‹ Contribution à l'étude des variations du taux de l'urée dans le liquide céphalo-rachidien: à l'état pathologique et principalement au cours de l'urémieChapitre 7 sur 30 · ETATS PATHOLOGIQUES DIVERS, NÉPHRITES EXCEPTÉES · texte numérisé non relu

ETATS PATHOLOGIQUES DIVERS, NÉPHRITES EXCEPTÉES

Dans deux cas d'hydrocéphalie, lun avec gliome du cervelet observé par MEsrrézar, l’autre observé par Concerri el PANZER, on ne trouve que des traces d'urée dans le liquide céphalo-rachidien. Dans des cas de méningite tuberculeuse, DircKSEN donne comme résultats, 0,10 °/%, DENIGES et SABRAZÈES, 0,15, SABRAZÉS et Binau», 0,35. Le chiffre le plus fort, 0,53 °/,, est donné dans une observation de FRÆNKEL-HpIDEN. Ce même auteur trouve 0,41 °/,, dans un cas de paralysie générale progressive. La syvphilis enfin augmente peut-être, mais dans de très minimes proportions, le taux de l'urée : 11 était de 0,61 °/,, dans une analyse publiée par Wipaz et LEMIERRE.

Dans le service de notre maître, M. Beurrer, médecin des hôpitaux de Saint-Étienne, nous avons observé le Cas SUIVant :

OBSERVATION Î (Due à l’obligeance de M. Beutter, résumée, inédite.) Résumé clinique : Hémiplégie droite, Gheyne-Stokes. Autopsie : Hémorragie cérébrale, X...,71 ans, entre subcomateux à l'hôpital. Aucun rensecignement sur les antécédents du malade, ni sur le début de la maladie.

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Le malade est étendu sur son lit, immobile, les membres en résolution complète. Cependant, à droite, les membres soulevés retombent plus lourdement que ceux de gauche sur le plan du lit, Légère déviation conjuguée de la tête et des yeux, du côté gauche, Pas d'œdèmes. Anurie presque complète, pas d'albumine dans les urines. Respiration stertoreuse avec rythme de Cheyne- Stokes net. La pointe du cœur bat dans le cinquième espace sous le mamelon. Pas de bruits surajoutés. Rien à l'abdomen. La ponction lombaire, pratiquée par M. BEUTTER, ramène G ce. d’un liquide clair, coulant lentement goutte à goutte. L'analyse, due à M. Jo- RIS, pharmacien en chef des hôpitaux de Saint-Étienne, donne 0,75 °/00 d'urée. Le malade meurt le lendemain, sans avoir repris connaissance.

À l'autopsie : hémorragie cérébrale gauche sans aucune lésion rénale macroscopique.

Cliniquement, ce malade ne présentail aucun symptôme rénal : les urines étaient normales, le cœur n'était pas augmenté de volume, les bruits étaient réguliers sans souffle ni galop; il n°v avait ni ascite, ni œdème. La ponction lombaire est venue simplement confirmer les données cliniques.

Il en à été de même dans un cas de cirrhose, également inédit, que M. Mollard a eu lobligeance de nous communiquer. Le liquide céphalo-rachidien analysé à été prélevé sur le cadavre, mais, ainsi que le démontre notre observation X, la mort ne semble pas apporter de changements notables dans la composition du liquide céphalo-rachidien, au point de vue de Purée.

OBSERVATION II (Due à l'obligeance de M. Mollard, inédite, résumée.) R.S..., 54 ans, entre le 15 octobre 1909 dans le service.

Il y a dix-huit mois, premier séjour pour troubles digestifs relevant d’exeès alcooliques. Depuis, ne s'était jamais bien porté.

Depuis trois mois, s'aperçoit que son. ventre augmente de volume; depuis trois semaines, œdème des jambes, et; depuis quinze jours, hémorragies intestinales.

.A l'entrée : malade à teint subictérique avec fines varicositées du nez et des pommettes.$Se plaint surtout de perte d'appétit. Urines rares, ictériques, sans albumine. Ses selles sont composées en grande partie de sang rouge; hémorragies nasales et gingivales fréquentes. Œdème considérable des membres inférieurs remontant jusqu'au thorax. Éruption purpurique sur les jambes. L'abdomen est volumineux, ascite, avec circulation collatérale peu marquée. Le foie n'est pas perçu à la palpation ; sa matité semble diminuée ; la percussion de la rale dénote une matité de quatre travers de doigt. Au cœur : la pointe est dans le cinquième espace, bruits un peu assourdis sans souffle ; le pouls est régulier, la tension en est plutôt faible. Rien aux poumons.

15 novembre 1909. — Le malade a continué à avoir des hémorragies intestinales, il a présenté du purpura, s’est cachectisé progressivement et a succombé à la suite d'un coma progressif sans agitation ni dyspnée. Albuminurie légère les derniers temps sans signes cliniques de lésion rénale.

