect typique de la dégénérescence pléomorphique.
De quelle teigne s’agissait-il ? D'abord il ne peut s'agir d'une forme pléomorphique de favus ; celle-ci ne se produit qu’au bout de plusieurs mois, et sur de très vieilles clutures ; d’ailleurs ce duvet pléomorphique ne contient que de très rares spores et jamais de conidies fuselées comme dans le cas examiné. Il ne peut être question non plus d’un achorion animal : A. Quinckeanum ou Gallinæ ; outre que les cultures en diffèrent notablement, les favus d’origine animale ne semblent pas exister sur le cuir chevelu.
Il s’agit donc certainement d’un microsporon d’origine animale. L’aspect macroscopique des cultures élimine le M. Felineum, moins duveteux et plus pou-
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dreux, à centre chamois ; le M. Equinum est à peu près glabre ; les autres microsporons animaux ; fulvum, pubescens, villosum sont des raretés ou sont inconnus en France ; il s’agit donc certainement d’un MicrosPOoRON LANOSUM, comme le montrent les caractères culturaux macroscopiques et microscopiques. Ce Microsporon est d’ailleurs loin d’être rare à Lyon, même dans les teignes simples uniquement localisées au cuir chevelu.
Il n’a pu être pratiqué d’inoculations.
Les cultures des produits pathologiques recueillies sur ces deux enfants montrent donc, sans doute possible, à notre avis, l’existence d’une teigne double, c’està-dire à deux parasites, évoluant sur les mêmes têtes.
Quant au mode de contamination, l'enquête que
nous avons menée ne nous à rien appris. Il semble, ceci est hypothétique, que le favus ait été contracté dans la colonie de vacances italienne où avait été lun des enfants. Quant à la microsporie, elle a pu être contractée en même temps ; mais nous penserions plus volontiers qu’elle a été inoculée à Lyon, cette espèce ayant une fréquence toute particulière dans cette région.
Les enfants ont été soumis, quelques jours après leur entrée à la Clinique, au traitement suivant : lavages au savon noir, épilation à la main, applications d’alcool iodé au quart. Il n’a pas été fait de radiothérapie.
Ils sont actuellement (avril 1924) à peu près guéris.
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Etude clinique.
Il est bien difficile, étant donnée la rareté des cas étudiés, de définir le tableau clinique des teignes doubles. Nous devons nous borner à signaler l’aspect et les circonstances qui se sont manifestés à l’occasion des faits déjà publiés et des nôtres.
Tout d’abord, relevons un point bien particulier : tous les cas publiés concernent des favus compliqués d’une teigne trichophytique ou microsporique. SABOU- RAUD n’a pas décrit les lésions des quelques malades chez lesquelles il a constaté la coexistence de la microsporie et de la trichophytie à culture cratériforme et signale simplement le fait dans son ouvrage.
D'autre part, dans tous les cas, le favus présentait un aspect anormal. Dans les observations d’AUBERT, dans celle de Bopix, les auteurs signalent des plages où les cheveux faviques existent et où les godets sont absents. Or ces plages correspondaient précisément aux points où l’on décelait les cheveux parasités par le second champignon. Seuls, les malades d’AUBERT présentent des godets; du moins nous le supposons: il
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les qualifie en effet de favus typique. Dans le cas des deux enfants que nous avons observés, aucun godet n’a jamais pu être constaté. Cependant les cheveux faviques absolument nets abondaïent.
L'aspect des lésions est donc souvent, semble-t-il, celui d'un favus pityroïde. Le cuir chevelu est recouvert de plaques squameuses, rosées, parfois avec des croûtes. Des godets faviques peuvent exister en certains points. On a, en somme, l’aspect d’une teigne faveuse peu intense. Si l’on regarde de plus près sur le cuir chevelu et dans les squames, on trouve les points noirs caractéristiques, des tondantes trichophytiques à cheveux cassés ras, qu’il s'agisse de T. acuminatum ou de Tr. violaceum. Il ne semble pas que les cheveux cassés longs du Tr. cratériforme aient été observés. Cette découverte paraît être d’ailleurs, assez difficile.
