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CHAPITRE V

ADÉNOPATHIE ILIAQUE CONSTATÉE A L’AUTOPSIE AU COURS DE CANCERS VÉSICAUX

« S1 on rencontre si rarement en chnique l’engorgement des ganglions 1liaques, dit M. Albarran', c’est à tort. Cette adénopathie est plus fréquente qu'on ne le croit, seulement on ne s'est pas donné assez de peine pour la rechercher, car, pour mon compte, je l’ai presque loujours rencontrée. Il est vrai que les ganglions sont peu développés, qu'ils sont cachés etcomme perdus au milieu du tissu cellulaire entourant les vaisseaux hypogastriques et iliaques, et qu'ils peuvent passer inaperçus à un examen superficiel. Au début?, l'adénopathie ne se révèle, en effet, par aucun signe particulier, mais à une période plus avancée elle se traduit par des symptônes en rapport avec laugmentation de volume des ganglions.

Ce sont tout d’abord des troubles fonctionnels très marqués. Les ganglions peuvent, en effet, comprimer contre un plan osseux, colonne, bassin, les vaisseaux le

long desquels 1ls sont situés, et la compression des

! Albarran, loc. cit, p. 61.

? Soupault et Labbé, loc. cit., p. 153, février 1900.

veines en particulier amène un symptôme de grande valeur, à savoir l'œdème. Ils’étend à tout un membre inférieur, sans que rien le distingue des autres œdèmes par compression.

MM. Voillemier et Le Dentu!, Féré? en ont cité de beaux exemples, et nous-même, dans notre thèse, citons deux observations de cancerlatentde MM. Brault? et de Gennes et Griffon *, dans lesquelles l’œdème des membres inférieurs est signalé.

S'il existe une masse volumineuse le long de l’iliaque interne, on pourra de.mème assister à l'apparition de douleurs dans la zone du sciatique, douleurs correspondant à la compression des racines de ce nerf. Comme e dit Faure” dans une revue très intéressante : « Ces douleurs irradiées le long des membres sont la marque certaine d'une infiltration ganglionnaire de trop faible importance pour qu il soit possible de la constater par l'exploration la plus attentive. » Notre première observation® de cancer latent est un exemple de ces douleurs sciatiques au cours d’un néoplasme de la vessie. On peut encore citer les cas de MM. Lebert”, Crous y Casellas $, Féré, etc.

1 Voillemier et Le Dentu., Traité des mal. des voies urin., 1881, II, p. 410.

2nFéré, locrct., p.190.

3 Brault, obs. AVI IDE:

4 De Gennes et Griffon, obs. XIX, p. 92.

5 Faure, Gaz. heh. de méd. et de chir., 16 février 1895,p. 77. 6 Bergeon, loccit., obs. I, p: 37.

1 Lebert, Traité des lumeurs, II. p. 366.

8 Crous y Casellas, Aevista de Ciencias medicas, Barcelone

La recherche des signes physiques des adénopathies profondes est des plus délicates. des plus incertaines. La percussion, la palpation hypogastrique associée ou non au toucher rectal ou vaginal, peuvent bien faire soupçonner l'existence d’adénopathies iliaques, mais on ne saurail être trop sceptique et faire assez de réserves à ce point de vue.

C'est sans doute cette difficulté à trouver cliniquement les ganglions, qui fait que le nombre de nos observations (douze environ) où 1ls sont relatés, est relativement peu élevé par rapport à celui où on les à découverts à l’amphithéâtre.

Nous en relatons, en effet, vingt et un cas, soit près

du double.

TABLEAU

Des observations de cancérs vésicaux

où des ganglions iliaques ont été trouvés

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