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un hublot transparent dans une cornée opaque », mais bien comme une source de régénération de cette cornée. Pour lui, le fragment mis en place ajoutait à son rôle mécanique des propriétés stimulantes sur les cellules. Partant de cette hypothèse, il orienta ses recherches vers d’autres maladies générales et particulièrement sur les affections cutanées où il obtient des succès spectaculaires notamment sur le Psoriasis, au'il considère comme une indication majeure de cette thérapeutique. Au point de vue clinique, les premiers essais de cette méthode ont été faits en Ophtalmologie dans les rétinites pigmentaires et les plaies oculaires de guerre (Mme BERDINSHA et LINKINA) et sur les affections cutanées (FILATOV).
Les essais thérapeutiques furent conduits par différentes techniques. On utilisa, soit des extraits injectables, surtout placentaires, grâce à sa facilité d'obtention et sa richesse biogénique, soit des implants animaux de peau, muscle, cerveau. de cadavres, ou auto-greffes de peau prélevée sur le malade lui-même, ou mieux des fragments placentaires.
En France cette méthode fut préconisée par les auteurs lyonnais (GATÉ, VACHON, BOURGEOIS et COTTE) qui s’attachèrent à trouver une méthode d’obtention facile du produit avec le maximum d'efficacité. Tous les produits, quelle que soit leur crigine, disent les auteurs, ne sont pas utilisés à l’état frais, mais conservés au préalable quelques jours au frigorifique ou à l'obscurité, lequel est le point fondamental de la thérapeutique tissulaire. Il semble en effet que tout tissu vivant placé dans des conditions défavorables sécrètent des substances de vie, des stimulines biogènes qui doivent être considérées comme L'expression d’une lutte cellulaire pour la vie.
Technique et incidents
Après de multiples essais, les auteurs lyonnais choisirent deux modes d’administration tissulaire, les implants et les extraits injectables.
a) Les implants (greffons)
Le laboratoire buatois a mis au point une technique ce dessication des implants de placenta qui assure leur conservation indéfinie,
L'inclusion se fait sous la peau de l'abdomen, dans la fosse iliaque gauche ou dans la région sus-purienne comme pour les comprimés hormonaux. Les auteurs n’ont jamais observés après
-cette opération que des incidents : La suppuration toujours possible si l’asepsie n'est pas parfaite, vient créer une sorte d’abcès de fixation, qui, surtout en dermatologie, enlève beaucoup de valeur à l'expérience thérapeutique. L'hématome par insuffisance d’hémostase de certaines incisions détermine une hémorragie anormalement importante qui peut entraîner l'élimination du greffon avant que son effet bienfaisant ait pu se faire sentir. Hormis des incidents qui peuvent être ‘évités par une téchnique rigoureuse, la cicatrisation est toujours intégrale, et la résorption de L'implant complète, sauf dans quelques :cas où il peut persister quelques semaines, enchassé comme un corps étranger.
b) Les extraits placentaires
Ceux-ci sont présentés en ampoules scellées et stérilisées de 2 cc. contenant G gr. 20 de placenta qui sont administrés à la dose de 2 à 4 cc. en injections intra musculaires quotidiennes, de 30 à 40 injections par série.
Le traitement mixte, implants et injections d'extraits placentaires peut être utilisé.
Résultats
Dans sa thèse, le Dr PRUNIÉRAS rapporte les résultats de la thérapeutique tissulaire dans le Psoriasis : 9 greffes ont donné 2 blanchiements, 2 améliorations et 4 échecs, tandis que 49 malades traités par les extraits placentaires injectables lui ont procuré 7 blanchiements, 23 améliorations plus ou moins importantes et 19 échecs.
L'action est lente à se produire et atteint son maximum en deux mois erviron et les résultats sont très appréciables sur les Psoriasis récents, mais termine en concluant que cette méthode ne donne que des blanchiements.
Dans une communication récente, GATÉ et ses collaborateurs résument les résultats acquis après deux années d’expériences.
Sur 16 malades, traités par greffon, ils obtinrent 4 blanchiements complets, 5 améliorations et 7 échecs. L'amélioration se dessine autour du 15° jour, progresse pendant 2 mois et s'arrête, l’implant étant résorbé.
