‹ Contribution à l'étude des thromboses hémorroïdairesChapitre 18 sur 24 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Nous insisterons sur ce chapitre pour plusieurs raisOns :

a) C’est à l’occasion du trailement des thromboses hémorroïdaires que notre maître le D: Jean Rachet a remarqué que dans certains cas il existait comme un sac entourant le caillot, celui-ci n’étant pas directement répandu dans le tissu adipeux sous-cutané et que ce sac était constitué par la paroi veineuse.

Partant de cette constatation nous avons systématiquement recherché avec quelle fréquence on l’ob-

servait et c’est là la raison de ce travail,

b) La simplicité du trailement est à nos yeux un nouvel argument. On verra qu’il ne nécessite aucune instrumentation particulière et que sa technique peut

s’acquérir rapidement.

c) Son efficacité totale et immédiate le rend bien supérieur à tous les analgésiques et sédatifs locaux que l'on voit encore employer, il est alors bien difficile de faire la part de ce qui revient à la thérapeutique ainsi instituée et de ce qui n'est que guérison par évolution spontanée.

S. Mariaux 3

A: nd

d) Il s’agit enfin d’un trailement ambulaloire, le malade ne sera en aucune façon immobilisé et pourra le jour même vaquer à ses occupations habituelles. C’est là, croyons-nous, le plus grand avantage de cette technique. Nous n’avons jamais constaté de réaction douloureuse qui vienne ternir cette bénignité de pronostic opératoire quoique nous ayons surtout affaire à des malades qui dans l’ensemble sont des travailleurs et ne prennent pas de précautions spéciales.

Nous décrirons successivement pour rester fidèle au plan d'exposition que nous avons suivi jusqu'ici le traitement que nous employons pour chacune de ces trois formes de thrombose hémorroïdaire.

JL — L'hématome sous-cutané.

C’est la technique depuis longtemps décrite par Raoul Bensaude. Elle est d'ordre chirurgical et se résume ainsi :

a) Anesthésie locale :

On se sert de novocaïne à 1 % ou de produits similaires. On injecte le liquide anesthésiant à la base de la thrombose en poussant lentement l'injection pour ne pas aviver la douleur. |

b) l’asepie est très simplement réalisée par un badigeonnage de la région avec un tampon de coton imbibé d’alcool iodé ou de mercurochrome.

c) L’incision est faite au bistouri. Elle doit être

TO mme radiaire, parallèle aux plis cutanés de l’anus et longue d’un demi à un centimètre.

c) Evacuation du caillot. — Le caillot apparaît entre les deux lèvres de l’incision « bavant » en quelque sorte entre elles. Rarement il s’évacue spontanément. Il faut en règle l’énucléer par une manœuvre très simple qui consiste à l’exprimer entre deux doigts qui viennent s'opposer, chassant entre et devant eux le caillot. Cette pression doit se faire de la profondeur vers la superficie ; le plus souvent le caiïllot vient facilement. |

Dans certains cas on est un peu gêné par le fait que la thrombose est toute proche de l’orifice anaï. Le plus simple est alors d'introduire un doigt dans Panus qui conjuguera sa pression avec celle d’un autre doigt placé à l'extérieur et diamétralement au premier par rapport à l’orifice de l’incision.

Souvent dans l’hématome sous-cutané le caillot adhère légèrement au tissu environnant, il suffit alors d’une pince sans mors, telle qu’une pince plate à disséquer, ou encore d’une toute petite curette à bords mousses pour enlever les fragments du caïllot restés adhérents au tissu cruenté environnant. Enfin, on vérifiera toujours soigneusement s’il n’existe pas un autre caillot plus profond qu'il faudrait également évacuer.

d) Drainage. — On draine la cavité qui vient ainsi d’être évacuée et cela d’une manière très simple. Il suffit d'introduire par la plaie opératoire une petite mèche, comme celle dont se servent les otorhino-

logistes pour tamponner une cavité nasale, dans la cavité ; mèche que le malade retirera au bout de quelques heures, le soir, par exemple.

Cette précaution qui pourrait paraître inutile a son intérêt. |

En effet, il faut évacuer tout le caillot, dans certains cas il s’en suit un très léger suintement sérosanglant qui n’a pas grand inconvénient, s’il s’évacue bien de lui-même à l'extérieur. Mais la plaie se referme très vile -ou tout au moins ses bords s’accolent et dans l’ancienne cavité de l’hématome viendrait se collecter un nouvel épanchement pouvant être générateur de douleur et d’un syndrome rappelant celui

pour lequel on a été amené à intervenir.

e) Soins ullérieurs. — Pratiquement inexistants. On se bornera à recommander au malade des soins de propreté après la selle, avec un produit peu irritant. Nous prescrivions volontiers autrefois la lotion locale avec un tampon d’ouate imbibé d'huile d'amandes

douces. Il n’est pas nécessaire de constiper le malade.

f) Résullats. — Toujours très satisfaisants. La sédation fonctionnelle est immédiate. Très rapidement la plaie se cicatrice par première intention. Au bout de quelques jours elle est réalisée et il ne persistera de cet hématome pas la moindre trace.

Nous voyons donc que semble pour le moins inutile la technique chirurgicale, recommandée par certains il y a quelques années, qui consistait à l’excision large de toute la thrombose avec réunion des lèvres de

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