Autopsie : À l'ouverture du thorax, dans chaque cavité pleurale, un Gemi-litre environ de liquide citrin. À l'ouverture de l'abdomen, 5 à 6 litres de liquide citrin; périhépatite intense au niveau de la vésicule ; sur le mésocôlon quelques lésions discrètes de péritonite chronique. Le foie est petit (940 gr.), aspect typique de foie clouté; coupe granuleuse, sclérose intense ; la rate volumineuse (660 gr.) semble macroscopiquement d'aspect normal. Les reins sont un peu gros; quelques petits kystes superficiels, une dizaine sur chaque rein, mais à l'œil nu, le parenchyme est normal, la capsule s’enlève facilement. Au sommet du poumon gauche, cicatrices de tuberculose ancienne. Rien au cœur; quelques plaques d’athérome à l'origine et à la bifurcation de l'aorte.

Le liquide céphalo-rachidien retiré sur le cadavre quarante heures après le décès ne semble à la vue n'avoir subi aucune altération. Taux de l’urée, 0 gr. 95 °/.

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Dans l'observation suivante, due à l'obligeance de M. le professeur Pic, les résultats de la ponction lombaire confirment aussi le diagnostic.

OBSERVATION III Due à l'obligeance de M. le professeur Pie.

(Observation n° 2373 de sa collection, inédite.)

Diagnostic et résumé clinique : hémiplégie gauche sans ictus avec début par le membre inférieur, plus accentué au membre supérieur, avec intégrité de la face, — Dégénérescence du faisceau pyramidal, — Phénomène d'épilepsie Jacksonnienne, lésion Rolandique droite, probablement consécutive à une petite hémorragie avec irritation méningée chez une malade atteinte de sclérose rénale légère.

R..., Marie, ménagère, 64 ans, entre le 2 octobre 1909 dans le service de M. le professeur Pic, salle des IV® femmes.

Les antécédents sont peu importants, pas d'alcoolisme, pas de stigmate de spécificité, ni enfant, ni fausse-couche. A 29 ans, fièvre typhoïde sans complications.

L'affection actuelle remonterait à une chute que la malade a faite en janvier 1909 sur la région fessière : depuis cette époque la malade marche avec difficulté, mais à ce moment elle n'était pas paralysée — la paralysie s'est développée peu à peu : jamais il n’y a eu d'ictus ni de vertige.

A l’entrée, la marche est difficile, ce n’est pas la démarche classique d’une hémiplégie, la malade ne traine pas le pied gauche.

Hémiplégie gauche incomplète, les mouvements volontaires persistent en grande partie au membre inférieur ; le membre supérieur est plus paralysé, la face parait indemne, exagération du réflexe rotulien, pas de trépidation plantaire, réflexe plantaire faible avec ébauche de Babinski à gauche, pas de troubles sensitifs, sinon une diminution de la sensibilité à la jambe. Au membre supérieur gauche, les réflexes tendineux sont exa-

gérés.

Douleurs dans la hanche, les articulations sont un peu douloureuses : tous les quatre ou cinq jours, secousses convulsives dans les membres, d'abord localisées aux mains (mouvements classiques de flexion des doigts et d'adduction du pouce), puis apparition de secousses musculaires brusques dans les jambes, les crises convulsives durent quelques minutes sans s'accompagner de perte de connaissance.

Pupilles normales. Sphincters normaux. Pas d'escarre. Langue et luette non déviées. Un peu d'œdème à la main paralysée.

Poumons : emphysème et bronchite.

Cœur : pointe dans le cinquième espace intercostal, premier bruit un peu éclatant, pas de roulement présystolique ni de dédoublement.

Pouls régulier à 72. La radiale n'est pas très dure.

Pas de température.

Urines : abondantes sans albumine.

o octobre 1909. — On trouve au cœur, en plus de l'éclat du premier bruit, une tendance au redoublement, donnant l’impression d’un galop, surtout à l’appendice xiphoïde. On admet une légère hypertrophie du cœur gauche avec un peu de sclérose rénale.

13 octobre, — En raison du début progressif et des rensetgnements donnés par le médecin sur la possibilité de la syphilis chez le mari, on fait depuis le 10 octobre, tous les deux jours, une injection de mercure.

20 octobre. — La radioscopie montre un cœur un peu gros. 21 octobre. -—- Oppression, insommie, agitation. 36 respira-

tions à la minute. Point de côté gauche. Tachycardie = 120.

Aux poumons, à la base gauche, foyer de râles crépitants et et sous-crépitants sans souffle.

23 novembre. — Etat général de plus en plus faible. Depuis trois jours délire, agitation surtout nocturne, gâtisme, incontinence des urines et des matières.

Hémiplégie gauche toujours marquée, avec œdème des membres, inappétence absolue sans vomissements. Persistance de quelques râles à la base gauche.

mon On pratique une ponction lombaire : on retire 40 ce. de liquide sous forte pression, le liquide a une teinte nettement rosée. Après centrifugation on obtient un tout petit culot rouge : nombreux globules rouges très altérés, lymphocytes rares. Eœanen clinique (dû à l'obligeance de M. Imbert).

Sucre, absence.

Acétone, absence.

Urée, absence.

Sang, réaction Weber — négative.

- Adler — faible, douteuse.

— Meyer — positive.

Urobiline, traces faibles.

2 décembre. — La malade a été améliorée par la ponction

lombaire.

Mais il est des cas beaucoup plus complexes où le malade présente des symptômes qui pourraient en imposer pour de lurémie. Le dosage de l'urée dans le liquide céphalo-rachidien peut permettre alors d’éliminer ce dernier diagnostic.

L'observation suivante, due à l'obligeance de M. Mollard, semble en être la preuve.

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