Enfin, dans notre cas, le seul où la microsporie soit observée, il ne nous a pas été possible, malgré les recherches répétées, de trouver un seul de ces cheveux engainés, cassés Courts, si spéciaux aux tondantes microsporiques. C’est la culture, seule, qui nous a révélé l’existence des deux parasites dans ces cas dont l'aspect clinique un peu indistinct avait attiré notre attention.
Il semble donc que le favus d’abord, les tondantes ensuite, perdent, dans le cas de combinaison des deux, leurs aspects caractéristiques. Il n’y a pas de plaques de favus vraiment typiques, ni d’autre part, de plaques de tondantes à cheveux cassés où engainés. On se
trouve plutôt en présence de plaques plus ou moins
squameuses et croûteuses, sur les quelles il existe des cheveux assez longs, grisâtres et poussiéreux, les cheveux faviques ; puis sur le cuir chevelu, on trouve ou lon ne trouve pas de cheveux engainés. Les points malades participent aux deux processus qui semblent le plus souvent intimement mêlés, surtout dans le cas où sont associés le favus et la microsporie.
On peut dire jusqu’à un certain point que, cliniquement, les teignes doubles se caractéristent précisément par le manque de caractères précis de leur aspect. Elles ne sautent pas aux yeux comme une microsporie par exemple. Il faut les chercher avec soin et par tous les moyens : examen des cheveux malades et des squames, ensemencements. Le défaut des recherches de ce genre doit expliquer, à notre avis, la rareté de leur constituticn. Ces divers examens ne présentent d’ailleurs rien de spécial :
Les cheveux faviques éclaircis dans la potasse caustique à chaux montrent leur structure habituelle. On voit des filaments plus ou moins sinueux, septés ou non, avec segments de taille variable ; bulles d'air nombreuses ; on trouve des tarses faviques, des fragments de filaments, bref, l’aspect polymorphe si caractéristique du cheveu favique.
Les squames ne nous ont pas montré d’éléments mycéliens nets. Il est probable que les godets, lorsqu'ils existent, ont leur constitution ordinaire. Signalons enfin que l’aspect de la matière favique, formée de segments courts, plus ou moins irréguliers de forme, de longueur, constituant des filaments courts et tourmentés, est tout à fait différent des produc-
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tions parasitaires des squames des lésions faviques non scutéllaires, où le champignon apparaît sous forme de filaments mycéliens septés, qui ne se différencient des filaments trichophytiques que par la taille irrégulière des segments.
Dans tous les cas considérés il s'agissait de l’Achorion Schônleinii. Les Achorions animaux n’ont, du reste, jamais été décrits, à notre connaissance, sur le cuir chevelu.
En résumé, il semble donc que la coexistence de deux espèces de teignes sur le cuir chevelu, favus et tondante, imprime à l’aspect clinique de chacune de ces mycoses, des caractères anormaux qui peuvent facilement la faire méconnaitre :
Absence ou rareté des godets faviques ;
Effacement des plaques à cheveux cassés ;
Plaques plus croûteuses que dans les tondantes normales.
C’est là le point un peu particulier que nous vou-
lions signaler.
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Réflexions sur }immunité
dans les Dermatomycoses.
Que doit-on penser de l’immuniteé donnée par le favus en particulier, par les teignes en général ?
Les faits que nous rapportons montrent que le favus, au moins, n’est pas incompatible avec une autre teigne. SABOURAUD d'autre part a constaté plusieurs fois la trichophytie et la microsporie sur la même tête.
Cette question de l’immunisation a déjà provoqué de nombreuses recherches.