Sur 50 psoriasiques traités par des extraits placentaires à raison de deux ampoules par jour soit 40 centigrammes de placenta, dose qu'il ne faut pas dépasser sous risque d’obtenir des aggravations, il y eut 7 blanchiements complets, 8 amélio-
SR rations moyennes, 6 améliorations légères, 22 échecs et un cas aggravé. Dans les observations favorables poursuivent les auteurs, les placards érythémato-squameux se modifient à partir de la 15° injection, l’érythème pâlit et les squames se détachent surtout au centre des placards. Fait particulier, c’est le cuir chevelu qui est le premier et le plus fortement influencé au point que, si aucun changement n'est observé de ce côté, on peûñt douter du résultat final. Après la tête, c’est sur les membres supérieurs et le tronc que les lésions pâlissent ; elles sont plus résistantes aux membres inférieurs. Ils ajoutent que ce traitement est absolument inoffensif. Quelques malades se plaignent d’une fatigabilité avec somnolence tandis que d’autres accusent une sensation de mieux être. Phénomènes généraux qui seraient en rapport avec une hypoglycémie constante accompagnant la thérapeutique. Parfois, on peut noter des réaction allergiques du type urticaire, éruption bulleuse et prurigineuse qui ont toujours été des manifestations bénignes et transitoires.
MM. MEYER et KANITAKIS rapportent à la Société de Dermatologie les résultats observés sur 4 Psoriasis par la thérapeutique tissulaire. Ils se sont adressés d'emblée à la greffe de placenta. L’implantation a été pratiquée de préférence à !a cuise ou sous la peau de l’abdomen. Les résultats, initialement, ont été rien moins que satisfaisants et après avoir revu les malades deux fois par semaine pendant un mois, sans avoir rien noté, que tout au plus l’atténuation de deux ou trois éléments proches de l'implantation, ils considéraient la métho&e comme de peu d'intérêt dans le Psoriasis. Cependant, ils persévèrent à voir les malades tous les 15 jours en leur demandant de ne pas faire de traitement local auquel ils consentirent volontiers, d'autant que tous les traitements, tant internes qu'’externes utilisés auparavant, avaient échoués chez eux. Quelle fut la surprise de constater dans deux cas, une transformation complète des éléments au bout d’un temps qui a éts chaque fois le même. deux mois après l'implantation. Dans le premier cas, le Psoriasis a pratiquement, totalement disparu, en dehors d’un petit élément de la jambe droite. Dans le deuxième cas, un effacement d'environ 80 % et en particulier la disparition des éléments des coudes et des genoux, qui d'ordinaire sont les plus rebelles. De ces essais, ils firent remarquer un certain nombre de faits.
1° L'action possible de l'implantation tissulaire et des extraits
placentaires dans le Psoriasis. Même si le pourcentage est limité, cette méthode reste intéressante dans une affection où les moyens de traitement efficace sont comptés.
NE
2’ La nécessité d'attendre au moins deux mois pour juger de l’action des implantations, d’où l'utilité de prolonger le traitement par les injections d'extraits et même de renouveler l'implantation lorsque le placenta inclus s’élimine par désunion de la plaie.
Si les auteurs lyonnais et MM. MEYER et KALITAKIS donnent des conclusions encourageantes, par contre, certains dermatologistes nient les effets de la méthode. Entre autres, un essai de traitement du Psoriasis par les greffes de placenta entrepris par M. P. LAUGIER de Besançon qui cite quatre observations, conclut de la facon suivante : « Sans doute, notre étude porte sur un nombre très restreint de cas et sur un nombre de Psoriasis particulièrement sévère, mais sauf dans une observation où nous avons constaté une légère amélioration, les résultats ne paraissent pas très encourageants. D'ailleurs, ja conclusion des auteurs lyonnais dans leur article implique un certain pessimisme : « Comme les autres médications, la thérapeutique tissulaire ne peut prétendre à une guérison définitive du Psoriasis ; si des blanchiements ont été observés dans deux cas de plus de dix ans, si le blanchiement de l'un de nos malades se maintient depuis plus de deux ans chez un autre par contre, la récidive s’est produite deux mois après son amélioration et chez quelques-uns des rechutes légères se sont produites indiscutables. »
Conclusions
En résumé, si quelques résultats très intéressants ont été notés à l'actif de cette méthode dans une dermatose au cours si capricieux qu'est le Psoriasis, nous sommes à vrai sire, éloignés des 80 % et même 100 % des succès obtenus par FILATOV.
