DOULEURS
Le mode de début de ces lésions est insidieux, leur évolution indolente ; et Nélaton attribue les douleurs parfois observées soit à des irritations mécaniques dues à la gêne qu’elles apportent à l'exécution des mouvements normaux, soit à des pressions accidentellement exercées au niveau de la tumeur, soit enfin à une fracture spontanée.
Nos observations répondent parfaitement à cette opinion.
La malade de notre observation 9 (extr. sup. du péroné) souffre pourtant avant lapparition de la tumeur pour laquelle elle consulte; mais il y à lieu de remarquer que quinze jours auparavant elle avait subi un traumatisme suffisant pour nécessiter une incapacité de travail de quinze jours. Ce traumatisme et la douleur qui en est résultée (peutêtre exagérée, la malade étant une accidentée du travail ont peut-être simplement attiré Pattention sur une tumeur précxistante.
Dans notre observation 15, la lésion ne devient douloureuse qu'après l'apparition de la tuméfaction; le siège particulier
de celle-ci (région de la patte d’oie) et le trouble que sa présence apportait au jeu des tendons suffisent à l'expliquer.
Les troubles sensitifs notés pour l’observation n° 17 (rachis cervical) sont du type des douleurs par compression : douleurs irradiées à la limite des plexus cervical et brachial, troubles de compression. pharyngo - œsophagienne. Elles n’évoquent en rien l’idée de douleurs osseuses, localisées à la tumeur.
L'observation n° 19 (condyle fémoral) ne fait pas mention de douleurs et la lésion fut une découverte fortuite, trouvaille de la radiographie qui avait été systématiquement pratiquée en présence d’une hydarthrose traumatique à évolution traînante.
Dans l’observation 26 enfin (6° côte), le malade accuse des douleurs spontanées, rebelles aux traitements anti-névralgiques, mais leurs caractères, le voisinage du nerf intercostal donnent à penser qu’il s’est peut-être encore agi, dans ce cas, de compression.
L'analyse des phénomènes douloureux présentés par nos malades confirme donc pleinement l’opinion émise à leur sujet par Nélaton : douleurs ou troubles divers de compression résultant de la présence de la tumeur ; troubles mécaniques, mais pas de douleurs siégeant au niveau de la tumeur et lui appartenant en propre. C’est donc l'apparition d’une tumeur indolente, hormis ces cas particuliers de compression, d’ailleurs assez fréquents, qui constituera le premier signe : de l’évolution de la lésion.