‹ Contribution à l'Étude du Drainage du Canal HépatiqueChapitre 28 sur 32 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Opération probable sur une division du canal hépatique. — Kaufmann, in Courvoisier < casuistich slatische Beitrâge zur pathologie und chirurgie der Gallenwige. » Leipzig, 1-C- W. Vogel, 1890, p. 375. (Extraits.)

Il s’agit d’une femme de $3 ans qui tombe malade subitement au mois de juillet.

sr Pan

Il y eut ictère accompagné d’une fistule biliaire à l’ombilic. On fit le diagnostic d'obstruction du cholédoque et on intervint. Après incision de la fistule. on pénètre à travers des masses indurées dans le foie en suivant un canal de huit centimètres dans lequel on ne rencontre aucun calcul.

Tamponnement de ce canal. Deux mois après, expulsion par l'anus d’un calcul biliaire de la grosseur d’une noisette.

C'est alors seulement qu’on voit disparaitre l'ictère et la fistule se cicatriser.

Dans ce cas, il s'agissait probablement d’unêdes deux conduits de subdivision du canal hépatique et dans ce conduit il pouvait parfaitement avoir existé un calcul avant l’opération ; de là, probablement, la rétention de la bile d’un des lobes du foie. Car c’est là la seule explication possible de la coexistence de l’ictère et de l'écoulement de la bile par la fistule.

Si nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur les dix observations que nous venons de rapporter, nous pouvons voir que chaque fois le drainage du canal hépatique a été indiqué par la lithiase biliaire et surtout par un état général grave des malades avec fièvre et frissons indiquant un degré d'infection accentué.

Nous pouvons également voir que le drainage a été effectué tantôt directement, tantôt indirectement, que ce soit le cholédoque ou les voies biliaires accessoires qui aient été employées.

Le drainage direct est employé par Léjars (Obs. I) qui pratique en même temps la résection du cystique et de la vésicule, par Delagénière (Obs. IV et VIII), par Lamm (Obs. VIT), par Mériel (Obs. IX).

TD

On trouve le drainage de l’hépatique par la voie cholédochienneutilisé par Delagénière (Obs. V})et par Léjars (Obs. I et IIT) ; dans ces deux cas il reséqua également le cystique et la vésicule.

Le drainage par les voies biliaires accessoires fut suivi par Czerny (Obs. VI) comme complément d’une extirpation de calcul de l’hépatique, mais ce n’est pas ici à proprement parler un drainage de l’hépatique qui fut pratiqué et la dérivation de la bile fut insuffisante puisqu'une suture lâcha amenant une péritonite mortelle.

Eofin Kauffmann (Obs. X) fait un drainage par la voie transhépatique.

Nous avons donc des observations de toutes les méthodes citées au cours de cette étude.

Au point de vue du résultat nous avons dans nos 10 observations 6 guérisons et 4 morts, mais nous allons voir que ces insuccès ne peuvent être imputés à la méthode.

Dans l'observation de Lejars (Obs. 1) le malade était dans un état tellement grave, ses reins étaient déjà tellement touchés que toute intervention devait être mortelle.

Dans l'observation de Delagénière (Obs. V) la mort est dû au choc opératoire après une taille duodénale et des tentatives prolongées d'’extirpation d’un calcul rétro-duodénal alors qu'un drainage direct de l’hépatique eut été beaucoup plus rapidement fait et beaucoup

moins grave tout en permettant une issue facile de la bile.

Le malade de Czerny (Obs. VI) meurt de péritonite par suite de l'insuffisance du drainage par les voies biliaires accessoires et cet auteur dit lui même que le drainage de l’hépatique était indiqué dans ce cas.

Enfin Meriel (Obs. IX) voit son malade mourir de congestion pulmonaire, complication absolument indépendante de l'opération.

Ces insuccès sont donc tous quatre excusables et l'on peut voir que dans l'ensemble le drainage du canal hépatique est un procédé excellent dans certains cas et que l’on pourra suivre avec les plus grandes chances de succès.

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