‹ Contribution à l'Étude du Kyste Simple des OsChapitre 9 sur 22 · SUR UN CAS DE KYSTE SIMPLE DU TIBIA · texte numérisé non relu

SUR UN CAS DE KYSTE SIMPLE DU TIBIA

par MM. Chavannaz et Sabrazès, de Bordeaux.

sh s'agit d’une fillette de 10-ans qui appartient à une famille composée de gens qui jouissent d'une bonne santé, le père, la mère et les cinq sœurs de la malade sont bien portants, elle ‘même n'a jamais été malade.

En septembre 1916, l'enfant étant monté sur une çage à lapins, voulut sautér sur une gerbe de paille ; elle glissa et tomba assez rudement, la jambe droite portant sur la terre battue. Elle put continuer ses jeux jusqu'au soir. Elle se plaigpit alors d’une douleur à la partie inférieure de la jambe. Cette douleur persiste quelques jours accompagnée d’une légère boiterie qui d’ailleurs disparait bientôt sans laisser de traces.

= En Avril 1917, l'enfant heurta le-chat de la maison et tomba encore sur la jambe droite. Relevée, elle continua à marcher mais en boîtant. Elle put continuer à se rendre à l’école faisant ainsi matin et soir, environ deux kilomètres.

Au bout d’une huitaine de jours,-le médecin de la famille consulté, trouva une légère tuméfaction de la partie inférieure

de la jambe. Il conseilla le repos et des compresses froides.

La tuméfaction parut diminuer, la marche fut reprise la jeune malade paraissant guérie, lorsqu'a la vue d'un cheval

* emballé, l'enfant prise de peur voulut fuir. Elle fit quelques pas mais dut s'arrêter, la jambe refusant tout service à la

suite d’une vive douleur éprouvée au-dessus du cou de pied.

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Dans les premiers jours de Juin 1917, l’enfant est adressée à notre consultation par son médecin ordinaire, et voici à ce moment les symptômes qui sont relevés. : sh

Du côté droit, à la partie inférieure de la jambe, existe une tuméfaction du volume d’un petit œuf, siégeant sur le tibia au-dessus et près de l’interligne tibio-tarsien. L'os est augmenté de volume d’une façon régulière et est comme soufflé. La pression sur la face interne du tibia est douloureuse au voisinage de la tuméfaction. Il n'y a pas de crépitation parcheminée, pas de circulation locale exagérée, pas d’engorgement ganglionnaire. Le membre n'est pas amaigri, il n’y a pas de limitation des mouvements du genou et du cou-de-pied, mais la marche et même la simple station debout, sont tout-à-fait impossibles. Toutes les fonctions sont normales, l'état général est bon, et il n’y a pas d’élévation thermique. La radiographie montre un espace clair de forme ovoïde creusé dans la partie inférieure du tibia. -

L'enfant entre dans la maison de santé Saint-Augustin où nous intervenons le 20 Juin 1917. Après application de la bande d'Houze et sous anesthésie générale, une incision est pratiquée sur la face interne du tibia, au niveau de la tuméfaction. On, découvre alors une cavité pleine d’un liquide hématique, fluide. Cette cavité est de forme régulièrement ovoïde et en plus du liquide hématique. elle contient des débris. membraneux rougeatres, qui devaient vraisemblablement provenir d’une membrane du revêtement détachée spontanément.

Un curetage discret est pratiqué.

Après assèchement on fait une suture périostique et audessus une suture cutanée, en laissant passer un petit drain de caoutchouc qui est placé dans le tissu cellulaire sous cutané.

Les suites opératoires ont été tout-à-fait régulières, le drain.

à été enlevé au bout de 48 heures, la cicatrisation per primain a été obtenue et le 1* Août la patiente a pu quitter la Maison de Santé en parfait état.

Depuis la situation est restée parfaite.

L’Etude Anatomo-Pathologique a donné les résultats suivants :

Le liquide kystique, très hématique, rouge sombre, un peu Visqneux, conttent beaucoup plus de globules blancs (600 1 environ). Les éiéments blancs appartiennent aux catégories suivantes :

Lymphocytes moyens el petits, plus de 93 °f, on trouve de rares grandes cellules originelles à grande bordure cytoplasmi-

que basophile, à noyau contenant 3 à À nucléoles.

Il ÿ a quelques Macrophages coutenant du pigment hémaique et de rares cellules polédryques à novau marginal chargées de granulations graisseuses,

On compte aussi des : Æosiophiles 2 °J; Souvent à noyau pychostique. Peu de grands mononuclées. ;

Très peu de leucocytes polynuclées neutrophiles.

Pas de crochets ni de débris hydatiques.

