‹ Contribution à l'Étude des Variations Physiologiques et Pathologiques du Taux Réticulocytaire, Chez le LapinChapitre 25 sur 105 · TECHNIQUE DES MESURES · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DES MESURES

Nous désirons exposer ici comment nous avons procédé à nos numéralions globulaires, non que nous estimions notre technique supérieure à celles que l'on trouve décrite dans les manuels spéciaux, mais nous pensons que nos résultats n'ont pas de valeur absolue, el qu'ils ne sont comparables que dans la mesure où on opèrera comme nous l'avons fait. Rien n’est plus délicat que de faire des numéralions globulaires chez le lapin. Les écarts des nombres trouvés par les différents auteurs le prouvent bien. Jolly [9] indique 4.300.000 pour les hématies. Klieneberger [14] donne comme chiffres extrêmes 1.300.000 et 5.920.000. Après avoir établi notre technique, nos chiffres, déterminés sur de nombreux lapins neufs, se sont tenus entre 5.500.000 et 6.200.000. Pour les leucocytes, les nombres, si l'on ne s'astreint pas à une technique rigoureuse, peuvent passer du simple au double, ou au triple. Combien de prétendues leucocytoses n'ont été trouvées qu'à la faveur d’une technique mal établie !

Les lapins sont placés dans une sorte de boîte rectangulaire. Un des petits côtés est creusé d’une encoche, le côté opposé est muni d'un couvercle à charnière. La tête du lapin passe par l’encoche, le couvercle est rabattu sur lui et il est maintenu par de simples crochets. Ainsi, on peut pratiquer commodément toutes sortes d’opérations sur la veine de l'oreille, prise de sang, injections, sans que l'animal puisse remuer. On évite aussi les troubles apportés dans l'équilibre hématologique chez les animaux qui s’agitent ou qui se débattent.

Nous n'avons pas trouvé utile d'opérer sur des animaux à jeun. Le lapin s'alimente presque continuellement. On ne peut guère parler de leucocytose de digestion à propos de lui. Mais, par contre, nous

(1) Voir plus loin les variations de l'équilibre hématologique à la suite de morsures faites à des lapins par leurs congénères.

EN y

avons toujours pris la précaution d'effectuer nos numérations au même moment de la journée, le matin entre 8 et 12 heures.

On épile soigneusement la peau le long de la veine marginale de l'oreille, La région est passée à l'alcool absolu: on met une pince sur la veine, vers la racine de l'oreille: on frictionne légèrement l'artère médiane de celle-ci. Gelte manœuvre à pour but d'activer la circulation. La veine se dilate très sensiblement, en amont de la pince. On la pique alors avec une aiguille de 6/10% de millimètre, en évitant de la transtixer, ce qui serait fâcheux pour les numérations des jours suivants. Il est important d'avoir un écoulement de sang abondant. L'oreille est maintenue inclinée; on laisse s’écouler les trois ou quatre premières gouttes, puis on procède au remplissage des pipeltes de dilution, en opérant le plus rapidement possible, el en suivant toujours le même ordre : d'abord la pipette pour les leucocytes et les réticulocytes, ensuite la pipette pour les hématies.

Les trois précautions qui nous paraissent (très importantes, pour avoir des résultats constants, sont : 1° d'avoir une vaso-dilatation suffisante des vaisseaux de l'oreille, pour que le sang s'écoule facilement par la piqûre; 2° de ne pas prendre les premières goultes qui S'échappent, sous peine d'avoir des chiffres trop élevés pour Îles hématies, et surtout pour les leucocytes. Mais nous devons signaler que, si l’on provoque une vaso-dilatation excessive, par l'emploi du xylol par exemple, ou par une friction exagérée de l'oreille, on tombe dans l'excès contraire, et on trouve, pour le sang veineux, des chiffres trop faibles, qui se rapprochent de ceux du sang artériel {artère de l'oreille). I y a là, une petite difficulté, mais on arrive avec un peu d'habitude à éviter ces deux écueils: 3° il est indispensable d'opérer le remplissage des pipettes extrêmement rapidement, la composition du sang qui s'écoule change assez vite, les premières gouttes sont noirâtres, celles qui sortent ensuite sont de plus en plus rouges. Il ne faut pas attendre qu'elles deviennent rouge vif, ce qui indiquerait qu'à la faveur de la vaso-dilatation, et de la circulation intense, il ne passe plus dans la veine que du sang artériel à peine modifié.

Le reste des manipulations ne nécessite pas d’autres précautions que celles qui sont décrites dans les manuels,

Nous avons utilisé, pour nos numéraltions, l'appareil de Thoma, avec cellule à rigoles ouvertes sur les deux côtés de la lame. Pour les hémalies, nous avons dilué le sang au 1/200° avec le liquide de Marcano. Nous avons utilisé pour les leucocytes et les réticulocytes, la méthode que nous avons décrile dans un mémoire précédent D, et qui nous permettait de numérer ces deux sortes d'éléments sur la même préparation. La dilution était faite au 1/20° avec une solution d'acide acétique à 0,5 p. 100, dans laquelle on avait ajouté (bien que ce ne fût pas indispensable) L gouttes de bleu de Unna.

Les nombres de réticulocytes par mme. de sang, trouvés par celte méthode, ont été, par le calcul, convertis en pourcentages. Très fréquemment, nous avons fait des numérations de réticulocytes par la coloration vitale pour contrôler les pourcentages obtenus par la mé- Ihode de Fhémolvse acétique. Elles ont toujours été concordantes.

Nous insistons beaucoup sur la nécessité d'opérer les prises de sang, pour le remplissage des pipettes, d'une manière rigoureusement semblable, pour toutes les expériences.

Enfin, nous dirons un mot du lavage des pipeltes. Tous ceux qui ont fait de nombreuses numérations globulaires savent que le lavage, le rinçage, le séchage des pipettes en est la partie la plus longue et la plus fastidieuse. Nous avons construit, dans le but de gagner du temps, un petit appareil qui se compose essentiellement de cinq flacons, lun vide, les autres respectivement remplis d’eau distillée, d'eau acidulée, d'alcool et d'éther, reliés, d’une part par des tubulures à robinet, à une soufflerie, d'autre part, à des tubes de caoutchouc auxquels peuvent s'adapter facilement les pipettes à laver. L'opération complète ne dure pas deux minutes par pipette.

(1) Arch, de l'Institut Pasteur de Tunis, t. XXV, fasc. 5 et 4, 1936.

ll. — Partie expérimentale

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