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n'a plus uriné de sang et croit même n'avoir plus uriné depuis la veille,
La visite est à peine achevée qu'il rend le dernier soupir. D'après ce qui vient d’être relaté, on croyait avoir affaire à une néphrite calculeuse, mais l'autopsie vient montrer l'erreur.
Les reins sont tout à fait sains.
Quantaux uretères et aux bassinets,ils sont tellement distendus par l'urine qu’ils ont acquis plus de volume que l'intestin grêle.
Le petit bassin est rempli en grande partie par la vessie. Cet organe présente une surface mamelonnée à sa partie supérieure et postérieure; son volume est sensiblement augmenté,son poids l'est beaucoup.
En ouvrant sa cavité sur la ligne médiane, on voit sortir une ou deux cuillerées d'un liquide épais, purulent et de couleur lie de vin ; on trouve en même temps un caillot noirâtre, et audessous des fongosités qui paraissent appartenir surtout à la face postérieure de ce viscère; sa cavité est extrêmement petite, el l'augmentation de volume dépend de la grande épaisseur des parois,qui ont au moins un pouce el demi en arrière, {tandis qu'en avant et en haut elles n'ont que l'épaisseur naturelle.
Un appendice squirreux et sillonné comme la surface d'un chou-fleur part de la partie latérale et supérieure gauche, et va s'appuyer sur l'anneau inguinal de ce côté; enfin une autre masse cancéreuse, plus grosse que le poing, est réunie à la partie latérale droite de la vessie, par le péritoine en arrière, par une portion de l'obturateur interne en avant. Cette masse dure. inégale, bosselée, Lend à sortir par la grande échancrure sciatique, et comprime tellement le grand nerf sciatique qu'il en est comme aplati.
Elle se porte en outre sous les muscles psoas et iliaque, quelle refoule en dehors.
£nfin une autre portion de cette tumeur cancéreuse appuie sur la symphyse sacro-iliaque droite et remonte un peu le long de la colonne.
La paroi recto-vésicale est Lout à fait saine; la prostate et les vésicules le sont écalement,
OBSERVATION IT (Giviale ! ).
Un malade de quarante-quatre ans, qui depuis très longtemps éprouvait du trouble dans les fonctions de la vessie,se fit admettre à l'hôpital Necker.
Je m'assurai qu'il avait une pierre volumineuse et que sa vessie était racornie. Cependant cette dernière faisait saillie à lhypogastre; mais comme la tumeur était peu considérable et stationnaire, on crut qu’elle tenait à l’épaississement des parois de la poche urinaire.
La lithotritie étant impraticable, le malade subit l'opération de la taille, à laquelle il succomba.
A l’autopsie, on trouve, entre autres lésions, des calculs et de petits abcès dans les reins ; la face postérieure de la vessie présentait une énorme tumeur carcinomateuse et ulcérée, qui occu-
pait une partie dé l’excavation pelvienne et déjetait le rectum à
droite.
1 Civiale. Trarlés des affections calculeuses (1838) page 329.
OBSERVATION II (Civiale { )
Un homme âgé d'une cinquantaine d'années, eut, à la suite de la gonorrhée, des difficultés d'uriner, qu'on attribua d’abord à un rétrécissement urétral ; mais, plus tard on reconnut que le canal était libre.
Divers moyens, entre autres des diurétiques, furent mis en usage sans succès. Il y avait des douleurs au fondement : l’urine était fétide et sanguinolente; il survint une rétention d'urine, et l’on eut beaucoup de peine à introduire la sonde, qui donna lieu à un écoulement de sang.
L'évacuation de la vessie soulagea peu et les douleurs augmentèrent: on crut à des hémorroïdes, que l'on combattit par des sangsues à l'anus, mais sans obtenir aucun résultat. La présence de la sonde était pénible.
Il se déclara de la fièvre, du ténesme et des mouvements convulsifs dans les jambes.
On sentait la vessie s'élever au-dessus du pubis, mais les hémorroïdes ne permettaient pas d'explorer le rectum.
Le malade mourut dans le délire, après avoir été trois jours sans uriner,
La tumeur de la région hypogastrique, qui s'élevait jusqu'à l'ombilic, était formée par la vessie.
Celle-ci contenait des caillots de sang, réunis en une masse du volume des deux poings.
Au côté gauche de la base du trigone était une tumeur carci-
nomateuse, de la forme et du volume d'une grosse pomme, dure
! Civiale, Maladies des organes qénito-urinaires, livre IL. page 85.