ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'APOCODÉINE
Lorsqu'on injecte sous la peau d’un animal (chien, lapin ou cobaye) une solution concentrée de chlorhydrate d'apocodéine, on voit, bientôt après l'injection, l'animal se coucher sur le ventre, en se frottant les flancs contre la salle d'opération, comme en proie à de violentes coliques; il laisse échapper des. borborygmes et des selles liquides ; en même temps qu’une salive abondante s'écoule de sa bouche. Mais quelque temps après, ces phénomènes: d’excitation s’atténuent ‘pour faire place à un sommeil paisible. Enfin, lorsque le médicament'est complètement éliminé, l'animal, sortant de son sommeil, Se relève sans paraître nullement incommodé par la “pee CR qu FL vient de subir sf sert APE ti ei
Il nous a paru intéressant d'étudier successivement son action sur chacun des appareils. Cela nous per-
mettra d'expliquer plus tard son rôle en thérapeutique.
Action sur l’appareil circulatoire.
Nous nous inspirerons dans cette étude des travaux de M. Guinard, qui s’est occupé avec un‘soin tout particulier de cette question. Du reste, notre expérience ne nous aurait pas permis de nous servir d’'instruments aussi compliqués que ceux dont a usé cet expérimentateur.
M. Guinard a bien voulu nous communiquer les tracés qu’il a obtenus.
A. Sur le cœur.
L’apocodéine accélère d’abord les mouvements du cœur, mais les ralentit ensuite.
L'expérience en fut faite sur un chien de petite taille, pesant 21 kilos. Avant toute médication, le chiffre des pulsations était de 84 par minute. Aussitôt après une injection hypodermique de 0 gr. 65 centigrammes, les battements du cœur s’accélèrent et atteignent bientôt le chiffre de 186. Cette accélération ne dure que trois ou quatre minutes. Très rapidement, le ralentissement se produit, et, 8 à 10 minutes après l'injection, le cœur est considérablement ralenti, ne donnant plus que 48 pulsations par minute. En examinant les tracés r'et 1, pris au moyen du cardiographe de Laulanié, on peut voir de plus, que si le cœur est ralenti il n’est modifié ni dans sa force, ni dans son jeu, ni dans son rythme ; les irrégularités que présente normalement le cœur du chien, se retrouvent par moments et sem-
blent même en moins grand nombre. Mais il n’y a ni arythmie, ni intermittence.
Fre.
(Réduction, 7/12 de grandeur.)
tissement progressif. — D, ralentissement du cœur pendant le sommeil de l’'apo-
de l’apocodéine. — N, état normal. — À, accélération primitive. — B, C, ralencodéine. — $, secondes.
Série de courbes cardiographiques détachées aux différentes phases de l'action
SE
MÉCANISME DE CETTE ACTION CARDIAQUE. — Quelle est l'origine de cette action modératrice sur le cœur? Il faut admettre qu’elle est d’origine centrale. Et on peut le prouver expérimentalement en sectionnant sur un chien apocodéique, dont le cœur est ralenti, d’abord le vague gauche, puis le vague droit,
Tete
Sur un chien ayant reçu une injection hypodermique de ,0 gr. 30 centigrammes par kilogramme, le cœur
— De B en p, effet de la section