‹ Contribution à l'étude du Lichen planusChapitre 9 sur 41 · FRS · texte numérisé non relu

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départements de ces mêmes régions. C'est ainsi que le lichen occupera la face antérieuredel’avant-bras et pas sa face postérieure, la face interne des cuisses et non sa face externe, etc. Du reste, on peut voir plusieurs poussées successives se développer sur un même segment de membre, sur la jambe, par exemple.

Nous tenous à insister tout particulièrement sur

l’évolution spéciale de l’éruption dans la forme de lichen plan qui nous occupe actuellement. Elle est d’abord très lente; mais, de plus, elle procède par intermittences. La maladie n’a point ici ce caractère de spontanéité, d'acuité qu’elle possède dans la forme aiguë que nous étudierons plus loin. En un mot, elle est essentiellement « atone ».

F Il est facile d’en conclure que la durée du lichen plan chronique est généralement très longue et se compte par des mois et des années, abstraction faite, bien entendu, des cas où l’affection est soumise à une thérapeutique appropriée qui vient enrayer les progrès du mal.

Terminaison. — Elle est variable suivant les cas et suivant que le malade a été oui ou non traité. La maladie peut guérir ou demeurer stationnaire.

La guérison est fréquente, quand le traitement a été instituée; mais peut-elle survenir spontanément? A l'appui de cette manière de voir, nous n’avons pas d'observation, partant pas de démonstration, et nous nous contenterons de citer l'opinion de MM. Besnier et Doyon (1), qui répondent cetégoriquement « oui »

(1) Kaposi ; trad. Besnier-Doyon, note I, p. 532.

à la question ainsi posée. Lorsque la thérapeutique opposée à la maladie est efficace, voici ce qu’on observe. En général, le prurit diminue, s’il était très intense, ou cesse tout à fait s’il était modéré. En même temps surviennent des changements importants dans l’éruption : les papules isolées pälissent, deviennent ternes ; leur saillie à la surface du derme diminue. Le relief s’efface; en un mot, l'élément s’affaisse et le doigt, passé sur lui, n’éprouve plus cette sensation d’un petit ressaut qu’on constate au niveau des papules en pleine voie d'évolution.

Du côté des plaques, un phénomène analogue se produit; mais c’est par le centre qu’il débute. Le milieu de la plaque se déprime, s’abaisse. Les papules, juxtaposées, deviennent moins visibles: les plis, qui les circonscrivent, moins marqués. Par cela même, les bords de la plaque semblent augmenter en relief: mais ce n’est là qu’une simple apparence.

Au bout d'un certain temps, papules et plaques disparaissent tout à fait, mais non point sans laisser de traces très appréciables de leur passage. Aux points occupés antérieurement par l’éruplion, les téguments n’ont plus la coloration normale. Ils sont fortement pigmentés. Cette pigmentation forme des taches de couleur variable, jaunes ou brunâtres, parfois presque noires, véritables marbrures qui reproduisent les contours des plaques primitives du lichen plan. Elle se produit toujours. On ne saurait incriminer ici le traitement par l'arsenic. Nous n'en voulons pour preuve que l'observation III. La malade n’avait jamais pris d’arsenic, et cependant sa peau, après la guérison, était fortement pigmentée. Peut-être l'arsenic

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