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elle ne conservait dans l'abdomen aucun ovale mür, il n'y avail pas trace de propriété Loxique. À peine, à la suite de l'injection, l'animal ressentait-il parfois une fatigue passagère.
Sur les 3 cas où il y eut mort de l'animal inoculé, je pus constater deux fois l'existence, dans le corps de l'araignée, d'ovules mûrs ou très avancés. Un seul cas reste douteux. faute de vérification, mais nous avons tout lieu de croire qu'il se classe avec les deux derniers.
Ces essais viennent nettement à l'appui de l'hypothèse d'après laquelle la toxicité serait, tout comme le pouvoir hémolytique, une propriété des organes génitaux de la femelle.
$ 2. — Essais avec de jeunes araignées.
Ils furent tous faits avec des lots de jeunes Æpeira diademut a. par injection intraveineuse à des lapins.
Un cocon éclot en tube le 21 juillet. Les araignées ont comme dimensions : longueur totale = : 1M,6: longueur de l'abdomen : Omm,8 à 1 mm. ; largeur de l'abdomen : Onm,8 à Omm,9,
Lot n° 1. Le 22 juillet, je broie 10 individus pesant ensemble 6 mgr.et je les injecte à un lapin. Mort en 43 minutes avec le processus ordinaire de lintoxication par l’arachnolysine. Contrôle hémolytique inutile, les Épeires fraîchement écloses hémolysant à légal des œufs.
Lot n° 2. Le 2 août, les jeunes araignées, élevées en tube, ont mué. L'abdomen est jaune avec début de folium noir à la partie postérieure. Dimensions : longueur totale = : 1mm,6 environ; longueur de l’abdomen : Onm,8 à 1 mm. ; largeur de l’abdomen : 3/4 de mm. à Omm,9, Essai sur un lapin avec un lot de 10 pesant ensemble 7mer,1/4. Mort en 28 minutes avec le processus ordinaire. Une araignée du même lol se montre fortement hémolytique.
Lot n° 3. Cocon éclos fin juin. Le 20 juillet, les jeunes élevées en tube ont l'abdomen jaune à folium noir, comme celles du lot n° 2. Elles sont cependant plus avancées, car en avant du folium on distingue de vagues dessins bruns ; elles ont d’ailleurs au moins 20 jours. Dimensions : longueur totale = : 1mn,6; longueurdel'abdomen: Onm,8 à Omm,9 : largeur de l'abdomen : 3/4 de mm. à 0mm,9, 25 pèsent 20 mgr.
Broyé et injecté 100 araignées. Rien.
Un lot de 22 araignées n’est pas hémolytique {sur 1 ce. de globules de Bœuf à 5 p. 100).
Lot n° 4. Ponte trouvée le 20 mai et mise en tube. Les araignées sont jaunes à folium noir,
Le G juin, les araignées ont l'abdomen bien plus flasque. Elles ont certainement diminué de dimensions (longueur totale : 1mm,2 à 1mm 1/3). Elles ont un poids très faible (75 pèsent 28 mgr.). Elles sont donc. à ce moment, certainement bien plus âgées que celles du lot n° 5. (Rappelons que les jeunes Épeires, jusqu'à ce qu'elles se nourrissent, diminuent de taille et de poids puisqu'elles consomment la réserve en vitellus de leur abdomen.)
L’injection de 64 araignées environ à un lapin ne produit qu'une trace de fatigue.
Un lot de 21 ne produit aucune hémolyse (globules de Bœuf).
Lot n° 5. Araignées bien plus âgées que les précédentes, prises en liberté, se nourrissant déjà. |
Elles ont toutes le folium très net avec la croix caractéristique. Quelques-unes n'ont même plus le pigment jaune que les jeunes araignées conservent assez tard. Longueur variant de 2"m1/3 à 5 mm., le plus grand nombre étant vers 3 mm. Leur poids varie de 2m8r1/#% à 15mer{/2, le plus grand nombre étant vers 4 à 5 mgr. . J'en prends un lot de 23, pesant ensemble 147 mgr. Je le broie et j'en injecte les 8/9 à un lapin, sans produire aucun trouble. Le 1/9 restant ne produit aucune hémolvse.
Tout comme le pouvoir hémolytique, la propriété toxique existe donc chez les araignées nouveau-nées et disparait par la suite. Chaque fois qu'il y à toxicité, il y à également hémo- Iyse.
$ 3. — Essai avec un mâle.
Voici le compte-rendu de cette épreuve :
Mâle adulte d'£Zpeira diademata capturé en octobre. Longueur totale : 6,5; longueur de l'abdomen : 4 mm.; largeur de l’abdomen : 2mm,5, Poids : 25mer{/2,
Broyé dans 1 cc. d’eau salée. Injecté dans le péritoine d'une souris Isabelle de 20 gr.
Aucune intoxication.
Un mâle adulte d'Æpeira diademata n'est donc point toxique.
Celle expérience, malheureusement isolée, semble cependant concluante.
$ 4. — Résumé et discussion.
De ces trois ordres d'essais, il résulte donc que le pouvoir toxique est, chez les Épeires, une propriété exclusive des organes génitaux femelles mürs, tout comme le .pouvoir hémolytique. Il se localise dans les œufs et subsiste chez les Jeunes araignées tant que celles-ci conservent du vitellus maternel. Il disparait ensuite et ne réapparaît qu'au moment où les ovules de la femelle se développent.
Cette conclusion s'oppose nettement à celle que Koserr avait formulée au sujet du poison de Latrodectus Erebus (Karakurte) et d’après laquelle le poison, sécrété par les organes génitaux de la femelle, serait bien transmis aux œufs et aux jeunes, mais subsisterait chez les adultes à tous les âges, aussi bien chez les mâles que chezles femelles.
KogerT avait en effet trouvé à peu près la même toxicité dans des extraits d'araignées entières, de céphalothorax ou de pattes que dans des extraits d’abdomens. Pensant même que le poison élait dans les glandes des chélicères, c’est dans les céphalothorax qu'il l'avait tout d'abord cherché et trouvé.
N'ayant point expérimenté avec la Karakurte, Je ne puis émettre, à ce sujet, une opinion fondée sur des faits. Cependant nous pouvons remarquer que tous les extraits de céphalothorax effectués par Kobert le furent avec des araignées desséchées ; d'autre part, son extrait de pattes fut fait avec soixante pattes d'araignées mortes ou tuées pendant l'espace de deux semaines et desséchées. Les araignées employées par Kobert étaient très vraisemblablement des femelles mûres. Il est certain que pendant la dessiccation où la conservation, il y avait, si faible füt-il, un début de décomposition. Les ovules mûrs devaient certainement se liquéfier plus ou moins et se répandre dans tout le corps de l'araignée, jusque dans les pattes. De là très probablement les résultats trouvés par Kogerr, car les propriétés du poison de Karakurte le rapprochant étroitement de celui des Épeires, il est peu probable qu'il y ait entre les deux une différence fondamentale au point de vue de la localisation. à
Notre conclusion est identique à celle que nous avions formulée pour le pouvoir hémolytique. Nous voyons de plus que, chaque fois qu'il y a toxicité, nous pouvons déceler en même temps un pouvoir hémolytique.
Les essais que nous venons de rapporter sont donc un puissant argument pour conclure au parallélisme des deux propriétés, hémolvtique et toxique, de l’arachnolysime.