‹ Contribution à l'Étude du Kyste Simple des OsChapitre 6 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Considérations générales sur les Kystes. — « Ii existe dans le langage de la médecine, comme dans celui de beaucoup d’autres branches des sciences naturelles, quelques dominations tellement usitées, qu'il semble à premier abord que le sens en soit parfaitement arrêté et qu'on ne puisse même s'en passer; mais si on vient à scruter la valeur du fait ou de l’idée qu'elles représentent on demeure stupéfait de voir qu'elles n’ont en réalité aucune signification précise; bien plus, qu'elles sont parfois une source de confusions et d'erreurs. Rien n’est plus vrai que cette remarque quand on aborde la

| définition des kystes en général et des kystes osseux en particulier. Cruveilhier décrit les kystes comme les cavités closes accidentelles ou des poches sans ouvertures ; pour (Gerdy, ce sont des poches en formation morbide ouvertes ou’ closes, dilatées. D’après Vidal de Cassis, il faudrait appeler kystes, des poches membraneuses ou cavités closes de toutes parts et renfermant des substances très variées, mais distinctes des tumeurs enkystées. Pour les auteurs du Compendium ce qui distingue les kystes c'est qu'ily a entre les parois et leur contenu un rapport fonctionnel, la surface du kyste étant le siège d’un travail d’exhalation et d'absorption. Pour Duplay les kystes ou cystomes sont des tumeurs dues à la formation dans

nos tissus de sacs membraneux renfermant des matières variées

mais présentant entre la poche et le contenu un certain rapport de causalité, ce qui exclue de suites les tumeurs enkystées dans lesquelles le kyste n’est que la conséquence, l’accompagnement d’une tumeur primitive, sans constituer la tumeur par lui-même. »

Voilà jusqu'à Duplay qu'elle avait été l’évolution des idées sur les kystes en général. AE

Mais aujourd’hui on réserve le terme de kystes « aux tu-meurs formées par une cavité plus ou moins régulière limitée par une paroi propre nettement distincte, organisée, (épithéliale où endotheliale suivant le cas) et renfermant un contenu va-

riable suivant la nature du revêtement pariétal du kyste. ».

Corsidérations gérérales sur les Kystes osseux. - Si l'on vient à étudier les kystes osseux on voit combien on a été longtemps à s’accorder sur leur définition et l’on constate qu'aujourd'hui encore l'accord est loin d’être fait.

Avant Dupuytren on confondait les kystes osseux avec les exosteses, les tumeurs fibreuses, le cancer des os. Dupuytren et même Nélaton comprennent encore sous le nom de kystes : « les collections liquides et les produits solides enkystés, comme les cords ifibreux ». Velpeau appelle kystes osseux les tumeurs représentées par une coque ostéiforme indépendante des os et du périoste. >

Gerdy dans sa 3° monographie étudie spécialement sous le titre exostose : les exostoses par corps fibreux, les kystes des os. À propos des exostoses creuses il dit : « sous le rapport anatomique, ce sont des tumeurs plus ou moins considérables, développées dans les cavités osseuses naturelles, comme le sinus maxillaire, la cavité medullaire des os longs, ou dans les cavités morbides ‘creusées par résorption, de manière qu’elles sont libres pour une partie de leur surface ou de leur circonfé

rence, adhérentes à la cavité par le reste. Mais qu'elles soient, adhérentes ou libres les parois osseuses ne peuvent être appelées « kyste osseux » comme l'a fait Dupuytren —- (et même

des auteurs modernes). — Un kyste est une poche ou une

vessie close qui, adhérente à nos tissus par une face renferme

d'ordinaire des produits morbides secrétés dans son sein, et a une épaisseur de paroi évidente, déterminable et non imagipaire. La portion non adhérente ou libre de la tumeur intraosseuse peut être probablement recouverte d'un kyste séreux interposé à la cavité et à la tumeur, mais ce kyste ne saurait pas plus que la cavité d'habitation de la tumeur autoriser à

donner à la tumeur qui est la maladie réelle, essentielle, le

: nom du kyste des os. »

: Quant à nous, nous étudierons sous le nom de kyste simple des os &uné affection du squelette se caractérisant par

‘la formation d’une cavité kystique unique, tapissée d’une mem-

brane propre, siégeant dans un os; sans qu'une maladie géné-

rale de l'organisme du sujet, (précédente ou concomitante

puisse en expliquer direétement la pathogénie ».

Historique. — En 1844, Nélaton présente à la Société de Chirurgie un très bel exemple de kyste multiloculaire du fémur. Il fait dans les « Eléments de pathologie chirurgicale » l'histoire complète des kystes osseux, en suivant les données de Dupuytren, mais il se base surtout, sur les kystes des maxilaires. Déjà donc à cette époque un de nos illustres Maîtres français aborde l'étude des kystes osseux.

