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20 Si la température de la cage est beaucoup plus élevée que celle du laboratoire, on procède de la même façon, mais on soumet la cage à une ventilation froide pendant un temps déterminé, sans qu'il soit nécessaire de l’essuyer.
Température du laboratoire : 16°.
Température de la cage : 30°.
Ventilation froide de la cage pendant trois minutes, durant laquelle la température intérieure de la cage tombe à 26°.
Poids de la cage au départ : 4.418 gr. 820.
La cage est ensuite replacée dans sa caisse. thermostat, où après quinze minutes sa température intérieure est remontée à 30°. Elle y séjourne pendant deux heures, après lesquelles on la retire. On la soumet à nouveau pendant trois minutes à une ventilation froide, et la température à l’intérieur de la cage retombe à 26°.
Poids de la cage à la fin de l’expérience : 4.418 gr. 820.
L'accord est parfait entre les deux pesées à température basse et température élevée. Comme on le voit, la ventilation chaude ou froide de la cage métallique n’a pour but que de diminuer l’écart de température entre ses parois et l'atmosphère du laboratoire. Durant l’opération, l'atmosphère intérieure de la cage ne se refroidit ou ne s’échauffe que de 4 ou 6°, et ces variations soigneusement observées n’ont que la valeur d’un repère pour l’expérimentateur.
Il est évident que la durée de la ventilation, l’abaissément de la température de l’atmosphère intérieure de la cage métallique, nécessaires à réaliser pour avoir une pesée correcte ne sont pas fixes, mais doivent être empiriquement fixées par l’expérience suivant la nature, les dimensions (surface) de la cage, la puissance du ventilateur, etc. L’ensemble des opérations doit être mené aussi rapidement qu’on peut,
Il est curieux de voir qu’un procédé aussi simple rende la méthode de HALDANE applicable dans de grandes limites de température,
Techniques opératoires.
19 ENLÈVEMENT DES HÉMISPHÈRES ET LÉSIONS DU THALA- MUS CHEZ LE PIGEON. — Pour l'enlèvement des hémisphères, suivi ou non de lésion du thalamus chez le pigeon, nous avons suivi exactement les indications de Rocers (138).
L'oiseau est anesthésié profondément à l’éther. On fait une incision de la peau sur la ligne médiane, et on la récline à droite et à gauche. A l’aide de la pince spéciale d’'EwaLp, on trépane circulairement en partant de la ligne médiane, à 1 millimètre du sinus longitudinal. On s’arrête en arrière à
la hauteur de l'insertion des muscles occipitaux, et en avant à la hauteur de l’arcade sourcilière. La limite de trépanation . est également donnée dans la région temporale par l'insertion des muscles. On évitera soigneusement les sinus dont l’ouverture donne une bémorragie qu’on ne peut arrêter. On fend la dure-mère le long du bord médian de la brèche osseuse. . Il faut éviter toute traction sur la dure-mère qui pourrait provoquer un arrachement à la base suivi d’une hémorragie fatale. L’enlèvement même des hémisphères se fait à l’aide d’une petite lame métallique incurvée et très souple, qui s’adapte exactement à la courbe des lobes occipitaux. Avant de soulever les hémisphères pour faire l’énucléation, on tâche de libérer autant que possible les hémisphéères sur tout leur pourtour, opération qui diminue nettement les petites hémorragies inévitables.-Après l’énucléation, on tamponnera bien -et-on ne continuera que si on n’observe plus aucun suintement de sang. Après l’ablation, on a une très bonne vue sur le thalamus. La cautérisation du thalamus, au cautère électrique, ne présente aucune difficulté qui mérite d’être signalée. L'intervention test en somme assez facile, mais la moindre hémorragie de la base entraîne des efforts de vomissements, suivis eux-mêmes de nouvelles ruptures vasculaires amenant la mort dans les premiers jours qui suivent l'intervention. La seule précaution d’asepsie que nous ayons prise a été de stériliser nos instruments à 1800. Les animaux, à jeun depuis vingt-quatre heures, reçoivent de la chlorétone par voie gastrique un quart d'heure avant l'intervention (à raison de 1 cc. d’une solution aqueuse à 0 gr. 15 p. 100 par 100 gr. d’animal). Cette précaution met à l’abri des vomissements immédiats dus à l'excitation mécanique du centre du vomissement. La bonne mise au point que nous avons faite de la technique de Ro&Ers ressort du fait que certains de nos animaux ont pu survivre plus de six mois à l'intervention (voix les photographies). Les pigeons à thelamus cautérisé dorvent: être conservés à 30° environ, vu le grave trouble de thermorégulation qu'ils présentent ; les cages sont donc maintenues dans une étuve élect:ique spéciale. 