‹ Contribution à l'étude du Bacillus Pyocyaneus Erythrogenes GessardChapitre 43 sur 56 · CHLORURE DE SODIUM EN SOLUTION PEPTONÉE · texte numérisé non relu

CHLORURE DE SODIUM EN SOLUTION PEPTONÉE

Dans une expérience préliminaire, le milieu ensemencé, contenant 5 % et moins de sel, renferme encore des germes vivants après cinquante-trois jours, tandis qu'avec 4Q % et plus de sel, la mort survient rapidement. Je limite ainsi entre 5 et 10 % de chlorure de sodium, le champ des recherches ultérieures. |

Dans une deuxième expérience, portant sur la peptone salée ensemencée, je constate qu’une solution peptonée à 6 % de sel, quarante jours après l’ensemencement, renferme des germes vivants. Une solution à 7 %, au bout de vingt-six jours, n'est pas stérile, mais au bout de vingtneuf jours le devient. À 8 et 9 %, après vingt-quatre heures, il y à encore des germes vivants, mais, après quarante-huit heures, ils ont disparu.

Observation. — J'observe un développement microbien

pour une culture à 6 %, et qui ne se révèle plus pour une concentration à 7 %.

CONCLUSION. — Le point osmotique ou concentrationlimite de végétation est done 6 %. La concentration à 7 %

tue seulement les germes à la longue; celle à 8 % est rapidement toxique.

D’après MiquEeL (1883, 1884), la dose infertilisante, c’est-à-dire celle qui ne donne pas de développement en milieu toxique après dix jours, est 7 %, et la dose toxique qui tue tous les germes en dix jours, est 8 %.

Pour vérifier les résultats précédents, je conduis ces mêmes expériences à plusieurs reprises.

À 6 %, j'observe toujours le développement.

À 7 %, après quatre jours, je constate, dans deux cas, que toutes les bactéries sont mortes, mais dans quatre cas, qu’elles ne le sont pas. Pour ces derniers, deux fois, le développement s'effectue en milieu toxique, deux autres il n'y a pas de développement, mais il Y a encore des germes vivants après trente jours, sans multiplication apparente.

À 8 %, sur onze cas, j'obtiens une fois le développement dans le milieu salin lui-même, alors que dix fois, la mort survient dans des temps variables (de un à quatre jours et plus).

À 9 %, après quarante-huit heures, alors que dans un cas la mort se produit, après trois jours, dans un autre cas, il reste des germes vivants.

Enfin, même à 10 %, alors qu'après vingt-quatre heures, la vie persiste toujours, après soixante-douze heures, la mort frappe tous les bacilles.

On voit ainsi, d’après le peu de constance de ces observations, combien il est difficile de fixer la dose toxique

limite, pour une substance et tune espèce bactérienne déterminées.

Je dois dire que dans les expériences qui précèdent, le nombre des germes ensemencés varie pour chaque série et dans chaque cas, de sorte que je suis amené à pressentir l'importance qu’il faut attacher à la quantité de semence.

Dans les essais qui suivent, je NUMÈRE LA SEMENCE, la numération seule permettant de résoudre le problème avec exactitude.

Les germes ensemencés proviennent d’une culture en bouillon peptoné, âgée de vingt-quatre heures, de Bacille pyocyanique érythrogène. J’ensemence de la gélose peptonée en tube incliné; au bout de vingt-quatre heures, je prépare dans l’eau distillée une émulsion, que je centrifuge longuement. Je numère cette émulsion, en la diluant pour la rendre moins riche, et en ensemençant avec un volume bien déterminé de cette dilution, de la gélose peptonée en boîtes de PÉTRI. Au bout de quatre jours, la numération des colonies me permet de connaître le nombre de germes de l’émulsion mère, car pour la facilité de l’exposition, j’admets qu’une seule colonie sur gélose provient d’une seule et même cellule microbienne.

Ensuite, j’ensemence de l’eau peptonée neutralisée à 2 %, renfermant des quantités variables de chlorure de sodium. Je me sers toujours d'une pipette graduée, permettant seule de prendre des quantités nettement déterminées d’émulsion microbienne, le procédé de la spirale de platine étant d'une imprécision vraiment trop grande.

Enfin, je fais toujours des solutions aqueuses d’antiseptique, l’eau étant le dissolvant tout indiqué pour le chlorure de sodium. De plus, l'eau seule est le dissolvant

‘idéal pour les antiseptiques, tout autre (un dissolvant

PQ

alcoolique, par exemple) étant susceptible de joindre ses propriétés bactéricides à celles de l’antiseptique considéré, ce qui fausse les résultats de l'expérience.

Le milieu antiseptique ensemencé est mis ensuite à l’étuve à 37°.

Deux cas sont à considérer : 1° le développement; 2° le non développement en milieu antiseptique.

Dans le second cas, par passages à intervalles réguliers de la culture sur eau peptonée neutralisée à 2 % {milieu normal), j’établis dans quelles conditions la culture antiseptique est stérile ou non. Au milieu normal, S’adjoint bien avec les germes morts ou vivants, une cer- taine quantité d’antiseptique, mais cette quantité extrêmement faible ne peut qu’agir favorablement sur la multiplication des germes vivants réensemencés.

Voici les résultats de l’étude de deux séries, qui varient par les concentrations salines et le nombre de germes :

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