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grand fessier ; la section inférieure fut faite trois centimètres au-dessus de langle supérieur du losange polité. On fit ensuite l’hémostase et la suture des téguments. Guérison par première intention. La tumeur fut examinée par Blodgood (de Baltimore) : le segment réséqué avait une longueur de 26 centimètres : à la partie la plus large, la tumeur mesurait 7 centimètres : elle était dure et sur des sections perpendiculaires à l'axe du nerf, elle se montrait relativement encapsulée, refoulant les fibres nerveuses à la périphérie. Histologiquement, il s'agissait d'un sarcome, surtout fuso-cellulaire, ne aux dépens des cellules fixes dü périnèvre. L
L'examen du malade, quelques jours après la première opération, méntra ‘une paralysie complète des muscles de la jambe, avec ‘anesthésie absolue des téguments, sauf au niveau d’une bande correspondant au territoire du saphène interne. De plus, les téguments étaient violacés et, par endroit, on y rencontrait des phlyctènes. On se proposa de faire une nouvelle opération ayant pour but d’anastomoser le bout central du sciatique avec ses deux grosses branches périphériques poplitées.
Cette deuxième opération fut faite le 20 février 1908. Grâce à une très longue incision, médiane postérieure de 60 centimètres, on trouva facilement le bout central du sciatique et les deux bouts de nerfs sciatiques poplités interne et externe. Le nerf sciatique poplité externe fut suturé latéralement au poplité interne : puis on tailla sur le poplité interne une longue bandelette nerveuse que l’on put relever et suturer, par deux points de catgut chromé, au bout central du tronc du sciatique : cette bandelette nerveuse avait 35 centimètres de longueur. Suture après hémostase. -On mit un appareil plâtré. Guérison de la vaste incision par première intention.
. Le 7 avril 1908, on fit une troisième opération destinée à taillér une bandelette de tissu nerveux sur Île sciatique
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- poplité externe : au cours de cette opération, on put voir “qu’il existait entre le bout central du sciatique et le poplité
interne, anastomosé lors de la prefnière opération, une bandelette assez épaisse de tissu d'apparence nerveuse ; on dédoubla le poplité externe et on l’anastomosa avec le bout central du grand sciatique. Guérison par première intention. On fit ensuite un traitement soigné par Île massage et l'électricité. Le malade fut revu un an après la dernière opération (avril 1909). L'examen montra que les fléchisseurs de la jambe sur la cuisse avaient leurs réactions électriques normales ; le triceps Ssural se contractait ; mais les muscles extenseurs du pied montraient une réaction de dégénérescence presque complète et les fléchisseurs du pied, une réaction de dégénérescence complète ; la sensibilité était en grande partie récupérée, sauf le long d'une bande située à là face postérieure ‘de la jambe, jus-
qu'au talon et à la plante du pied. Le malade peut mar-:
cher seul et il n'existe pas de troubles trophiques.
Cette observation est des plus remarquables et c'est une des résections nerveuses les plus étendues faites jusqu'à ce jour ; les deux tentatives de neuroplastie secondaire ont été suivies de succès puisque, depuis un an, il y a déjà une très grande amélioration. C’est un exemple très encourageant.
En effet, deux mois après la troisième opération (avril 1908), la réaction de dégénérescence persistait encore dans les muscles innervés par le sciatique. Au bout de quatre autres mois la réaction de dégénérescence était complète au niveau des fléchisseurs et des extenseurs du pied, incomplète au niveau des gastrocnémiens et des fléchisseurs de la jambe. Enfin en avril 1909, ces derniers muscles étaient redevenus normaux, les extenseurs du pied présentaient une réaction de dégénérescence incomplète, et les fléchisseurs une réaction complète. dt
En faveur d'une régénération certaine du nerf réséqué, l’auteur invoque les arguments suivants :
a) La disparition des troubles nuiies (les uleéttions disparaissent après la seconde opération). 6
b) Le retour de la sensibilité protopathique, que ne suffirait pas à expliquer la suppléance fournie par le nerf crural. nee
c) Le retour à peu près complet de la enebiité épicritique et de la sensibilité profonde dont on sait, par ailleurs, qu’elle ne disparaît que lorsque les nerfs moteurs et sensitifs d'une région sont sectionnés.
d) Le retour à peu près complet de la motilité dans les groupes musculaires qui, immédiatement après la résection du nerf, avaient été paralysés.
e) L'état du pied qui, de ballant qu'il était, est redevenu solide. 5
f) Le peu d’étendue de l'aire d’anesthésie absolue et d’anesthésie thermique. $
g) La sensibiiité directe Ju nouveau tronc nerveux à la pression profonde.
h) La conservation du sens musculaire.
i) L’excellent état de la locomotion.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE PARIS (Séance du 8 novembre 1905)
M. BERGER. — Sarcome du nerf sciatique à son émergence du bassin, traité par l’extirpation. Guérison avec conservation des fonctions du nerf.
