‹ Contribution à l'étude du lymphosarcome primitif du cæcumChapitre 5 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ayant eu l’occasion d’observer récemment, dans le service de clinique chirurgicale de notre Maître, Monsieur le Professeur FAvREUL, à l’Hôtel-Dieu de Nantes, un cas de lymphocytome malin primitif du cæcum, il nous a semblé intéressant de rechercher dans la littérature médicale les diverses publications ayant trait à cette affection.

Si, depuis le mémoire fondamental de LECÈNE (1904) « les tumeurs malignes primitives de l'intestin grêle » comprenant 85 cas de sarcomes du grêle, de nombreux travaux ont paru sur ce sujet, les différents auteurs mettant en lumière quelques points particulièrement nouveaux : les sarcomes du canal omphalomésentérique, la fréquence des complications, perforations, invaginations, nous n’avons trouvé sur les sarcomes du cæcum que bien peu de renseignements.

C’est la statistique de Nothnagel, que l’on retrouve toujours, citée par GLINSKI en 1902, LECÈNE en 1904, puis 1907, par RosEMBLuM en 1911, par OKINCzYc en 1923, par ERDMANN et CLARK en 1927, enfin par nombre de publications récentes sur le sarcome de l'intestin.

Nous n’aurons en vue, au cours de cet ouvrage, que l'étude des lymphosarcomes primitifs du cæcum,

c’est-à-dire l’étude des tumeurs malignes nées aux dépens des organes lymphoïdes du cæcum.

Nous laissons donc de côté l’étude des sarcomes pouvant prendre naissance dans les diverses couches tissulaires de cet organe et qui, d’ailleurs, sont beaucoup plus rares. Mais nous proposons que l’on range dans cette catégorie non seulement les sarcomes de type lymphoblastique ou lymphocytaire qui nous intéressent au premier chef, maïs aussi les variétés décrites sous le nom de sarcomes à petites cellules rondes des anciens auteurs et les sarcomes globo-cellulaires.

Dès lors, le lympho-sarcome cæcal comprend la presque totalité des tumeurs sarcomateuses rencontrées sur cet organe, et notre étude, tant clinique que thérapeutique, se trouve justifiée.

ETIOLOGIE

Nothnagel (Wien 1898) estime à 20 le nombre des “as de sar-ome primitif du cæcum, et Rosemblum (1911) pense qu’il doit être moindre, certaines de ces tumeurs étant en réalité des états inflammatoires chroniques, et parfois tuberculeux de cet organe.

Nous avons pu recueillir trois cas récents de lymphosarcomes indiscutables du cæcum, dans la littérature médicale contemporaine, plus notre cas inédit qui date de janvier 1938.

C’est dire la rareté de cette affection.

Il est classique d’ailleurs de considérer le sarcome intestinal comme une tumeur exceptionnelle.

Sur 13.036 autopsies, Chiari n’en observe que 13 cas ; Rodenmacher, en 1908, en rapporte 140 cas ; Ulmann et Abeshouse, en 1932, 125 nouvelles observations.

En règle, on observe un sarcome pour 100 épithéliomas du tube digestif (Georg v. Knorre).

Mais, si sur le grêle, dont les tumeurs malignes primitives représentent 3 % des cancers de l'intestin, on rencontre deux sarcomes pour un épithélioma (Crousse), par contre, sur le gros intestin, particulièrement le cæcum, le sarcome est absolument excep-

tionnel, et dans une proportion infime vis-à-vis de l’épithélioma, qui est d'observation courante.

Le sarcome intestinal frapperait deux fois plus souvent l’homme que la femme. Nos quatre observations de lymphosarcome cæcal ont trait à des malades du sexe masculin.

L'âge est un facteur important à considérer.

Classiquement, c’est une affection des jeunes, «vec deux périodes de plus grande fréquence :

— de 1 à 10 ans, — de 20 à 40 ans.

Il semble que l’enfance paie un lourd tribut à cette variété de tumeur.

Parler de la pathogénie du sarcome, serait soulever le problème du cancer. Nous voulons noter seulement l’instance avec laquelle les différents auteurs relèvent dans les observations que nous avons étudiées, la question du traumatisme, et citer Ceccarelli :

« Il y aurait lieu d’admettre l’importance de l’altération des tissus sous l’influence du traumatisme. Ces altérations entraineraient un stimulant chimique agissant directement sur la prolifération des éléments cellulaires chargés de la réparation des lésions. En tout état de cause, il faut admettre un rôle de terrain individuel, peut-être même un facteur racial. »

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