Le liquide centrifugé est bouillon, de bœuf assez foncé, lé. gèrement hémolysé.

-L'ensemencement sur gélose a donné un résultat négatif.

Dans un bouillon, un seul tube a cultivé (Sarcine de l'air).

La Paroi de la cavité kystique a une épaisseur de 1/2 à 1/3 de m/m. Elle se résout ça et là en de fins tractus. Les parties relativement épaisses et compactes présentent des variétés

d’apect assez nrandes. Deux ilots ont la structure suivante :

Tissu conjonctif à fibrilles grêles, onduleuses, à fibroblastes polymordhes denses. .

Parmi les cellules de cette paroï, beaucoup ont un noyau

en bâtonnet, d’autres un noyau en bissac, ou encore ovalaire

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à encoche latérale : d’autres, un noyau tout à fait rond. Il n'y a pas de mitoses. Les cellules à noyau rond ne sont autres que des éléments-lymphocytoides parfois prédominants. C'est ainsi qu'on observe des, trainées de fibroblastes flanqués latéralement de nombreux microlymphocytes.. Des cavités soit anfractueuses, soit régulières, entrecoupent ces ilots. Elles sont directement bordées par les cellules-ci-dessus décrites qui les traversent ou s'égrènent dans leur lumière. Pas de revêtement endothélial dans ces cavités généralement vides de sang, parfois contenant une nappe d'hématies. Sur le fond des cellules colorées en violet et des fébrilles conjonctives teintées en rouge par la thionine-éosine, tranche un semis soit diseret, soit cohérent de petits foyers à métachromasie bleu-violacée. Ces foyers très polymorphes forment tantôt des stries angulaires représentant une sorte de virage partiel des fibres conjonctives seules, tantôt des bandes où fibres et cellules ‘conjonctives participent à la métachromasie, tantôt des blocs arrondis ou polyédriques ou encore des anneaux ; dans ce cas, la partie circonscrite apparaît en rouge, colorée par l’éosine, l'anneau en bleu violacé. : Née Que signifient ces foyers ? , Il s'agit d'un processus de chondrifiaction. Le cartilage formé, surtout du type hyalin, se creuse ne capsules où évoluent des cellules arroudies exceptionnellement à prolongement étoilés.

Peu de fibro-cartilage.

Cette paroi kystique montre aussi des zones aréolaires lâches où les éléments conjonctifs plus clairsemés s’envoient des prolongements et ménagent, des espaces clairs ne contenant ni mucus, ni fibrine, ni exsudats albumineux. Elle

contient de plus des points ou se différencient des vésicules

graisseuses ; des nappes de prolifération cellulaire, si actives que le collogène y manque, elle montre aussi de loin en loin

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de grandes cellules bourrées de noyaux centraux. Ces cellules géantes, d’atlleurs rares, à contour net, sans ramifications, donnent l'image de myéloplaxes: Pas de cellules épithélioïdes ‘ni de plasmocytes. Rares mastzellen. Uh peu d’hématoidine amorphe par places.

Quant aux fines écailles qui représentent des segments de de l'enveloppe kystique, elles ne rappellent en rien la structure des hydatides. Elles figurent des bandelettes à faisceaux de fibres onduleuses parallèles, avec quelques fibres élastiques. Ces bandelettes sont inégales comme forme, épaisseur, consistance, surcharge cellulaire, teneur en collgène. Les unes appa- raissent partiellement lamelleuses, hyalines; d’autres feutrées de fibroblastes parfois en strates réguliers, d’autres infiltrées de lymphocytes qui ne s’'agminent jamais en follicules. Ces: tractus s’accidentent d’appendices, de ‘renflements moniliformes, de franges adipeuses, enfin de gros grumeaux agglutinés sur leur bord qui rappellent dans les coupes la composition cytologique du liquide retiré de la cavité kystique au momeut de l'opération. Voici ce qu'on trouve dans ces grumeaux : fond grenu ou fibrillaire de fibrine coagulée sans hématies reconnaissables, sans pigment hématique: quelques cellules polyédriques à cytoplasme étalé, spongiocystique, à noyau rétracté; énormément de lymphocytes petits et moyens. Pas de leucoblastes, de myelocytes, de leucocytes eosinophiles ou neutrophiles sur les coupes. Pas de cellules plasmatiques. Rares mastzellen. Pas de globules rouges nuelées.

En résumé : production hyperqlasique, conjonctive sarcoïde, chondroplastique, où s’élaborent et s'accumulent des lynphocytes. Cette production ‘hyperplasique est creusée de mailles, de lacs sanguins, lacunes ou s'éffondrent et s'égrènent - des cellules qui entrent dans la constitution de la masse.

Les lymphocytes s'accumulent et restent vivaces dans les

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