‹ Contribution à l'Étude des Variations Physiologiques et Pathologiques du Taux Réticulocytaire, Chez le LapinChapitre 22 sur 105 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

VARIATIONS DU TAUX RÉTICULOCYTAIRE AU COURS DES DIFFÉRENTES PHASES DE LA GESTATION, PENDANT LA PÉRIODE DE LACTATION, ET APRÈS L’ABLACTATION, CHEZ LA LAPINE

TAUX RÉTICULOCYTAIRE MOYEN CHEZ LA LAPINE. CONDITIONS DE SA DÉTERMINATION.

Nous avons montré, dans le chapitre précédent, que la valeur moyenne du taux réliculocylaire, déterminé par la méthode de lhémolyse acélique, était, chez la lapine adulte normale, de 3,29 p. 100 (192.790 réliculocyles pour 5.801.000 hématies).

Ces nombres ont été établis en prenant certaines précautions. Nous nous étions rendu comple, auparavant, que le laux réticulocylaire, chez une mème femelle, était sujet à de nombreuses variations. Si l’on écarte, d’abord, tous les troubles de Féquilibre hématologique qui relèvent de causes pathologiques, évidentes pendant la vie, ou manifestes seulement à l'autopsie (maladies infectieuses ou parasitaires, traumatismes, fraclures, morsures, hémorragies, etc...), il subsiste, chez les animaux considérés comme normaux, de fréquentes perturbations dans le nombre de réticulocytes.

Celles-ci semblent presque loujours, reconnaitre pour cause, resriction faite pour cerlains processus pathologiques que nous ne savons pas déceler, des changements dans l’état physiologique des animaux.

Ces changements physiologiques sont épisodiques ou périodiques. Dans le groupe des changements épisodiques, la connaissance des

Variations réticulocytaires, au cours de la gestation el du post-parlüum, uous à fait éliminer, pour l'établissement du taux moyen chez l'animal normal, {ous les nombres déterminés chez les femelles pleines et les mères en lactation. De même, les variaons observées au cours de l'état physiologique particulier qui fait suite, chez la lapine, à un coït non fécondant (pseudogestation), nous à fait éliminer toutes les femelles suspectes d'avoir été saillies.

Nous reviendrons plus lard sur les modifications périodiques du {aux réticulocytaire, notamment sur celles qui se produisent à cerlaines périodes de la révolution oestrale chez la lapine. Ces modificalions, très faibles, chez le plus grand nombre, au point de passer inaperçues pour un observateur non prévenu, semblent prendre une ampleur impressionnante lorsque les femelles vivent dans le voisinage de mâles, même si elles n’ont aucun contact avec eux.

Toutes ces constatations nous ont amené à ne tenir compte, pour le taux moyen normal, que des délerminations faites chez des femelles vierges et séparées des mâles depuis plusieurs semaines. On arrive ainsi à éliminer presque toutes les variations.

Néanmoins, il faut reconnaître que, même avec ces précautions, on a quelquefois des nombre abérrants dont les causes nous échappent encore.

RÉTICULOCYTOSES PHYSIOLOGIQUES EN RELATION AVEC LA FONC- TION GÉNITALE FEMELLE.

Dans la thèse très documentée de G. M. Laur, nous trouvons mention de la réticulocytose physiologique de la menstruation, nous croyons intéressant de donner ici les conclusions de l’auteur :

«En somme, la menstrüation agit le plus souvent comme une petite saignée expérimentale, suivie d’une très légère réliculocytose pendant la période de réparation... La menstruation n’agit pas uniquement par le fait de petites hémorragies qu’elle entraîne. Des influences hormonales entrent en jeu qui sont assez importantes. Les études ne sont pas très nombreuses à ce sujet, mais il existe un travail très complet de A. Pôültzl (en 1910) [47].

L'auteur examine le sang de 17 femmes adultes pendant 2 où 3 mois conséculifs. Il à constaté que le chiffre des globules rouges augmentait pendant les jours qui précèdent les règles, atteignant son maximum la veille de leur apparition. L'espace maximum entre ce clocher de globules rouges et l'apparition des règles était de 9 jours: les numérations de globules furent faites quotidiennement, dans les mêmes conditions. Autre fait curieux : le maximum du taux de lhémoglobine s'observait précisément les jours où le chiffre des hémalies était à son minimum. Pôl{zl cite une douzaine d'auteurs qui ont tous rapporté des faits analogues : clocher du chiffre des hématies juste avant le début de l'écoulement menstruel.

Les rapports entre les sécrétions internes des ovaires el là fonction hématopoïélique ont aussi été étudiés par H. Josam (1928) [40!. Immédiatement après la castration (chez divers animaux de laboratoire) on note une véritable inondation du sang périphérique par des hémalies jeunes, pauvres en hémoglobine el riches en substance granulo-filamenteuse. Mais, en quelques jours, cette poussée s'altténue, puis disparait. L'administration d'extraits d'ovaire ne provoque pas de diminution des hémalies dans le sang circulant, mais Josam fuimème admet qu'il serait prématuré de déduire un processus d'inhibition s'exerçant de la part des ovaires sur la moelle osseuse, I ne veut pas attribuer la pléthore de la femme ovariectomisée ef celle de la ménopause à des phénomènes de ce genre ».

