OBSERVATION XII
(Recueillie dans le service de M. le professeur Gilbert
à l'Hôtel-Dieu.)
Urbain B..., âgé de dix-sept ans, garçon de café, entre le ‘17 mars 1913 à l'Hôtel-Dieu, salleSaint Christophe. IL appartient à une famille de huit enfants dont trois sont morts en bas âge, les autres sont bien portants, et lui-même jusqu’à aujourd’hui n’a jamais été malade.
Pendant les jours qui précédèrent son entrée à l'hôpital, tout en continuant son travail, il se sentait fatigué, mal en train, avait un peu d’essoufilement et ressentait alors une douleur assez vive dans le côté droit. Pas de toux, pas de crachats.
Le samedi 15 mars, la fatigue augmente, son état est fiévreux, il présente un peu de toux, son essoufflement est plus accentué. Il continue néanmoins à travailler.
Le dimanche matin 16 mars, il est obligé de garder le lit. La dyspnée est plus marquée. La douleur est devenue très vive dans toute la région précordiale, particulièrement au niveau du mamelon gauche. Entré dans le service le lundi après-midi 17 mars.
A l'examen, le mardi matin, il présente un facies pâle. Dyspnée vive, continue, respiration rendue difficile par la ‘douleur intense de la région précordiale, Toux rare, sèche, tres douloureuse. L'expectoration est presque nulle. La pal-
pation, la percussion du poumon n'offrent rien d’anormal. À
l’auscultation quelques râles sous-crépitants de la base gauche. Respiration diminuée au sommet. La matité cardiaque est légèrement augmentée. La pointe du cœur bat dans le cinquième espace au-dessous et un peu en dehors du mamelon. Les bruits du cœur: sont sourds et lointains. On entend dans la région précordiale, un peu à gauche du ster-. num des frottements secs, très nets. Le pouls petit, irrégu-. lier, arythmique, bat à 90 pulsations. Température élevée : 4002. Urines rares, troubles, foncées; pas de sucre, un peu ï d'albumine; pas d'œædème ; langue blanchâtre, sèche; pas de dysphagie. Foie gros et douloureux. |
Le mercredi 19 au matin, la température a baissé (on a prescrit un antithermique) ; le pouls est toujours irrégulier, arythmique, battant à 84 pulsations. Le malade est abattu, immobile dans son lit, respirant péniblement d'une respiration courte, superficielle, provoquant toujours une douleur. intense de la région précordiale. Les frotiements péricardiques ont disparu, sauf à la partie supérieure de la région précordiale. À l'auscultation des poumons, râles sous-crépitants de la base gauche : on perçoit un léger souffle.
20 mars. — Le facies du malade est angoissé, légère cyanose, respiration de plus en plus difficile. Température 391. La malité cardiaque n’est pas augmentée; les bruits du cœur sont sourds et lointains, on ne perçoit ni soufile, ni frottement. L'examen des poumons révèle à la percussion de la submatité de la base gauche. A l'auscultation on constate en : avant à gauche quelques râles de bronchite. En arrière, à gauche on perçoit un souflle assez fort dans la région lobaire,
existant aux deux temps de la respiration, entouré de râles
| ant À ds sous-crépitants fins. À la base, le murmure vésiculaire a presque complètement disparu.
L'expectoration est abondante, muco-purulente. C'est ce jour,qu'en découvrant le malade, on remarque au-dessous de l'angle de l'omoplate du côté droit quelques stries rosées. Rien aux-membres, pas d'œdème.
L'état du malade reste à peu près stationnaire les jours suivants. Les signes d'épanchement dans la plèvre gauche apparaissent plus nettement.
L'examen des crachats a fait constater l'absence de bacilles de Koch et de pneumocoques. L'inoculation de la souris a été négative. Pas de pneumonie, pas de poussée bacillaire. On diagnostique une congestion pulmonaire avec hydro "#7 thorax et hydropéricarde. Une ponction pratiquée alors nr donna uve certaine quantité de liquide. L'état général s’amé- ER liore peu à peu.
Le nombre des vergetures . augmente insensiblement.”
Quand le malade quitte l'hôpital le 13 juin, il présente sur le dos à droïte, un quadrilatère formé de vergetures vio- | lacées, s'étendant de haut en bas de l'angle inférieur de l’omoplate jusqu'à la ceinture. Limitées d’un côté par la ligne axillaire, d’un autre par la colonne vertébrale, elles dépassent légèrement celle-ci à la partie inférieure. Elles sont parallèles aux espaces intercostaux. D’autres vergetures se sont manifestées à la région sacrée sans qu'on puisse savoir exactement à quelle date. À la base droite, il en existe quelques-
unes en arrière du grand itrochanter. Elles sont obliques d'avant en arrière et de haut en bas. Il en existe également quelques-unes au-dessus des rotules.
Le côté droit-est manifestement dilaté et la mensuration
pratiquée au-dessous du mamelon donne une différer : centimètres en faveur de ce côté.
Îlest évident que ces vergetures sont le fait de de distension “
nce de
‘exagérée du côté droit distension rendue nécessaire par la
gène fonctionnelle apportée au côté opposé par le douleur et
4 épanchement.
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