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INTRODUCTION

Le traumatisme qui, au point de vue de la pathologie générale, est essentiellement différent des états morbides par son caractère local, s’accompagne en réalité d’un bouleversement général plus ou moins marqué de l'organisme. Une lésion traumatique, si minime qu’elle soit, retentit sur l’ensemble de l’organisme par l'intermédiaire d’un double mécanisme nerveux et humoral.

Les phénomènes généraux consécutifs aux traumatismes importants ont été notés par les médecins depuis très longtemps. On en trouve des descriptions chez les médecins de l’Antiquité, chez Ambroise Paré, etc. L’appellation de choc date de 1826, époque à laquelle Travers a donné ce nom à un ensemble d'accidents observés après les grands traumatismes et se traduisant par une dépression intense de toutes les fonctions du système nerveux, survenant brusquement et amenant souvent la mort.

Jusqu'à l’avènement de la chirurgie moderne, les

chocs traumatiques avaient en réalité une importance secondaire. Les moyens chirurgicaux s’avéraient souvent insuffisants pour réparer les lésions locales et dans les cas de survie prolongée, c’est l'infection qui dominait le tableau clinique et le pronostic.

Il n’en est plus de même actuellement. Les blessés même très graves, soignés à temps, peuvent bénéficier d’un traitement chirurgical et l'asepsie ou l’antisepsie peuvent empêcher l'infection. Dans ces conditions, on peut voir survenir le choc à l’état presque pur.

Il est en effet indispensable, bien qu’en clinique l'intrication soit la règle, d’envisager le choc en dehors de l’hémorragie et de l'infection.

Jusqu’à la Grande Guerre de 1914-1918, le choc traumatique était surtout étudié par les physiologistes. C’est à la suite de la multitude de blessures graves observées pendant la guerre que l’importance pratique de l’étude du choc apparut. Un nombre considérable de travaux dus à des chirurgiens et à des physiologistes a éclairé les principaux points du problème, sans cependant arriver à un résultat définitif. Depuis 1920, l'intérêt est considérablement ralenti, mais quelques travaux expérimentaux ont précisé certains points.

Nous nous sommes intéressés au problème du choc

traumatique pendant notre séjour à l'Hôpital du Mans où nous avons eu l’occasion d'étudier en détail quelques blessés graves chez lesquels le choc s'était

manifesté sous une forme aussi pure que possible.

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