Plusieurs auteurs se sont livrés à diverses expérimentations sur l’animal. Voyons quels ont été les résultats de ces recherches faites, le plus souvent, avec des trichophytons. Nous avons puisé une grande partie des renseignements qui suivent dans le traité de SABOURAUD.
Bopix et L. GAUTHIER d’abord, cherchèrent à déceler dans l’organisme de cobayes et de lapins teigneux un poison actif. Mais leurs travaux n’aboutirent pas à un résultat positif et ils pensèrent que : « Dans les mycoses, qui d’ailleurs n’évoluent pas avec cette allure
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toxique qui est un des caractères de la plupart des maladies bactériennes, le champignon agissait par lui-même surtout et par la présence de ses éléments cellulaires plutôt que par les propriétés vitales de ces éléments. »
Pourtant un élève de NEISSER, PLATO, put extraire des cultures d’un trichophyton, une trichophytine. Celle-ci obtenue avec un trichophyton causant une trichophytie à dermite profonde, ne donnait lieu à une réaction que lorsque l’inoculation était pratiquée sur des sujets atteints, eux aussi, d’une trichophytie à dermite profonde.
Puis, Bruno BLocx et Massini, de Bâle, entreprirent une série d'expériences sur l’animal et en dégagèrent des données instructives sur l’immunisation.
Ayant observé que : « Les paysans atteints une fois par une trichophytie bovine, semblaient n’en plus présenter jamais d’autre atteinte, ils inoculèrent par frictions rudes sur la peau, l’Achorion Quinckeanum au cobaye, provoquant une lésion cutanée typique. »
Le champ de leurs expériences s’étendait sur 70 animaux. Celles-ci montrèrent : « Qu’à partir du septième ou neuvième jour, suivant l’inoculation et ensuite pour des mois et des années, l’animal était racciné et ne pouvait plus être inoculé d’une dermatophytie quelconque, favus, microsporie ou trichophytie, en un point quelconque de sa peau. L’immunisa- Hion est inconstante au contraire, lorsqu'on inocule dans le péritoine une émulsion de culture vivante. »
Les auteurs tentèrent aussi, mais vainement, d’obtenir l’immunisation par la trichophytine de Plato. Ils
fixent enfin la durée de l'immunisation à dix-huit mois au Moins.
Les mêmes résultats furent obtenus avec Tr. gypseum et Microsporum lanosum.
Deux autres auteurs allemands, BRUHNS et ALEXAN- DER (1), en 1911, réussissent de même à immuniser le cobaye avec leur trichophyton contre ce même trichophyton mais non contre le trichophyton de Bloch. Mais avec le microsporon villosum de Mine ils n’obtiennent pas l’immunité.
PRYLEK (1), en 1912, à propos des théories qui font jouer un rôle considérable dans la réalisation de l’immunité trichophytique, à l’infiltration inflammatoire associée, dit « qu’il n’est pas exact que cette immunité dépende de lintensité de l’infection initiale, car de très légères atteintes peuvent la procurer. Chez l’homme, ajoute-t-il, une atteinte de trichophytie profonde ne confère pas toujours une immunité complète. »
Bien qu’il semble que l’immunisation obtenue au moyen de l’un des trois parasites étudiés par BLocH et Massinr soit valable contre les autres, SABOURAUD pose ainsi la question de l’immunité:
1° Celle-ci varie beaucoup avec les espèces et sem- ‘ble proportionnelle à la virulence de ces espèces. « Plus un dermatophyte donne lieu chez l’homme à une réaction inflammatoire vive et plus forte est l'immunité qu’il conférera au cobaye et sans doute à l’homme aussi. »
(4) Annales de Dermatologie, 1911.
(2) Ibid, 1912.
29 Gértains.faits cliniques montrent aussiique l'immunité donnée par le favus, par le trichophyton. cratériforme ou:les trichophyties épidermiques. légères est restreinte. Et le même auteur ajoute: « Si, comme mes expériences actuelles: tendent à:le. démontrer; le favus.ne suffit pas toujours: à-empêcher-l’inoculation: des trichophytons qui font:les kérions, tandis: qun kérion: suffit: à. vacciner: contre le favus:., il serait: parfaitement-possible qu’on arrivât à traiter: au besoin: le favus chronique du cuir chevelu. par un kériom volontairement inoculé, ».