2’ ACIDE UNDECYLENIQUE
Historique
- En 1947 ROTHMAN et ses collaborateurs avaient montré qu’au moment de la puberté, les glandes sébacées du cuir chevelu commençaient à sécréter un sébum qui contenait à une plus forte concentration qu'avant le début de la puberté, des acides gras saturés, avec un point d’ébulition faible et qui exerçant une activité fungicide sur la peau humaine, étaient à la
fois, capables de prévenir et même de guérir certaines dermatomycoses superficielles. Malgré des recherches minutieuses, H. PERLMAN et I. MILBERG ne découvrirent aucun travail sur les propriétés pharmacologiques, thérapeutiques et toxiques de ces acides gras. Ils émirent l'hypothèse qu'ingérés, ces acides gras pouvaient modifier la constitution chimique de la graisse tissulaire ou du sébum du tissu et partant de cette idée conductrice, ils administrèrent des acides gras non saturés ou saturés en vue de traiter la teigne (microsporon Audouini et les onycho-mycoses. H. PERLMAN choisit tout d'abord l'acide undécylénique, acide gras non saturé, facile à obtenir et essaya de traiter efficacement les infections fungiques récalcitrantes. H enroba l'acide undécylénique dans des capsules gélatinées ou perles à la dose de O0 gr. 50 chacune et les donna à quatre enfants âgés de 8 à 14 ans, atteints de microsporie. Malgré des résultats particulièrement encourageants, où quelques cultures furent négativées après plusieurs mois de traitement, il abandonna ces travaux pour l'essayer sur le Psoriasis, car la médication avait la curieuse propriété de donner une desquamation profuse du cuir chevelu.
Avant de l'administrer à des êtres humains des expérienc2s sur la toxicité de l'acide undécylénique furent faites sur des petits animaux de laboratoire, Ceux-ci ingérèrent de grandes quantités journellement, pendant une période de plusieurs mois, sans produire de manifestations toxiques tandis que l'examen histologique des viscères de ces animaux, ne montrait aucune altération.
Au mois d'avril 1948, H. PERLMANN essaya d'administrer l'acide undécylénique chez des psoriasiques de sa clientèle privée et devant les améliorations spectaculaires obtenues, il décida avec I. MILBERG, d'étudier les possibilités thérapeutiques de ce médicament sur une plus large échelle au Centre de Dermatologie de l'Hôpital de New-York.
Leur premier essai porta sur 17 cas de Psoriasis où ils notèrent 3 blanchiements complets, 6 améliorations à 75 % et enfin 8 cas avec une amélioration de 50 %. Les squames tombaient assez rapidement, en général en un ou deux jours après le début du traitement, et cette desquamation continuait pendant plusieurs semaines. De plus, les squames devenaient moins abondantes et plus fines et cette exfoliation se poursuivait quelque temps après la cessation du traitement.
Dans cette première expérience, ils tentèrent de déterminer la dose optimum d’acide undécylénique à donner aux ralades. Au début ils administrèrent des doses relativement faibles de
RE vis
T gr. 5 par jour jusqu’à 15 gr. par jour, mais il s'avéra par la suite qu’un dosage supérieur permettait d'obtenir de meilleurs résultats.
En conclusion, les auteurs pensaient que l’acide undécylénique administré avant et après que la peau ait été nettoyse, émpêchait l'apparition de nouvelles lésions, et si dans certains cas, de nouvelles lésions sont tout de même apparues, celles-ci durent moins longtemps, ou même disparaissent spontanément. En d’autres termes, il semblerait que cet acide inhibe les rechutes du Psoriasis, sans que le mécanisme d'action soit encore éclairci. Enfin, il faut signaler que l’ingestion de ce produit provoque des nausées, des vomissements des brûlures épigastriques, de la diarrhée, enfin un mauvais goût à ia bouche, semblable à la bile, survenant quelques minutes ou quelques heures après la prise ; maïs tous ces troubles disparaissent après cessation du traitement et ne réapparaissent pas à la reprise.
