‹ Contribution à l'étude des tumeurs des muscles extrinsèques de l'œilChapitre 12 sur 39 · V.0.G.+ 2 D. — moins de · texte numérisé non relu

V.0.G.+ 2 D. — moins de

Pas de modification de l'état général.

19 avril. — Iodure de K. Frictiors à l’onguent gris.

On pense à la syphilis, par élimination des autres causes de paralysie oculaire. |

20 avril. — Accès de tachycardie paroxystique sans cause, pouls à 240. Fréquence respiratoire à 40, morphine, alcool, glace sur le cœur et la tête, digitale, strophantus.

22 avril. — Pouls 240, fréquence respiratoire 56, température vespérale : 38°4.

26 avril. — Pas de modifications.

27 avril. -— Presque subitement, retour à la normale du pouls et des mouvements respiratoires.

1er mai. — Pas de fièvre, pouls, respirations normaux,

Les mouvements de l’œil droitsont un peu plus libres.sauf le mouvement d’étévation. Des deux côtés, diminution de l'æœdème et de ’exophtalmie.

7 mai. — À droite : V.O.D. H 1 D. — presque 10/10.

NoONG EEE »

Le ptosis à gauche existe toujours. La paupière supérieure gauche est immobile.

Diminution de l'œdème papillaire à droite.

Les vaisseaux sont visibles, presque sans interruption du centre papillaire jusqu'aux bords. À proximité de la papille, existent quelques petites hémorragies. Le fond de l'œil gauche ne présente pas de modifications. La différence de réfraction à droite entre macula et les bords de la papille’atteint environ 1 D.

18 mai. — La paupière supérieure gauche s’est relevée un peu, mais nettement depuis quelques jours. Apparition d’un ptosis à droite, Pas d’autres modifications.

. 20 mai. — À 7 heures du matin, nouvel accès de tachycardie.

Dyspnée, cyanose, pouls à 250.

Mort à 9 heures du soir,

Ea résumé, une malade, sans antécédents spécifiques, fait brusquement des œdèmes variés surtout au niveau des pau-

A.-A. Heurtel 3

ÉÉOISTE

pières. En même temps, paralysie des muscles extrinsèques de l'œil et du releveur gauche, Céphalée et diminution de l'acuité visuelle de l’œil droit due à la papillité. Finalement, exophtalmie.

Pendant le traitement,un ptosis droit apparaît ; trois semaines après l'entrée de la malade, accès de tachycardie qui ne s'arrête qu'au bout de huit jours et brusquement. Récidive après quatre semaines, qui se termine par la mort.

Discussion du diagnostic. — Il s'agissait en toute évidence d’une paralysie multiple des muscles de l'œil, Si nous cansidérons le nombre de muscles atteints, la façon dont étaient frappés les muscles innervés par la troisième paire; le siège de la paralysie ne peut ètre situé que dans la région nucléaire ou dans l'orbite, c’est-à-dire en des endroits cù les fibres nerveuses n'étaient pas encore réunies en troncs, ou bien en des endroits ou, la troisième paire s'était divisisée en ses branches. L’exophtalmie, le chémosis et la-papillite droite indiquent certainementune localisation orbitaire. Pour la paralysie gauche, l'hypothèse d’une localisation orbitaire était la plus fondée, La cause de la paralysie ne pouvait pas être déterminée avec cerlilude.On pouvait dire, en se basant sur le chémosis et la papillité droite, que le processus devait être de nature inflammatoire et que l’inflammation devait être chronique, parce que les douleurs orbitaires n'étaient pas assez prononcées pour un processus aigu.

La faible teneur en albumine ne semblait pas pouvoir expliquer l’étiologie, et l’autopsie nous donna raison,

L'examen général n'expliquait pas la paralysie ; de même, l’accès de lachycardie. paroxystique ne pouvait fixer le diagnostic, car,en général, les accès tachycardiques n'ont pas de cause connue, L’aulopsie nous donne la clef du mystère. Ellé nous. montre l'existence de syphilis, avec formation de Jommes dans les ruscles extrinsèques de l'œil et du cœur. Vu ce fait, on peut se demander s'il était possible de faire cliniquement le diagnostic de syphilis. L'examen clinique ne révélait aucun des symptômes de la syphilis. Les céphalées à exacerbation noc-

‘turne, comme elles se présentent dans la syphilis et la petite adénite inguinale n'avaient aucune valeur diagnostique, parce que les premières apparaissent généralement à la période secondaire et que les secondes sont communes à un cértain nombre d’autres affections.

Les accès de tachycardie n’ont qu'un rapport éloigné avec la syphilis, donc sans valeur pathognomonique, d’autant plus qu'ils étaient postérieurs à l'administration d’iodure et d'onguent gris. La persistance sans modification des symptômes oculaires, malgré le traitement spécifique, fut un nouvel argument qui excluait la syphilis.

L'auteur fait remarquer que le cas qu'il vient de décrire est unique dans la littérature.

EXAMEN ANATOMO-PATHOLOGIQUE (Professeur Büsse)

Examen du contenu de l'orbite. — Après effondrement de la ‘paroi supérieure de l’orbite droite, nous examinons le contenu. Nous trouvons, en dehors du nerf optique et du muscle orbitopalpébral,une masse épaisse d’un blanc grisätre, de consistance extraordinairement ferme, ayant tout à fait l’aspect d'une tumeur. Celle masse a la consistance du cartilage et représente le muscle droit supérieur fortement altéré. L’œil est enlevé avec ses muscles. Le droit externe présente la même consistance. La largeur est égale à 18 millimètres, l’épaisseur à 12 millituètres. Le droit inférieur est encore plus altéré, Largeur et épaisseur : 2 centimètres, La section montre des trabécules de tissu conjonctif gris blanchâtre. Le droit interne est moins épais etmoins dur que les autres muscles,

A gauche. — Ici encore, ce sont les muscles droits qui sont atteints, moins, 1l est vrai, qu’à droite, C’est surtout le droit supérieur qui présente des altérations, puis le droit interne, Les nerfs eux-mêmes et l'œil ne sont pas altérés,

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