20 SECTION MÉDULLAIRE DORSALE CHEZ LE PIGEON. —- L'animal est profondément anesthésié à l’éther. On fait une
incision de 1 em. 5 à 2 centimètres sur la ligne médiane dorsale. À la bauteur choisie pour la section, on libère lapophyse épineuse et-les apophyses transverses de leurs insertions musculaires ; à l’aide de la gince d'EwaLp on enlève l’apophyse épineuse. La moelle apparaît tres nettement; sans tenir compte de la grosse veine qui se trouve juste au-dessus, on applique le thermocautère. On suture la peau avec deux points ; l’animal est parfaitement rétabli du choc opératoire après deux heures. La survie de nos animaux ainsi opérés a été de deux semaines. Quoique les animaux à section dorsale ne présentent. pas de paralysie de la partie antérieure du corps et soient capables de s’alimenter spontanément, nous avons préféré les gaver comme les animaux sans hémisphères, vu la grande difficulté qu’ils ont à prendre une attitude correcte permettant l’ingestion facile de leur nourriture. La ration alimentaire quotidienne de tous nos animaux opérés a été de 20 grammes de graines moulues. A l’aide d’une pipette, on leur donne trois fois par jour quelques centimètres cubes d’eau.
3° PIQÛRE DU QUATRIÈME VENTRICULE CHEZ LE LAPIN. — Nous avons pratiqué la piqûre en suivant la technique d'EckHARD (37). Sur le lapin anesthésié on pratique, partant de 1 centimètre en arrière de l'insertion des oreilles, une incision cutanée de 5 centimètres de long sur la ligne médiane. À son extrémité céphalique on prolonge l’incision, de manière à former un Y, par deux petites incisions obliquement dirigées vers l'insertion des oreilles. On dissocie: les muscles peauciers. De chaque côté apparaissent sous le fascia le nerf occipital et une artériole. On sectionne le nerf, et l’artériole après ligature ; on peut alors travailler en profondeur sans crainte d’hémorragie. Il est inutile de sectionner transversalement les muscles longitudinaux profonds de la nuque, comme l'indique Eckxarp ::il suffit de les charger sur un écarteur pour avoir une bonne vue sur la membrane occipitale. Cette dernière, bien libérée des museles qui y prennent insertion, est sectionnée. Le liquide céphalo- rachidien s’écoule en un petit jet. On tamponne. Avant de pratiquer la piqûre, on donne au lapin quelques bouffées d’éther pour éviter les mouvements de défense ; la piqûre se pratique
ne ARS
avec une aiguille spéciale rappelant l’aiguille à cataracte des ophthalmologistes. L'animal étant étourdi par l’anesthésique, on enfonce l'aiguille ai niveau du tiers inférieur du V que forme le quatrième ventricule, à 1 millimètre de chaque côté de la ligne médiane et à 2 millimètres de profondeur. On suture par quelques points. Le lapin a déjà repris une attitude normale au bout de dix minutes. Il n’y a jamais d'hémorragie si l’on ne dévie pas de la ligne médiane. Sauf dans deux cas où nous voulions conserver les animaux, nous n'avons pas opéré aseptiquement puisque les expériences étaient terminées au plus tard huit heuies après l’intervention. Si l’opération est faite correctement, on n’observe aucun - trouble moteur; toutes nos mesures d'échanges ont été faites sur des animaux qui se trouvaient dans ce ces. Les deux animaux opérés aseptiquement ont été sacrifiés après quinze jours pendant lesquels ils s'étaient alimentés spontanément, et paraissaient normeux; ils présentaient cependant un amaigrissement considérable, dont l’autopsie n’a pas pu expliquer l’origine.