‹ Contribution à l'étude du cancer du pancreasChapitre 5 sur 11 · NOMS ANNÉES · texte numérisé non relu

NOMS ANNÉES

Lhostalais 1880.

En 1880, succomba Lhostalais, cancer d’estomac.

En 1884, trois ans plus tard ce fut Guénet. Cancer d’estomac classique. A signaler l’abondance des vomissements et ce détail, que les matières vomies étaient toujours et naturellement répandues sur le fumier, sur l’herbe.

L’année suivante, dans la seule année 1885 et dans le même village de la vallée Noire, moururent successivement Maugard, Guettier et Boulley, celui-ci d’un sarcome de cou, les deux autres de cancer d’estomac.

Cette série, qui fut le point de départ de ce travail, évolua en 22 mois.

Enfin, Poplu est mort en 1887, au lieu même où était mort Lhostalais, le premier, leurs maisons, en effet, sont contiguës et la mare est commune.

On voit parle schéma que la maison de Guénet, à mi-côte, est située directement au-dessous de Lhostalais

et directement au-dessus des maisons des trois autres cancéreux de la vallée Noire, sises tout à fait dans le bas et à peu près sur un même plan. Il faut ajouter que toutes les recherches touchant l’hérédité ont été négatives pour tous les malades ; deux étaient cousins issus de germains. L’influence de l’alcoolisme a été également nulle ; deux à peine avaient fait quelque excès ; les autres, soit vertu, soit parcimonie, étaient des modèles de sobriété. Tous étaient originaires du pays ou s’v étaient fixés depuis longtemps.

Pareille accumulation de cancéreux sur un espace si réduit, car il s’agit d’un carré irrégulier de 300 mètres de côté à peine, alors que ni le genre de vie, ni l’hérédité n’expliquaient rien, devait faire songer à une cause commune et locale de la maladie.

De plus, on est encore entraîné à une autre conclusion en considérant le fait si net, que les décès se sont succédé, étayés dans l’ordre des habitations. Le cancer a procédé, én effet, avec régularité, de haut en bas, en suivant la pente ; en un mot, il a marché comme Veau.

La progression du mal, dans le sens de l’eau, a conduit le Dr Arnaudet, à accuser celle-ci d’avoir servi de véhicule, à un germe morbide dont elle aurait été le moyen de transport.

Enfin, d’après l’auteur de cette intéressante étude, le siège du cancer chez tous les sujets, cinq fois le cancer d’estomac sur six cancéreux, plaiderait encore fortement en faveur de la contagion, et il est rationnel d’incriminer les ingesta. Même le sarcome du cou pourrait reconnaître la même origine ; ne suffirait-il pas en effet d’une

simple éraillure buccale pour ouvrir au germe morbide la voie lymphatique et l’accès des ganglions.

Ainsi le cancer pourrait être infectieux et transmissible et l’eau lui servir de véhicule.

Tel est actuellement l’état de la question. Assurément d’autres matériaux sont nécessaires pour fixer définitivement les idées. Le champ est largement ouvert aux observations et aux expériences et l’avenir seul donnera la solution de cet intéressant problème ; mais sans s’avancer à la légère dans une question aussi délicate, ne peut-on raisonnablement prévoir le jour, peut-être prochain, où, de même que la tuberculose, le cancer tombera du rang de diathèse à celui de simple maladie locale et de cause externe.

Fréquence. — Tous les auteurs admettent que, de toutes les affections du pancréas, le cancer est la plus fréquente ; toutefois cette localisation de la diathèse cancéreuse est relativement rare par elle-même, c’est ainsi que sur 918 autopsies de cancéreux, Fauchon ne l’a notée que deux fois. Madré (1) a relevé dans le bulletin de la Société anatomique, de 1826 jusqu’à 1860, les cas dans lesquels il a trouvé des cancers du pancréas, de la vésicule et des canaux biliaires, du foie et du duodénum. Il a pu ainsi dresser le tableau suivant :

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