En 1878, Edouard Schwartz dans le dictionnaire de médecine s'exprime ainsi : € On donnait autrefois le nom de kyste à un grand nombre de tumeurs qui subissaient la dégénéres-

| cence kystiqué et même à certaines tumeurs molles enfermées

dans un étui osseux, telles que les sarcomes myéloïdes par

éxemple. Dupuytren et même Nélaton ont encore fait cette confusion : il faut aujourd’hui entendre par kystes des os des tumeurs constituées par une ou plusieurs poches contenant un liquide de nature et de consistence variables ou des kydatides, limitée par des tissus osseux. Ees kystes ainsi définis comprennent deux catégories : 1° celle des kystes non parasitaires, 2° celle des kystes kydatiques, Les kystes non parasitaires se présentent sous la forme de cavités creusés le plus souvent dans le tissu spongieux des épithyses des os longs, la paroi est osseuse et tapissée d’une membrane commune séreuse où végétante le contenu est liquide séreux et très limpide, ou à peu près à la même époque, plus où moins consistant, brun, ou couleur de chocolat ». La question des kystes osseux occupait d’ailleurs très tortement les savants français c'est ainsi qu'en 1875 Gosselin décrivait les kystes des maxil- : laires comme des kystes enflammatoires, sa conception était d’ailleurs acceptées par Guyon, Godefroy'et tandis que de-son coté Albarran ne se ralliait pas à ces idées, et combattait en cela leur théorie dite de « l’ostéite kystogénique »..

À leur tour Ollier, Poncet, Der, Bar, se préoccupérent de cette questton de kystes osseux et après leurs travaux on vit s'individualisèr les ‘€ ostéomyélites atténués, aboutissant à la formation de cavités kystiques à contenu albumineux ».

. L'Ecole lyonnaise étudia plus particulièrement ce chapitre

de la pathologie osseuse, il faut citer les noms de Louis Fixier

en 1902, les thèses de Sequi et Feyat et enfin dans ces dernié-

res années Bérard et Alamartine présentaient ün remarquable

mémoire sur les € dystrophies osseuses (kystes simples, cals

soufflés, ostéite fibro-kystique) simulant les tumeurs des os ». Mauclaire et Burnier en 1911, Lecéne et Lenormant en 1912,

Mutel en 1913 apportent a peu près vers la même époque des

travaux Sur la question. Depuis 1916 notre Maître, M. le

RL

Professeur Chavannaz de Bordeaux, et M. le Professeur

Sarabrazès portèrent plus particulièrement leur attention sur ce sujet, enfin tout récemment la Société de Chirurgie, séance du 18 Février 1920) était saisie d'une communication de Lapointe à propos d’un kyste simple osseux.

Il'ressort nettement de cet historique que les savants franais furent préoccupés de la mise au point de cette question et qu'ils la connurent ævant que les auteurs allemands nous aient embrouillés avec leurs théories. En Allemagne, en effet jusqu'en 1891 ce fut la théorie de Wirchow qui fut en honneur pour expliquer la pathogénie des kystes des os. Pour Wirchow tous les kystes non parasitaires des os n'étaient d'origine néoplastique, et dûs à la fonte partielle d’une tumeur, théorie basée sur la présence d'un kyste, d'un os long relevé. à l’autopsie d'une malade opérée de Iymphosarcome du cou, morte à 96 ans. Puis en 1891, c'est Reclinghausen qui décrit une maladie appelée ostéite fibreuse analogue à la maladie de

Paget et dans laquelle on fait rentrer les kystes simples osseux.

Mlessner plus tard revoyant l'observation basale de Wirchow

la discute et le contredit et fait de ce cas un cas de maladie de Recklinghausen. Cette théorie de l'ostéite fibrose séduisit

presque tous les. auteurs Allemands et encore en 1912 au

. au Congrés d’Altona, les chirurgiens allemands discutant la

question des kystes des os sont d'avis qu'il s’agit encore « d'ostitis fibrosa » (Jenkel). IE faut signaler cependant la conception de Miculikz en 1905 différente de celle de Reclinghausen et qui décrit une affection à laquelle il donne le nom « d’ostéodystrophie juvénile fibrokystique » mais Tietze élève de Mickuliez avoue que son Maitre & ne s'est pas expliqué suffisamment et il revient à la théorie de « l'ostéite fibreuse.

Puis Frangenheim parle des « kystes calleux » et émet une

théorie traumatique qui était soutenue également ailleurs

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