‹ Contribution à l'étude du Bacillus Pyocyaneus Erythrogenes GessardChapitre 19 sur 56 · CULTURE SUR GÉLOSE PEPTONÉE DANS LE VIDE · texte numérisé non relu

CULTURE SUR GÉLOSE PEPTONÉE DANS LE VIDE

Des tubes de gélose peptonée inclinés, sont ensemencés dans le vide ou sous pression réduite, puis scellés.

Le corps rouge ne se manifeste pas après plusieurs jours, mais si on brise les pointes des tubes, il apparaît dès le lendemain.

De même, de grandes boîtes de PÉTRI, renfermant de la gélose peptonée, ensemencées sur toute leur surface et inclinées, rougissent quelle que soit l'épaisseur de gélose.

Les parties recouvertes d’eau, c’est-à-dire soustraites à l'oxydation, ne rougissent pas.

Le pouvoir chromogène est très important et Sa disparition enlève un élément précieux de diagnose, sur lequel insistent Tairy et LassEur (1913), car on ne saurait se baser uniquement sur la morphologie et l’étude cytologique qui, dans l’état actuel de nos connaissances, sont des facteurs insuffisants de détermination. La preuve en est dans l'impossibilité d'identifier certains germes ayant, pour une cause quelconque, perdu leur pouvoir chromogène. Celui-ci, moins variable que la forme et la virulence, n’en est que plus précieux.

CHARRIN et ROGER (1887) avaient déjà observé la disparition de la matière colorante avec un bacille trouvé dans l'intestin du lapin, bacille leur semblant identique à celui trouvé par Kocx et HuEPPE. Lorsque la hauteur du liquide de culture dépassait deux centimètres, il n’y avait plus de matière verte.

CHARRIN et ROGER, expérimentant avec le Bacille pyo- Cyanique, avaient observé qu’il donne de la pyocyanine, quelle que soit la hauteur du liquide, à condition: que l’apport d’air soit suffisant. Dans l’air confiné, ils n’obtinrent pas de pyocyanine, pas plus du reste que dans l'oxygène pur qui, comme l'air raréfié, permet la vie microbienne.

WASsERZUG (1887), étudiant également le Bacille pyocyanique, écrit : « C’est fort probablement à l’action plus ou moins profonde de l’oxygène, qu’il faut rapporter en grande partie toutes les causés qui modifient la fonction chromogène. » Il ajoute que « le Bacille est capable de vivre à l'abri de l’air sans donner de matière colorante »,

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3° Milleux peptonés modifiés a) par addition de glycérine; b) par addition de chlorure de sodium.

a) PEPTONE GLYCÉRINÉE. — Composition : eau peptonée, 2 %; glycérine, 5 %.

MAzzE1 (1907), expérimentant en culture glycérinée, avec sept microbes chromogènes, à constaté que la pigmentation pouvait être diminuée, retardée, ou même abolie; au contraire, la glycérine donne, comme nous l’avons déjà observé, des résultats importants dans l’exaltation de la chromogénèse, en ce qui concerne le Bacille pyocyanique.

Examinons l’aspect d’une culture de L sur peptone glvcérinée, comparativement avec une culture sur peptone simple.

Au bout de deux jours, on semble observer une pigmentation, moins intense en peptone glycérinée, qu'en peptone simple. Mais après sept jours, la glycérine exalte la coloration verte et la limpidité; on ne remarque pas la moindre coloration rouge, déjà visible, par contre, en milieu non glycériné. Au bout de neuf jours, la peptone glycérinée est vert intense, la peptone simple plus ou moins rouge brun, et cette différence ne fait que s’accentuer.

Pigmentation. — 11 y a beaucoup plus de pyocyanine en peptone glycérinée qu’en peptone simple.

CONCLUSION. — La glycérine exagère tellement la production de la pyocyanine, que celle-ci masque le corps rouge, et donne à la culture une coloration vert intense En même temps, la glycérine accroît la limpidité,

& se comporte comme L, mais en sécrétant moins de pyocyanine et de pigment rouge.

b) PEPTONE SALÉE. — Composition : peptone, 2 gr.; NaCI, 6-7 gr.; eau, 100 gr.

SPERLICH (1912) constate l'influence du chlorure de sodium dans l'augmentation des productions pigmentaires. Il signale notamment que les sécrétions de très nombreuses bactéries à pigments rouges (ex. Sarcina lutea), sont favorisées par addition de chlorure de sodium au milieu cultural.

Cultivant L sur peptone salée, j'obtiens un développement microbien caractérisé par un trouble intense. La culture présente une teinte grisâtre, exempte de tout pigment, ce qui confirme du reste les observations que Was- SERZUG avait faites en 1887. Mais cette culture achromogène donne lieu à un phénomène curieux, analogue à celui observé par SPERLICH.

Les germes ayant vécu et s'étant développés en milieu salin, transportés ensuite sur milieux peptonés normaux, possèdent un pouvoir érythrogène très accru. C’est ainsi que des germes étant demeurés pendant un mois en peptone salée, passés ou 1° sur gélose peptonée en plaques et en tubes inelinés, donnent des colonies d’un rouge vif particulièrement intense, qui repiquées sur gélose peptonée, donnent à nouveau la coloration rouge carmin, ou 2° sur eau peptonée, fournissent des cultures dont le pouvoir érythrogène est augmenté,

Par passages successifs des Bacilles sur ces milieux normaux, on observe ensuite une atténuation dans la production du pigment rouge,

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