‹ Contribution à l'Étude du Calophyllum Inophyllum LChapitre 20 sur 24 · FAST · texte numérisé non relu

FAST

Sante. Cette lésion, non seulement ne se referme pas, mais encore tend à s’agrandir. Les bords de la plaie forment un bourrelet qui s’indure. Ce sont en général,

des affections staphylococciques et streptococciques.

Parfois, sous l’action d’un traitement, la plaie tend à se refermer, et arrive au seuil de la guérison, puis s'ouvre de nouveau. Les soins sont difficiles, et ces plaies peuvent durer plusieurs mois et même plusieurs années. Elles peuvent affecter sérieusement le moral du patient. Lorsque ces plaies s’atténuent et disparaissent, elles laissent une cicatrice très apparente.

Les médications continues, variées ou alternées, donnent en général des résultats imprécis. Seules, les poudres sulfamidées ont une action plus rapide, et jouissent de la faveur du malade. Cependant, elles mènent assez souvent à des échecs.

Nous avons essayé l'huile, à l’état brut, et seule : les résultats ont été probants, et les plaies ont été conduites vers une cicatrisation complète en trois semaines environ. Il était, néanmoins, nécessaire de répéter l’application d'huile plusieurs fois par jour, d’où inconvénient, lors des traitements massifs appliqués aux travailleurs des Plantations d'Hevéas, qui travaillent habituellement pieds nus, et dans des régions boisées.

Devant ces résultats encourageants et pour éviter la fréquence des traitements, nous avons naturellement pensé à la forme pharmaceutique la plus courante, et préparé une pommade à base d’huile et de lanovaseline.

Pendant la guerre, devant le manque d’approvisionnement et l’amenuisement du stock de vaseline et

de lanoline, nous avons dû préparer une pommade à la formule suivante, pour 100 grammes :

Huile de Calophyllum ...... 0er (EE TR CL A ER RE en EE 14 »

STÉALINE MO NN EU NO run 6%»

Flüile d'arachides Su 10 »

100 gr.

En 1943, dans une plantation d'Hévéas de la région de CHONTHANH (Cochinchine), 10 à 25 % de

la main-d'œuvre était devenue inutilisable, étant atteinte de plaies ulcéreuses.

Ces plaies étaient devenues presque épidémiques : très étendues, atteignant les membres supérieurs, le haut du corps, le visage même, avec une forte tendance à s’élargir. Elles provoquaient chez les patients un fort découragement. Plusieurs cas de suicide cnt été enregistrés.

Les premiers traitements avaient été faits avec les poudres et les ppmmades sulfamidés. Ce traitement ne réussit pas à enrayer les progrès de l'affection. Par la suite, des traitements plus étendus ont été essayés, sans succès très apparents : lavages généraux, à la liqueur de Dakin, à l’eau permanganatée, etc.

Nous avons tenté des applications de pommade à l'huile de Calophyllum ; application à l'air sur les plaies à petite surface, application recouverte de gaze et pansement pour des plaies très étendues.

Ces applications étaient faites pour 2 ou 3 jours et renouvelées régulièrement pendant une quinzaine de Jours.

y rt ae

Nous avons constaté une réduction considérable des plaies de largè étendue. Il semble bien, dans ce cas, que l'huile se soit montrée un stimulant puissant des processus de cicatrisation. La circulation sanguine au niveau des plaies atones semblait plus active.

Quant aux petites plaies, l’Erythème, l'Eczéma qui les accompagnent presque toujours, avaient complètement disparu.

Ces malades ont, à une grande majorité, constaté un réel apaisement.

Nous avons continué le traitement en présence du médecin de la plantation, et avons laissé la pommade en contact une huitaine de jours, sans renouveler le pansement.

Les résultats ont été spectaculaires, et près de soixante pour cent des sujets traités, ont obtenu une cicatrisation ferme de leurs plaies.

Une semaine plus tard, ces cicatrisations s’étaient encore affermies, et les malades avaient pu reprendre leur travail.

Près de 400 cas ont été traités dans cette expérimentation. Par la suite, le traitement a été appliqué systématiquement, les plaies ulcéreuses existant à l’état endémique, et les résultats ont été aussi favorables.

La pénétration de l’huile dans les tissus ne semble pas indispensable tout au moins profondément. Les deux formules de ppmmades employées, l’une à base de lanovaseline et l’autre à base du mélange cire-stéarine, ont donné les mêmes résultats.

La préparation de la pommade étant des plus simples, nous pensons plus utile de donner ci-dessous le

Hoi

prix de revient de l’huile de Calophyllum. Il faut remarquer que le traitement est artisanal, ce qui explique le rendement assez pauvre en huile.

Il conviendrait, d'autre part, d’appliquer à ces prix, qui ont été établis en 1943, le coefficient 10, pour avoir le prix de revient en 1948.

HUILE DE CALOPHYLLIUM

Les 100 kg. de noix coûtent, rendus usine : 17$00.

100 kg. de noix donnent, après décorticage :

40 kg. d'amandes.

40 kg. : 17500.

600 kg. de noix de « Muù » donnent 240 kg.

d'amandes.

Après 5 passages aux presses et filtrage, on obtient : 76 kg. 800 d'huile pure soit : rendement 32 %, donnant un prix brut de revient par kg. de 1533

Page 1