‹ Contribution à l'étude du diagnostic de la grossesse en médecine légale par les méthodes biologiquesChapitre 19 sur 21 · OUT · texte numérisé non relu

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En suivant la technique employée par BRouHA, HINGLAIS et SIMONNET, on obtiendra les mêmes résultats que nous-même. Nous voulons surtout tirer de cette série d'expériences le fait que la réaction n’est pas réservée aux hommes de laboratoire, qu’elle est accessible par sa technique à tout médecin que les travaux de laboratoire n’effraient pas.

L’inconvénient réside principalement dans ce fait qu’il est difficile pour le médecin qui n’a pas de laboratoire d’avoir toujours sous la main des souriceaux prêts à injecter et pour cela il faut avoir un élevage très important que nous n’avions pas nous-même.

Le facteur temps est aussi un désavantage, et c’est pourquoi nous avons entrepris, avec le Dcteur Pi- GEAUD, après les résultats publiés au Congrès d’Obstétrique et de Gynécologie de Langue Française à Bordeaux en octobre dernier, d’expérimenter sur la lapine suivant la technique d'A. BrouHaA. Nos résultats obtenus paraissent confirmer pleinement ceux d’A. BROUHA, mais ceux-ci, actuellement, sont trop peu nombreux pour que nous puissions les publier ou en tirer des conclusions personnelles.

Quoiqu'il en soit on peut dire que la réaction de BRouUHA, HINGLAIS et SIMONNET demeure pour le médecin-légiste une méthode dont le degré de certitude médico-légale et même biologique n’avait jamais été atteint jusqu'ici ; et c’est pourquoi ce nouveau test biologique de la grossesse basé sur le principe d’'AscHHEIM et ZONDEK, doit, semble-t-il prendre désormais la place qui lui est due parmi les autres épreuves de laboratoire.

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Conclusions

L. — La nécessité d’un diagnostic précoce et précis de la grossesse s'impose en médecine légale dans les affaires dépendant du Code civil et du Code pénal.

IL. — Aucun moyen clinique ne permet, jusqu’à Papparition des signes de certitude, vers le quatrième mois, d'affirmer ou de nier une grossesse. Ces signes peuvent parfois faire défaut.

La radiographie, bien que précieuse, n’apporte qu’une aide tardive au cinquième mois.

III. — Toutes les réactions chimiques, sérologiques ou biologiques, à l’exception de la réaction d’As- CHHEIM et ZONDEK, n’ont qu’une valeur toute théorique et relative. Aucune d’entre elles ne donne la certitude médico-légale.

IV. — La réaction d'ASCHHEIM et ZONDEK, modifiée par BROUHA, HINGLAIS et SIMONNET, semble fournir à la clinique un appoint de tout premier ordre. Elle est basée sur la présence, en quantité considérable dans les urines de femmes enceintes, d’une hormone, spécifique de la gestation, dont il existe à l’état normal

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des traces non décelables par les méthodes biologiques.

Cette hormone qui agit sur l’appareil génital femelle et mâle provoque chez ce dernier une hypertrophie des vésicules séminales dont l’aspect caractéristique ne peut laisser place à aucune interprétation douteuse.

Toutes les expériences tendent à démontrer que cette hormone serait sécrétée par le lobe antérieur de l’hypophyse.

V. — La technique de la réaction est simple ; le réactif animal employé est le souriceau mâle impubère, qui ne doit pas être âgé de plus de 25 à 30 jours au début de l'expérience.

VI. — Les résultats obtenus par les divers auteurs et nous-même donnent un pourcentage de 100 % de résultats exacts. Nous croyons pouvoir dire que la méthode semble atteindre la limite de la certitude biologique.

VII. — Aucun état physiologique ou pathologique n’a été jusqu’à ce jour cause d’une erreur. Seule la gestation détermine l’accroissement d’hormone antéhypophysaire dans l’urine.

VIIL. — La réaction d’A. BRouHA sur la lapine de moins de trois mois est plus rapide (48 heures au maximum) et de lecture tout aussi facile ; les statistiques apportées par À. BROUHA au dernier Congrès d’Obstétrique de Bordeaux (1931) ne dénoncent aucune

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cause d’erreur sur 110 observations. Nous avons pratiqué cette réaction dans quelques cas et malgré les résultats obtenus qui concorderaient avec ceux d’A. BROUHA, nos réactions sont trop peu nombreuses pour que nous apportions à ce sujet des conclusions personnelles.

IX. — La réaction de BROUHA, HINGLAIS et SI- MONNET, avec le degré de certitude que nous venons d'indiquer, constitue, à notre avis, un appoint essentiel dans le diagnostic médico-légal de la grossesse, en ce sens que le médecin légiste, au lieu de rester comme il devait le faire jusqu’à présent dans le domaine des probabilités, pourra apporter dans l’expertise médico-légale un certain degré de certitude.

X. — Malgré les données positives de cette réaction, il ne faut négliger aucun des autres éléments que nous avons rapportés, biologiques ou cliniques ; en médecine légale, la multiplicité des preuves est un élément de la certitude.

Vu : Le PRÉSIDENT DE LA Taëss, Le Doyen, | ETIENNE MARTIN.

JEAN LEPINE.

Vu et permis d'imprimer Lyon, le 29 Octobre 1931.

Le RecTEUR, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE L’UNIVERSITÉ,

Josepx GHEUSI.

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