‹ Contribution à l'étude des tumeurs primitives du nerf sciatique (volume 2)Chapitre 35 sur 36 · TAB · texte numérisé non relu

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veux et de l'enlever seulé. Après donc en avoir détaché

toute la circonférence, et avoir disséqué Je nerf par en haut, puis par en bas, comme pour une préparation anatomique, je reconnus qu'il en restait à peu près un tiers d'intact ou de simplement enthassé sur le plan antérieur du névrome. Les deux autres tiers de ses cordons étaient épanouis à la manière des rayons d'une cage ou d'un panier d'huîtres, eur les deux côtés de la tumeur. Soutenu par le courage extrême de la malade, je me mis à isoker chacun de ces filets à l’aide du bistouri et je parvins à les

dégager à peu près tous en les refoulant vers leur centre

commun en avant. Le névrome ainsi enlevé laissa une ca- verne à loger les deux poings, que je remplis d'abord de boulettes de charpie, et qui fut traitée plus tard, par la

réunion immédiate secondaire. La cicatrisation de la plaie parnt complète au bout de cinq semaines.

Un engourdissement manifeste, ! une paralysie incomplète de la moitié externe du pied et du voisinage /de la malléole correspondante, sont les seuls accidents qui aient pu m'inspirer quelque crainte pendant une semaine ou deux, après cette grave opération ; mais ces symptômes se sont amoindris par degrés, et la guérison, complète au bout de trois mois, est restée définitive. C’est en 1834 que l'opération à été pratiquée, Mile H..… s'est mariée ; et aujourd'hui, décembre 1838, elle jouit d'une parfaite santé.

Dans son anatomie chirurgicale, VELPEAU cite encore 2 ças

de tumeurs du sciatique, enlevées par Jui. « Une tumeur 1 squirrheuse du volume d’un œuf d'autruche, dit-il, qui s’en était fait uné sorte de kyste au-dessous de J'ischion et que j'ai enlevée avec succès en 1836, n'avait causé, avant l'opé-

ration et n'a fait naître depuis, aucun symptôme de paralysie. Il en a été de même d'un stéatome pesant 8 livres, qui l'avait transformé en membrane dans la région ».

Conclusions

1° Les tumeurs primitives du nerf sciatique, jusqu'à présent regardées par les auteurs comme de nature Conjonctlive, appartiendraient en grande inajorité à cette classe de tumeurs étudiées réceniment sous le nom de névromes non différenciés. Ce seraient des névrofibromes, des névrolipomes, des névromyxomes, des névrosarcomes, c'est-àdire des tumeurs mixtes où il y a à la fois prolifération concomitante et de l'élément nerveux et de l’élément conjonctif.

2° Dans ces tumeurs primitives du nerf sciatis que il est assez fréquent de noter la combinaison de ces espèces anatomiques, névro-fibro-lipome, fibro-myxome, myxo-sarcome. Le névro-sarcome pur serait rare en tant que forme primitive ; par contre, la dégénérescence sarcomateuse serait fréquemment observée dans ces tumeurs.

3° Ces tumeurs seraient beaucoup plus fréquentes chez l'homme que chez la femme, et appartiendraient surtout à l’âge moyen de la vie ; elles seraient plus fréquentes sur le tronc du sciatique proprement dit que sur ses branches. |

4° Leur diagnostic, peut être assez malaisé, surtout lorsqu'elles siègent dans un plan profond, comme à la fesse ; on regardera, comme un bon signe, la douleur provoquée.

5° Leur pronostic à cause de leur malignité et de l'importance des opérations qu'elles nécessitent ou peuvent nécessiter, devra toujours être réservé.

6° De tous les procédés opératoires, l'énucléation est la méthode de choix : c'est loujours avec la perspective de tenter la décortication que le chirurgien doit entreprendre l'opération ; c’est l'examen approfondi des rapports de la tumeur avec le nerf, au cours de l'intervention, qui devra faire pencher en faveur de tel ou tel procédé opératoire.

7° Si l'énucléation est impossible, si la tumeur est de nature maligne, on devra recourir à la résection du nerf. La suture sera tentée toutes les fois que l'espace inter fragmentaire permettra la réunion des extrémités nerveuses : sinon il faudra tenter la neuroplastie.

S° Les suites opératoires dans les cas malheurenx où la résection du sciatique est suivie de paralysie et d'anesthésie dans le territoire de ce nerf ne son: pas aussi mauvaises qu'on pourrait s'y attendre. Les suppléances motrices et sensitives ne tardent pas à assurer le fonctionnement du membre et à permettre mème l'acte de la déambulation.

Vu : le Doyen, Va : le President de thèse, L. LANDOUZY. SEGOND.

Vu et permis d'imprimer :

le Vice-Recteur de l'Académie de Paris,

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