ROLE & FRÉQUENCE DU TRAUMATISME DANS NOS OBSERVATIONS
Sans prétendre reprendre ici la discussion si souvent ouverte sur les rapports du traumatisme et des tumeurs malignes, et dont on n’a jamais tiré de conclusions véritament incontestables, nous rappellerons seulement les débats les plus récents auxquels cette controverse a donné lieu.
Anciennement discutée, cette question devait, durant la guerre, devenir une question d’actualité et le sous-secrétariat du service de Santé demanda à l'Association française pour l'étude du Cancer de se prononcer sur ce point. Le rapport de Delbet et Brault admit que le rôle du traumatisme n’était point démontré, et Bérard fut le seul à ne point partager cette opinion. À la Société de Chirurgie de Paris, une observation de Dehelly, intitulée : « Ostéo-sarcome {raumatique de l’humérus », soulève les protestations de la plupart des auteurs qui prennent part à la discussion (notre maître Hartmann, Thiery, Mouchet, Chevassu, Lapointe). Tavernier, ‘appelle que, par contre, certains auteurs ont admis le rôle effectif du traumatisme dans
00 % des cas (Gross)
30 % — (Kocher) É
13 % = (Thiem, qui n’admet que les traumatismes survenus moins de deux ans ou plus de trois semaines avant l'apparition des premiers symptômes).
Tavernier lui-même a cru devoir admettre ce rôle causal du traumatisme dans certains Cas particuliers d'expertise au conseil de réforme. Encore faut-il s'assurer de lexistence réelle du traumatisme et de sa violence. Un point peut, à cet égard, prêter à discussion ; au cas où un traumatisme évident
aurait déterminé une fracture et où une tumeur apparaîtrait quelques semaines ou quelques mois plus tard, il convient de s’assurer qu’il ne s’est pas agi d’une fracture spontanée, révélatrice d’une lésion préexistante méconnue.
Sur nos 17 cas de sarcomes, l'existence d’un traumatisme a été notée 6 fois. Une fois il est précisé qu'aucun traumatisme n’existait dans les antécédents ; dans les 10 autres cas, nous ne retrouvons à cet égard aucune indication. Les traumatismes invoqués dans celles de nos observations qui en font mention ont été de violence variable, mais le plus souvent importants.
— Chute sérieuse de bicyelette (obs. 5); — Explosion d’un appareil à soudure autogène avant projeté le malade à
5 mètres (obs. 8);
— Chute d’un tramway en marche (obs. 20); -- Chute d’une jeune fille renversée par une vache (obs. 22);
— Choc, chute sur la région qui fut plus tard le siège de la tumeur : 2 fois (obs. 10, obs. 21).
Le temps écoulé entre ie traumatisme et l’apparition des premiers symptômes est de :
3 semaines : obs. 22:
lÉMOIS se Eros 2EMOIS TO DS AIDE Anal 2 eo DS RSS Crans re -20bS-220
non précisé : obs. 8 (mais l’observation-porte « peu de temps »!.
Soit environ trois mois en moyenne.
En ce qui concerne les tumeurs à myéloplaxes (5 cas) : Le traumatisme est invoqué trois fois ; il a manqué dans un cas, pas de renseignements dans un cas. Dans les cas où il a été invoqué, il a consisté en :
— Chute ayant déterminé une incapacité de travail de vingt-cinq jours (sans précision de lésions qui aient déterminé cette incapacité de travail) (obs. Ge — Faux pas ayant nécessité un repos de quelques jours (obs. 15); — Entorse du genou avec hydarthrose et amyotrophie du quadriceps (obs. 19): Traumatismes respectivement survenus :
15 jours (obs. 9);
2 mois (obs. 19);
lan Mob ts):
avant l'apparition des premiers symptômes.
Il nous est évidemment impossible de tirer une conclusion de faits aussi peu nombreux ; mais bien qu'il ne faille pas
attribuer à la légère, surtout en cette matière, une relation de cause à effet entre le traumatisme et l'apparition d’une tumeur, et bien que l'immense majorité des traumatismes souvent violents de la vie quotidienne ne se complique point de tumeurs malignes, on ne peut manquer d’être frappé lorsqu'on constate que des {raumatismes réels, violents, comme ceux de nos observations 5, 8, 20 et 22, ont été suivis, et le plus souvent à bref délai, de lapparition d'une tumeur ou des premiers signes de son évolution. Une réponse affirmative à cette question serait lourde de conséquences : le service de santé militaire l’avait prévu ; les accidentés du travail ne manqueraient pas d'y trouver la source de nombreuses revendications.