Sur les variations des réticulocytes au cours de la grossesse normale, le même auteur signale une légère augmentation vers le 8° mois, puis de pelites crises réticulocytaires, au moment de la réparation sanguine post-hémorragique, si la femme a saignée tant soit peu abondamment à son accouchement.

A. Brindeau et Th. Théodoridès [5] ne signalent, explicitement, aucune modificalion du taux réticulocytaire dans l'hypoglobulie de la grossesse normale, mais ils admettent, comme relalion de cause à effet entre l'hémolyse du placenta d'un côté, et la diminution des globules rouges et de l'hémoglobine de l’autre, une suractivité des organes hémalopoïétiques pour compenser les dégâts de l’hémolyse placentaire.

Dans la forme légère de l’anémie gravidique commune, ils décèlent une augmentation des réliculocytes qu'ils considèrent, avec la polychromasie, lanisocylose, la poïkylocylose et une légère el inconslante augmentalion des globules rouges nucléés, comme des signes de régénération compensalrice.

Dans la forme grave de celte anémie gravidique commune, ils signalent que le taux des réticulocyles est en général bas (1 à 2 %). Ils cilent, toutefois, des observations de E. Petersen [16} Petersen, Lield et Morgan où il a été trouvé augmenté dans 10 % des cas.

Dans l'anémie pernicieuse gravidique (maladie de Biermer chez la femime enceinte) les mêmes auteurs ont vu, chez une malade, le laux des réliculocytes varier de 2 à # %, avant la crise sanguine qui esl survenue dans les suites de couches, Pendant celles-ci, le pourcenlage réliculocylaire est monté durant une courte période à 30 %, pour relomber en quelques jours à 2 %.

Dans l'anémie aplastique de la femme enceinte, leurs observations ne comportent aucune numéraltion des réliculocyles.

Quelle influence les hormones de la gestation ont-elles sur Féquilibre hémalologique ? En dehors du travail de Josam cité plus haut, il V a bien peu de travaux sur ce sujet. Minouchi et Schwalm [42/, toutefois, signalent que les lapines castrées depuis plus de six mois présentent, après saignée, par rapport à des animaux {émoins, une vérilable réaction d'épuisement caractérisée par une augmentation du pourcentage réticulocylaire, La folliculine qui, d'après les auteurs, semble sans action sur l'équilibre hématologique des animaux normaux, détermine à la dose de 100 unités par jour, chez les animaux non casirés, après une saignée, une stimulation de la régénération des globules rouges. Chez les femelles castrées, la folliculine ne modilie pas la réaction d'épuisement. Les auteurs pensent que la mœælle osseuse des lapines castrées se (trouve dans un état de fonctionnement défectueux, si bien que la folliculine n’agit plus sur elle. Ils concluent que l'hormone folliculaire à une action stimulante sur la régénération des globules rouges. L'action de la folliculine ne serait-elle pas plulôt indirecte. Elle agirait peut-être sur la sécrétion interne de l’ovaire, Ceci expliquerail pourquoi, chez les femelles castrées, la folliculine est sans action.

NC

RÉTICULOCYTOPÉNIES PHYSIOLOGIQUES,

Dans les {travaux mentionnés plus haut, on a décrit la réticulocvtose physiologique de la menstrualion, a réliculocytose ph\siologique chez la femme enceinte et chez les femelles gravides, les rétieuiocyloses particulières aux états pathologiques de la gestation. L’existence de ces réliculocytoses physiologiques et pathologiques est donc bien démontrée. Nous ajouterons, dans le présent fravail, là notion nouvelle de la réticulocytose d’'ablactation.

Par contre, l'attention semble n'avoir pas été atlirée par les réticulocvtopénies, Dans les anémies aplastiques, on signale bien une dimiaulion où une absence des réliculocyles, mais on à rarement donné des chiffres. Les mots de réticulocytopénie et d’aréliculocytose ne semblent pas avoir: été employés. Les réticulocytopénies phystologiques n'ont jamais, à notre Connaissance, 6(6 étudiées, ni même signalées.

On comprend fort bien que les expérimentateurs aient 616 plus frappés des augmentations du taux réliculocytaire qui, seules, leur paraissalent anormales, et qu'ils en aient négligé les diminutions, moins évidentes, au premier abord, el certainement plus rares.

Nous décrirons, dans un instant, la diminution du taux réticulocvlaire qui se produit à la fin de la gestion chez la lapine. Celle diminulion est constante dans les derniers jours du prépartum et, si lon veut bien y réfléchir, considérable, puisqu'en ÿ jours, le pourcentage perd les neuf dixièmes, parfois les dix-neuf vingtièmes, de sa valeur. Nous apporterons, également, à notion de la réliculocytopénie de la lactation. Moins considérable, même moins constante que la précédente, elle est fréquemment entrecoupée de poussées de réticulocytose,

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