On: doit:conelure avec Bonn; qu Gilkne faut pass, malgré les: expériences de. BzocH:et; MassiNt,; généra: liser; de: l’animal à l’homme et: d’une: espèce, parasitaire à l’autre. Il:y: a:liew,certainement:de: limiter: le: fait général établi: par:ces deux auteurs:»,
Ilest évident, si l’on songe aux comtaminations: sans. nombre: qui:sont-fatales entre; teigneux, que: les: cir+ constances sont sans doute très rares, dans lesquelles se, produit l'association: de, deux. champignons:
Il:est surtout'intéressant de noter que: lé. favus: est: touJours.le- premier occupant; les:malades: d'AUBERT, la malade de BopN.étaient toutes:trois: atteintes: d’un: favus, d’abord:
Nos. deux, petits . Italiens, étaient-1l$: dans le: même: cas ?.La,chose, est probable, nous: ne:saurions:l’affit-. mer.
Ne: doit-on ;pas.penser:que si:l’immunité! conférée par les microspories ou les trichophyties: restes pro bable dans la plupart des cas, celle que donne le-favusest tout à fait restreinte. Il semblé bien que, l’Acho-
rion soit impuissant à donner à l’organisme « des moyens de défense suffisamment développés pour rendre inoffensifs » (COURMONT) les autres champignons qui peuvent habiter le cuir chevelu.
De cette notion, faut-il tirer des enseignements au point de vue de l'isolement des teigneux par variété parasitologique ? Si les teignes doubles sont des teignes anormales par leur aspect extérieur, elles ne semblent pas plus particulièrement résistantes, ni plus graves qu'un favus seul par exemple. Leur rareté, au surplus, ne justifierait pas une mesure prophylactique aussi rigoureuse. Un traitement spécial, d’autre part, ne semble pas indiqué, les teignes doubles cédant aux moyens habituellement employés.
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Conclusions.
I — Les teignes doubles du cuir chevelu semblent assez rares. Les cas antérieurement publiés sont constitués par la coexistence de favus et de trichophytie. L'association de favus et de microsporie que nous avons observée sur nos deux malades, paraît unique. Mais à notre avis, des recherches systématiques (cultures et examens microscopiques) devraient faire découvrir plus souvent cette association.
II. — L'aspect clinique dominant est celui du favus. L'examen minutieux a pu montrer des éléments caractéristiques des autres teignes. Chez nos malades, la culture seule a permis de constater la présence des deux parasites : Achorion Schonleinii et Microsporon lanosum. Rien de spécial dans les examens microsco-
piques.
III. — Il semble cependant que le favus du cuir chevelu soit un peu modifié cliniquement. Dans nos observations, l’absence de godets faviques, dans les
autres cas décrits leur rareté ou leur absence dans les points où siégeaient les lésions trichophytiques, paraissent montrer qu’il existe un certain degré d’antagonisme entre deux teignes évoluant ensemble.
IV. — Peut-on parler d’immunisation dans ces cas? Leur existence même démontre bien que le favus ne confère pas d’immunité absolue pour les teignes. Tout au plus peut-on admettre l’antagonisme : le peu d’exubérance des lésions faviques, l’allure discrète de la tondante associée, la rareté des observations, plai- .dent en effet dans ce sens.
:1LE PRÉSIDENT :DE LA FHÈSE NICOLAS Vu :
LE DOoYEN, Jean LEPINE
‘Vu ét permis d'imprimer :
Lyon, le 10 Avril 4924 ILE RECTEUR, PRÉSIDENT Du ‘CONSEIL DE'L'UNIVERSFHÉ, *GAVALIER