Posologie
Le traitement fut institué en règle chez les sujets atteints de Psoriasis rebelles aux autres th$rapeutiques et n'ayant pas - eu de rémission spontanée depuis longtemps. Aucune médication externe ne fut appliquée. Le régime et les habitudes antérieures aux traitements tels bains, furent essentiellement inchangés. La dose à laquelle PERLMAN et MILBERG se sont ralliés après plusieurs essais est la suivante :
5 perles dosées à 0 gr. 44 d’acide undécylénique chacune, données trois fois par jour pendant trois jours entre les trois principaux repas. Au total, 15 perles dosant 6 gr. 60 par jour.
Puis 10 perles, à prendre entre les principaux repas, trois fois par jour pendant trois jours, c’est-à-dire 30 perles dosant au total 19 gr. 80 par jour.
Enfin 15 perles à prendre toujours entre les trois principaux repas pendant une période indéterminée, c'est-à-dire au total 45 perles par jour dosant 49 gr. 40.
Pour les auteurs, cette posologie n’est qu un schéma où les doses et les intervalles peuvent être modifiés et reconsidérés, mais insistent sur l'utilité des fortes doses pour obtenir des résultats rapides et durables.
—— Ut
Résultats
MM. PERLMAN et MILBERG rapportent (dans le J. À. M. À.) les résultats de leur seconde expérience sur 41 .Psoriasis.
Aucun effet toxique sérieux ou durable ne fut observé relativement dans ces petites séries. 19 malades présentèrent des troubles gastro-intestinaux passagers, 7 d’entre eux accusèrent des éructations avec un arrière-goût de poisson, 8 malades notèrent des nausées et des vomissements, 2 malades de la diarrhée et le reste de la constipation. Il faut remarquer l’apparition chez deux adolescents de folliculites acnéiformes, mais il semble que cela soit pure coïncidence.
En effet, tous ces troubles furent transitoires, ils apparurent en général au céput du traitement, subsistèrent de 7 à 21 jours et disparurent après continuation du traitement et même après augmentation des doses.
Ces 40 malades furent suivis pendant une période allant de 2 à 27 semaines, et l'on nota deux catégories d améliorations. Dans un premier groupe on distingua les « améliorés », c'està-dire avec des résultats nettement substantiels, et dans un deuxième groupe, les moyennement « améliorés », c’est-à-dire les cas où la guérison est moins nette quoique évidente.
Sur 41 cas, ils obtinrent.
1° 12 améliorations importantes, soit 30 % des sujets. L'amélioration apparait au moins 15 jours après le début du traitement, et l'involution d'une plaque psoriasique se faisait de la façon suivante : desquamation évidente à la partie centrale qui devient plate et plus pâle.et reprend l'apparence quasi-normale de la peau, quoique un peu hyper-pigmentée. La périphérie des lésions se montre plus rebelle et disparait à la longue par désagrégation en papules solitaires qui sont les dernières à disparaître. Parfois l'évolution favorable des lésions est précédée par une période d’aggravation de signes et de nouvelles lésions se développent tandis que les anciennes deviennent plus enflammées avant qu'une soudaine involution ne s’observe.
2° 15 malades furent « moyennement améliorés », soit 37 %. Ici, l’involution fut notée après deux semaines de traitement et parfois plus tardivement après 12 semaines, mais toujours l’amélioration fut évidente.
3" 10 malades furent inchangés, soit 25 % des cas, et trois cas furent des échecs, soit 7 %.
AO
4 Il faut remarquer, disent les auteurs que deux malades du premier groupe présentaient une disparition complète des lésions après deux mois et demi, mais l’administration fut poursuivie dans les deux cas pendant un mois après, sans apparition de rechute. Enfin, il faut signaler chez les deux malades pour lesquels le traitement fut interrompu quelques semaines après une amélioration manifeste, l'apparition d’une rechute qui nécessita la reprise de la
médication qui les améliora à nouveau nettement.
