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OBSERVATION IV

Recueillie par M. Brocq, interne du service.

La nommée A..., âgée de 30 ans, couturière, entre le 9 décembre 1881, à l’hôpital Saint-Louis, salle Saint-Jean, n° 70, service de M. le Dr Vidal.

Son pèie a eu une maladie de peau (?). Elle est habituellement bien portante.

L’affection actuelle a débuté dans la première quinzaine du mois de septembre. La malade a éprouvé de vives démangeaisons à la fesse et au mollet droits. Bientôt a apparu une plaque rouge recouverte de petites squames blanches, large comme une pièce de un franc au bout de huit jours. L’éruption s’est étendue sur les jambes. Au bout d’un mois, elle a été généralisée aux membres supérieurs. Les démangeaisons, très vives, surtout le soir, sont exaspérées par la chaleur du lit. C’est aux fesses qu elles sont le plus intenses.

Actuellement, la lésion commence au niveau du cou- Elle est formée, là, de petites papules, plates, d’un rouge livide. Leur surface en facettes est brillante, si on la regarde à contre-jour. Ces papules, grosses comme une tête d’épingle, forment deux ou trois groupes, disposés en demi-cercle autour du cou.

A la partie postérieure des épaules, l’éruption est plus rouge ; les papules, devenues plus confluentes, y forment des plaques, à la surface desquelles on aperçoit cependant les sommets distincts de chacune d’elles. La lésion est symétrique, et se dirige des épaules vers le milieu du dos, en laissant un espace de peau saine, audessous de la nuque.

Aux bras, la lésion occupe surtout la face interne. Sur les avantbras, elle est surtout localisée dans le sens de l’extension, et constitue là de larges placards, livides, sur lesquels on distingue plus difficilement les papules. Sur certains, existent de fines lamelles

blanches adhérentes. A la face antérieure des poignets et des avant-bras, papules rouges, isolées, très prurigineuses. De même sur la face dorsale des mains, le dos des doigts, le sein, sauf sur le mamelon, où la peau est saine.

Au niveau des hanches, on note des placards irréguliers, marbrés de peau saine. Le derme est épaissi.

Dans le sillon interfessier, existe une large plaque d’un rouge livide, squameuse, reposant sur une peau très hypertrophiée.

Sur la fesse droite, on rencontre les éléments primitifs soit à l’état isolé, soit à l’état confluent. Sur la fesse gauche, la lésion ne fait que commencer.

La face externe des cuisses porte de petites papules à facettes donnant lieu par places à des plaques rouges livides. Celles-ci, au niveâu de la jambe droite, deviennent plus épaisses, et tendent à prendre la forme cornée.

Traitement. — Solution arsenicale; glycérolé tartrique.

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