‹ Contribution à l'étude du Bacillus Pyocyaneus Erythrogenes GessardChapitre 23 sur 56 · RAT · texte numérisé non relu

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2° Que « tous les articles d’une culture du microbe du pus bleu, ne sont pas également aptes à reproduire la matière colorante, ces différences individuelles s’accentuant au fur et à mesure que le milieu subit lui-même des modifications plus profondes ».

L’auteur, résumant ensuite la théorie qui ressortait de son expérimentation, écrit : « Toutes les cellules d’une même masse de levure n’ont pas le même pouvoir ferment, tous les bacilles ou toutes les spores d’une même culture .de bactéridie charbonneuse ne sont pas également pathogènes. »

Il a même donné le procédé d’homogénéisation d’une culture, une culture homogène étant celle où « tous les éléments possèdent les mêmes caractères taxonomiques ». Enfin, comme la culture originelle renferme déjà des cellules incapables de former la matière colorante, le même savant à montré le risque qu’il y avait d'attribuer à la seule influence de l’agent ce qui est peut-être dû uniquement à la qualité et à l’état physiologiques de la semence ‘employée.

Ce problème des propriétés de la semence, que je viens d'aborder, a été étudié par de nombreux auteurs.

Vieillissement des Cultures et Éducation de la Semence

DucLaux (1898) montre que l'identité des semences ne suffit pas pour obtenir l'identité des colonies et que l’hétérogénéité des cultures dépend de plusieurs facteurs.

dont les deux principaux sont la composition du milieu et les conditions extérieures (température, oxydation, etc.). Autrement dit, une culture vieille diffère d’une culture jeune, dans la composition de ses éléments cellulaires, d’où l'existence de types différents de cellules. Il rappelle les travaux de SCHOTTELIUS, avec M. prodigiosus (qui donne une teinte pourpre sur cultures en surface, teinte qu’on exalte par passages successifs), de GRÜBER et FirTscn (B. proteus d'HAUSER et le Spirille de FINCK- LER-PRIOR), de SAN-FELICE (avec une foule d’autres bactéries). 1

DucLaux conclut, avec ses devanciers, que des colonies venant d’une même semence, présentent une variabilité plus ou moins marquée, quand la semence vieillit dans les milieux de culture. Donc, l’origine de la semence et l’âge de la culture sont des facteurs de premier ordre.

PASTEUR" (1876), A. FITZ (1876-1882), PERDRIX (1891), GRIMBERT (1893), à partir de semences différentes, avaient déjà obtenu des cultures de caractères variables.

En ce qui concerne les chromogènes, LAssEUR (1941) montre l'importance de l’âge de la culture et de l'éducation de la semence dans la production de la chlororaphine. Il fait voir que des passages appropriés exaltent ou atténuent différentes fonctions d’une semence donnée.

Dans un autre travail (1913), dont les expériences portent sur B. chororaphis, pyocyaneus, ceruleus, cyanofluorescens, syncyanus, Le Monnieri, mesentericus, sublilis, megatherium, l'auteur estime que par passages sur milieux solides et synthétiques, en sélectionnant les colonies les plus colorées, on arrive au maximum de coloration. Enfin, il définit une culture homogène, au point de

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vue de la pigmentation, en disant que « toutes les cellules y possèdent la propriété de produire un corps coloré dans un milieu donné », et que « les influences cellulaires individuelles n’apportent à la marche générale que des modifications secondaires ».

J’ai voulu profiter des propriétés physiologiques spé- Ciales des différentes cellules d’une même culture, et sélectionner des types particuliers, remarquables par leur pouvoir chromogène.

C’est ainsi que je me suis proposé la résolution de deux problèmes :

Le premier consistait à enlever au microbe érythrogène,

sa fonction propre, qui est de sécréter le corps rouge. Le microbe donnerait aïinsi d’emblée la pyocyanine sans mélange de pigment rouge.

Le second consistait à supprimer la fonction pyocyanogène du microbe érythrogène, c’est-à-dire la sécrétion de-la pyocyanine sur les milieux favorables à sa production. Le microbe donnerait ainsi d’emblée le corps rouge sans mélange de pyocyanine.

Je dois dire que je ne suis arrivé à supprimer complètement, ni le pigment rouge, ni la pyocyanine. Du reste, cette suppression complète d’un pigment est-elle vraiment réalisable ?

GESSARD, à qui je fis part de mes recherches, me dit qu'il y aurait un grand intérêt à faire disparaître, dans la variété érythrogène, toute sécrétion de pyocyanine, mais qu’il fallait toutefois produire de quelque manière cette pyocyanine, par exemple sur son milieu réactif : gélose-peptone-glycérine, pour diagnostiquer à coup sûr l'espèce pyocyanique.

Je vais résumer mes recherches, bien que les problèmes n'aient pas été résolus comme je l’aurais désiré, mais elles m’avaient dès lors ouvert une voie féconde, qui devait aboutir à l’obtention de types originaux intéressants.

Essal de suppression de la fonction érythrogène

J'ai ensemencé en tubes, avec le microbe érythrogène, de l’eau peptonée neutralisée à 2 %. Le verdissement est apparu au bout de un à trois jours. Sans attendre le rougissement (cinquième ou sixième jour), j’ai ensemencé un deuxième tube avec le premier, processus que j'ai répété vingt-huit fois.

J'ai toujours observé le rosissement, consécutif au verdissement : je ne suis donc pas parvenu à éliminer le pigment rouge.

Essal de suppression de la fonction pyocyanogène, en milleux peptonés

4° SUR EAU PEPTONÉE A 2 %

J'ai considéré une culture sur eau peptonée à 2 %, qui a rougi après cinq ou six jours, et dont le rougissement a atteint son maximum vers le quinzième four. À ce moment j'ai réensemencé de l’eau peptonée avec cette culture, et j'ai opéré ainsi treize passages : j’ai toujours observé le verdissement préliminaire et la persistance de la pyocyanine, qui se révèle par sa solubilité dans le chloroforme.

2° SUR GÉLOSE PEPTONÉE

J'ai pris des germes provenant d’une culture rouge sur eau peptonée, âgée de dix-huit jours, que j’ai passés Sur

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gélose peptonée en boîtes de PÉTRI. J’ai émulsionné une colonie rouge après quatre ou cinq jours et l’ai passée de nouveau sur boîtes. J’ai effectué ainsi vingt passages consécutifs.

La fonction érythrogène a été sensiblement atténuée, et au lieu de la coloration rouge carmin initiale, je n’ai plus observé qu’une teinte rose faible. La quantité de pyocyanine a diminué parallèlement à la quantité de corps rouge, mais est restée constamment présente.

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