En résumé, dans une maladie au cours naturel si imprévisible tel le Psoriasis, dans une maladie aussi connue pour être capable de rémission spontanée ou de réponse favorable à yuelque nouvelle médication, les tentatives d'évaluer une nouvelle méthode thérapeutique disent MM. PERLMANN et MILBERG, peut aisément conduire à des impressions erronées, Cependant, les améliorations sans équivoque décrites dans 30 % des cas dont la plupart souffraient €’une forme tenace, ne peut pas nous pousser à écrire que ces résultats étaient simples coïncidences, de plus, les rechutes cEservées dans deux cas, après des interruptions de la médication, avec améliorations renouvelées après la reprise du traitement, enfin la guérison de 7 rhumatismes psoriasiques sur 8 malades favorisent l’hypothèse que le médicament pourrait exercer une influence heureuse. Mais il faut reconnaître qu’une plus grande expérience est nécessaire avant de tirer une conclusion définitive et les résultats obtenus justifient de nouveaux essais thérapeutiques pour comparer les:effets.
Travaux américains et français sur l'Acide Undécylénique
Les communications de PERLMAN et MILBERG relatant les effets substantiels de l'acide undécylénique sur le Psoriasis ne pouvaient passer inaperçus des spécialistes de cette question.
L'origine possible d’une mycose ou d’un trouble métabolique des graisses dans la génèse du Psoriasis donnaient un intérêt considérable à cette nouvelle thérapeutique dont les succès signalés par les auteurs étaient non moins intéressants.
H. C. GoLpBERrG et M. D. PLAINFIELD (New-Jersey) soumirent 17 malades atteints de cette dermatose à l'acide Hyde dont les conclusions furent les suivantes :
En général, ils limitèrent son usage aux malades chroniques
atteints d'une dermatose rebelle, mais surtout chez des sujets intelligents, capables de coopérer. Ils constatèrent : /
1° Que les malades ne pouvaient prendre que 6 à 8 perles dosées à 0 gr. 44, c’est-à-dire 3 gr. 52 par jour pendant une période soutenue.
2° Qu'aucun effet toxique sévère ne fut noté sauf des palpitations, quelques troubles digestifs et de l’irritation laryngée.
Î u 3° Aucune amélioration sélective des ongles, du cuir chevelu, des paumes, des plantes des pieds ne fut remarquée en comparaison avec un groupe de contrôle.
4 Enfin, aucune amélioration définitive des aires cutanées ne fut observée en comparaison avec un groupe de contrôle. »
Le Dr F. ROUCHESE informe MM. BENCEL et SCHIFF dans le : J. À. M. A. du 21 octobre 1950 qu'il traita 16 cas de vieux et sévères Psoriasis dont 13 furent suivis. Il nota en particulier 2 considérables améliorations, 3 légères améliorations, 6 cas sans changement et 2 aggravations enfin parmi les incidents, des nausées et de l’albuminurie.
Quant à MM. BENCEL et SCHIFF eux-mêmes, examinant 12 cas dont 10 furent suivis pendant trois mois, ils rapportent 5 cas où ils notèrent aucune amélioration, mais l'essai fut moyennement suivi et 7 cas sans résultats. Mais ils attirent l'attention sur l'apparition d’une: érythrodermie apparue chez un malade dont un cas similaire a été rapporté par BEHRMAN (dans le J. À. M. A. du 8 octobre 1949).
« Un homme âgé de 33 ans avait un Psoriasis moyen, bonne santé ; le 15 juillet 1949, son médecin de famille lui prescrit l'acide undécylénique. Après que le malade ait pris 9 capsules par jour pendant deux semaines, il commença par présenter des nausées et des vomissements. Il remarqua des plaques rouges sur le visage, la poitrine et le dos et continua à prendre les cachets pendant une autre semaine, L'éruption se répandit sur tout le corps accompagnée de frisson et de fièvre. aucun topique ne fut utilisé, ni de médication interne furent pris durant cette période. Le 4 octobre 1949, il fut admis à l'Hôpital où il présentait un érythème généralisé avec squames. La muqueuse buccale était rouge, les lèvres œdémaciées et fissurées, la déglutition difficile à accomplir et la température était. élevée. Un examen médical général fut négatif, sang et urine normaux. Il reçut des bains colloïdaux, de l’auto-hémothérapie et de la pénicilline. Il s’améliora progressivement, les squames diminuèrent et il quitta l'Hôpital le 23 août. En octo-
bre, sa peau était complètement débarrassée des squames et du Psoriasis,
Su db
Les travaux américains donnent des résultats divergents, les uns niant les bienfaits de la méthode, les autres soulignant que la médication ne doit être répandue que lorsque l’on connaîtra parfaitement sa toxicité et son mécanisme d’action afin d'avoir une idée exacte de sa valeur. Où en sont les essais francais sur l’acide undécylénique ?