Un jeune homme de 22 ans est atteint depuis 1884 de douleurs irradiées à la face postérieure du membre infé-
rieur gauche et considérées comme des douleurs eciatiques. En 1894, à Alger, on constate l'existence d'une tumeur de la région fessière gauche et l'extirpation est conseillée par M. le Dr Sieur. Le malade vient alors à Paris et est présenté à M. Berger. Le 21 février 1905, il n'y à point de douleurs spontanées, mais la pression, la flexion du membre provoquent aussitôt un éclair douloureux extrêmement intense sur toute la longueur du sciatique gauche. Cette douleur fulgurante dure une ou deux minutes ; elle diminue et finit par disparaître pour se reproduire au moindre contact. Depuis quelque temps il paraît y avoir un certain degré d'engourdissement du membre et une parésie légère des muscles innervés par le sciatique poplité externe, mais il n'y a pas de claudication: L
Aucun autre signe fonctionnel ; l’état général est parfait.
A la région de la fesse gauche, on constate une tumeur profonde, située sous le muscle grand fessier, environ au niveau de la grande échancrure sciatique.) Cette tumeur allongée verticalement est fixée, peu mobile, très dure ct elle est excessivement sensible à la pression, ce qui rend l'exploration par la palpation très difficile. Ses limites
exactes sont impossibles à préciser. à
Il n'y a ni gène de l'articulation coxo-fémorale, ni limitation de ses. mouvements, ni aucune contracture. L'articulation Sacro-iliaque et le bassin sont indemnes.
Le diagnostic de la tumeur, vraisenblablement de sarcome du sciatique, est porté et l’extirpation en est proposée et acceptée.
Opération le 23 février 1905 par M. BERGER. Une‘ longue incision, parallèle aux faisceaux du muscle grand fessier, permet de passer enire ceux-ci et de découvrir la tumeur. Cellé-ci a le volume d'un œuf de poule ; elle est développée dans la gaine du nerf sciatique ; elle présente le volu-
à — 85 — me susdit, mais elle est allongée dans le sens du tronc nerveux.
L'incision de la gaîne fibreuse du nerf découvre le tissu même de la tumeur qui est grisâtre avec des grains jaunâtre et de consistance mollasse. Son extrémité inférieu- ‘re est arrondie et ovalaire : sa surface est régulièrement. lisse. L'extrémité supérieure présente deux ou trois lobules distincts, allongés, minces, du volume d'une cerise ou d'une noix ; ils pénétrent dans le bassin, euglobés par la gaîne fibreuse du nerf, jusqu'à une profondeur de plusieurs centimètres au-dessus du contour de l’échancrure sciatique. Le tissu pathologique est dégagé et séparé par éradication des faisceaux du nerf sciatique entre lesquels il se prolonge ; un curettage très soigné et très sévère est pratiqué sur les parois de la cavité que laisse lextirpation de la tumeur. Celle-ci est formée par le névrilèmke dans lequel passent, dissociés et dispersés, les faisceaux nerveux du sciatique. On les conserve et on essaye de ne pas les rompre tout en les râclant vigoureusement à la curette pour en détacher tous les résidus du tissu pathologique.
Les prolongements supérieurs de la tumeur, sont pour- ‘suivis dans l’intérieur du bassin jusqu’à leurs limites extrêmes et soigneusement extirpés à la curette.
. Les suites opératoires furent un peu prolongées par l’élimination d’un fil ; l’opéré ne souffrit que très peu de la plaie et pas du tout sur le trajet du nerf sciatique ; pendant les premiers jours, il eut un peu de chute du pied en varus et un certain degré d’engourdissement qui disparut progressivement. Le 25 mars, l'opéré se levait et ‘marchait sans avoir besoin de se servir d'une canne. Il marche actuellement longtemps et sans boiterie. On ne trouve pas de récidive de la tumeur huit mois après l'opération, et les fonctions du membre sont intégralement
conservées.
Examen histologique par M. le D' HARENSCHMIDT, chef de laboratoire de la clinique de Necker.
Masse demi molle, sans forme, composée de portions de tissu gris-rougeâtre, quelques-unes reliées entre elles par des filaments conjonctifs. :
Les fragments examinés offrent une structure uniforme comprenant des cellules et des vaisseaux. Les amas cellulaires se composent des cellules globuleuses ou fusiformes, relativement petites, et de quelques-unes plus grosses, avec un noyau volumineux. Nulle part il n'y à de cellule multinuclée. Les parties fuso-cellulaires ont une architecture fasciculée. a
Les vaisseaux font, en grande partie, partie intégrante - de la tumeur. Quelques-uns, plus gros, sont seuls pourvus d'une paroi propre, différenciée. Pas de myxome, pas d'éléments nerveux.
Diagnostic : Sarcome globo et fuso-cellulaire de la gaine.
J'ai cru qu’il était bon de conserver le souvenir de cette extirpation d'un sarcome central du nerf sciatique, complètement enlevé par le curettage avec conservation de la continuité des éléments nerveux de ce nerf, quoique la tumeur pénétrât dans le bassin par l’échancrure sciatique, et n'ayant, huit mois après, doné lieu à aucune récidive, malgré ce que le procédé d’extirpation peut présenter d’incomplet et de précaire en apparence.