EXTIRPATION DE LA PAROTIDE
Au mois de juin est entrée Eulalie Colin, âgée de 30 ans, couturière, constitution lymphatique. Elle est mariée depuis onze ans,
six enfants, quatre nourris par elle; la santé a beaucoup souffert de toutes ces couches, elle n’a jamais été bien portante depuis.
Il y a deux ans que, sans cause appréciable, la glande parotide du côté droit a commencé à se gonfler. Le gonflement est allé peu à peu en augmentant, sans causer de douleurs, jusqu’à la fin de la première année.
Au bout de ce temps, des douleurs ayant le caractère de celles qui accompagnent les engorgements squirrheux et cancéreux se sont manifestées. La malade les compare à de violentes piqûres d'épingles. Au commencement de la deuxième année, la paralysie du nerf facial a eu lieu, par suite du gonflement et de la dureté de la glande, qui exerce une compression directe sur le tronc de la septième paire de nerfs. 11 est probable que ce nerf ne participe pas à l'état squirrheux de la glande, car on sait très bien que les nerfs résistent pendant longtemps à la dégénérescence cancéreuse.
La maladie a marché avec lenteur, puisque la tumeur n’a pas plus de deux fois et demi environ le volume de la glande normale. Du reste, elle est presque complètement immobile.
Extirpation. — Mort au vingtième jour de péritonite. L’autopsie mentionne que le travail de cicatrisation de la plaie était arrêté. Une très petite portion de la parotide avait échappé à l’opérateur.
OBSERVATION SUR LA LIMITE DU CANCER ET DES TUMEURS TRANSFORMÉES, PENCHANT PLUTÔT DE CE CÔTÉ