R. T HERRIEN, dans une note, peut-être un peu prématurée, donne une impression favorable de ses premiers essais qui ont porté sur 12 malades dont il ne retient qu’un; celui-ci âgé de 41 ans, atteint depuis 9 années d’un Psoriasis invétiré qu'aucun traitement n'avait réussi à faire disparaître et dont l'épiderme supportait mal les topiques a présenté à partir de la cinquième semaine du traitement, une amélioration qui est devenue peu à peu manifeste ; certains éléments, en particulier ceux du cuir chevelu, des oreilles et des lèvres ont disparu et tous les autres sont en régression très marquée; l’évolution est telle qu’un blanchiement complet va sans doute être prochainement obtenu. Le traitement n'a donné aucune réaction toxique bien que poursuivi depuis cinq mois à la dose quotidienne de 45 capsules de 0 gr. 44, soit en tout près de 2 kg d'acide ; les trois premiers mois, le malade a eu quelques troubles digestifs, de la céphalée et une sensation de faiblesse après chaque prise ; maïs, encourag# par l’amélioration, il a persévéré et tous ces troubles ont fini par disparaître. THER- RIEN remarque qu'il faut mettre au passif de la méthode sa longueur et le nombre considérable de capsules qu’il faut déglutir. :
Maïs les conclusions de E. Sipr et J. GOTARD sont complète- . ment différentes. Ils n’ont en effet noté aucun succès, sauf un et encore avait-il bénéficié d’un séjour à la campagne. Aucune action sur le Psoriasis de leurs 24 malades ne fut observée, que l'affection fut ancienne ou récente, chronique ou en poussée localisée ou ginéralisée, ils n'ont jamais remarqué l'arrêt d’une poussée ; au contraire, de nouveaux éléments: ont fait leur apparition en cours de traitement ; le prurit n’a pas été influencé, et si dans quelques cas une desquamation modérée est survenue, elle semble due à l’action purement mécanique ce l'acide undécylénique utilisé, simultanément, en tamponnements assez énergiques.
: Il convient cependant de remarquer que la technique de ces auteurs s’est notablement écartée de celle de PERLMAN et MILBERG ; ils ont formulé le médicament en cachets (undécylénate de calcium, 0 gr. 50 ; Isolinoléate d’Ethyl, 0 gr. 10 ; Désoxycholate de soude, 0 gr. 02) et en suppositoires (acide
eg
undécylénique, 0 gr. 20 ; Méthylglucamine, 0 gr. 20 ; beurre de cacao Q. S.).
Ils ont prescrit à certains malades quotidiennement .10 cachets et 2 suppositoires, soit 5 gr. 40 par jour, et à d’autres 3 suppositoires, soit 0 gr. 60 par jour. De plus, la durée du traitement a varié de 10 à 21 jours. Cette technique utilise donc des doses très inférieures à celle des auteurs américains (45 capsules par jour, soit 19 gr. 80) et pendant une période beaucoup plus brève.
Aussi est-il permis de se demander si les conclusions négatives de Sipr et GoTARD peuvent être valablement appliquées à la méthode originale.
Conclusions
Il semble prématuré de poser une conclusion définitive sur la valeur de l'acide undécylinique comme traitement spécifique du Psoriasis. Dans une dermatose, aux thérapeutiques multiples, si souvent décevantes, faisant parfois le désespoir du médecin, l'essai doit être tenté en se conformant aux doses fortes, proposées par PERLMAN et MILBERG, mais aussi en surveillant l’évolution des lésions cutanées, car des érythrodermies ont été signalées.
Si les travaux de GOLDBERG et R. THERRIEN montrent qu'au point de vue pratique il est difficilement accepté par les malades vu le nombre de capsules à déglutir, il ne permet pas non plus de dénier toute valeur au traitement; il reste a savoir si les malades sont finalement payés de leur persévérance. L’avenir seul nous le dira lorsqu'un plus grand nombre de travaux, permettra de confronter les résultats.