À MES AUTRES MAITRES DANS LES HOPITAUX
MM. Les PROFESSEURS AGRÉGÉS LIAN, GRÉCGOIRE, TA- NON ; MM. res Docreurs AMEUILLE, HERSCHER, LEMAIRE, ROUILLARD, Mépecins Des HOPITAUX
MM. es Docreurs : R. BLOCH, BRISSAUD, COTTENOT, DURAND, JACOB, MOREAU, PIGNOT, PRUVOST, ROLLAND, TURQUETY.
Introduction
Le polymorphisme des lésions de la tuberculose pulmonaire, leur caractère évolutif diffèrent suivant le degré de virulence de l'infection et de résistance du terrain, rendent extraordinairement complexe tout essai de classification anatomo-clinique. L'emploi systématique de la radioscopie et de la radiographie, complément indispensable de tout examen d’un tuberculeux, a apporté aux classifications qui cherchaient jusque-là à mettre d'accord la clinique et l’anatomie pathologique un élément d’information nouveau. Aussi les récentes classifications fontelles entrer en ligne de compte, dans l'établissement de la forme anatomo-clinique, les données de la radiologie. Entre autres avantages, celle-ci permet de préciser avec une exactitude presque absolue l'étendue des lésions pulmonaires, leur extension aux deux poumons ou leur unilatéralité, notion qui a pris une importance considérable depuis que le pneumothorax artificiel permet de lutter efficacement contre la tuberculose pulmonaire.
La classification topographique des lésions, la plus simple, celle qui vient la première à l'esprit, se base sur la division anatomique des poumons en lobes. Pourtant Nicol, avec plusieurs auteurs allemands, renonce aux appellations de lobes : supérieur, moyen et inférieur, dont
la topographie serait toute différente de celle qu’on leur assigne habituellement, et il propose de diviser arbitrairement le poumon en trois champs : supérieur, moyen et inférieur, séparés par deux plans horizontaux passant, l’un au niveau de l'insertion sternale de la deuxième côte en avant et du milieu de l’omoplate en arrière, l’autre au niveau de l'insertion sternale de la quatrième côte et de la pointe de l’omoplate. Sans doute, par suite de l’obliquité des grandes scissures, des lésions appartenant au lobe supérieur à gauche, au iobe moyen à droite, peuvent se projeter sur la partie inférieure du champ pulmonaire et être, à tort, localisées au lobe inférieur. Mais, outre qu’il existe des cas nombreux où la zone d'ombre pathologique apparaît nettement limilée par l'interlobe, la notion de la situation normale des scissures pulmonaires permet de déterminer la localisation lobaire, même lorsque celle-ci n’est pas évidente à première vue. Aussi, ne paraît-il pas nécessaire de rejeter la classification topographique lobaire.
L'examen systématique des tuberculeux à l'écran radioscopique a, en. effet, révélé que, bien souvent, la tuberculose envahit, d’emblée ou progressivement, la totalité d’un lobe pulmonaire, tout en restant strictement limitée à l'étendue de ce lobe par la scissure interlobaire qui semble former, au moins pour un temps, une cloison étanche le séparant du reste du parenchyme. Cette notion de limilalion lobaire des lésions sur laquelle Rist et Ameuille ont attiré l'attention n'avait pas jusqu'alors éte nettement dégagée. Cela tient surtout à ce fait qu'au
cours de l’autopsie de tels malades on trouve, associées