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Sur des pigeons sans hémisphères, nous avons fait une série de mesures après avoir cautérisé le thalamus. Les résultats de nos expériences confirment entièrement les résultats obtenus sur les mêmes animaux par ROGERS (139, 140, 144), et ceux de IsENscHMip et KREHL (71), BAZETT et PENFIELD 22), Crrron et LEScHKkE (33) sur les mammifères. ‘
Ce qui caractérise essentiellement les animaux porteurs d'une lésion du diencéphale, c'est qu'ils ne se comportent plus en Vrais homéothermes : la grandeur de leurs échanges varie dans le même sens que la température extérieure. Pour observer ce phénomène, nous avons été obligés, comme nos devanciers, dé séparer le diencéphale de ses connections avec le télencéphale. LEscHkE et CirroN (103, 104, 105) seuls, ont abordé le diencéphale directement, d’une manière analogue. à celle employée par AroNsonxX et SAcHS pour faire la piqûre du striatum. Mais, par cette technique, ils ont obtenu des résultats expérimentaux assez inconstants (105 a), et, comme le montre l'examen de leurs figures anatomiques, ils réalisent un isolement complet du diencéphale sur la ligne médiane, Le rôle très important que joue l’ablation préalable des hémisphères cérébraux ressort très bien des expériences de RoGers (140), qui s’est efforcé, dans une série d'expériences spécialement instituées à cet effet, d'aborder le thalamus en ménageant les hémisphères, et en enlevant exclusivement les lobes occipitaux. Avec ce procédé, l'animal continue à faire varier ses échanges en sens inverse des modifications de la température extérieure, comme fait l'homéotherme normal. RoGers (143) en conclut à l'existence de centres sympathiques corticaux (145), que ses expériences d’excitation l'avaient déjà conduit à admettre. Personnellement, nous ne nous rallions pas à cette interprétation ; nous pensons que le rôle essentiel de l’ablation des hémisphères, c'est, comme nous l’avons déjà dit, de supprimer toute excitation afferente, suppression dont les conséquences sont importantes chez les petites espèces d'homéothermes.
Nos résultats expérimentaux différent de ceuv de Rocers, de BAZETT et PENRIELD, en ce sens qu'après lésions du thalamus nous n'avons pas observé de troubles aussi importants que ceux observés par.ces auteurs. Pour eux, les lésions
RO
thalamiques entraînent des troubles permanents, définitifs de la thermorégulation ; RocErs (140) prétend notamment les avoir observés pendant des mois. Les écarts extrêmes de température centrale observés chez les pigeons opérés par ce dernier auteur vont de 19° (minimum) à 45° (maximum) ; les limites extrêmes observées par nous-mêmes ne vont que de 410 à 2405. L'écart maximal de Rocers est de 269, le nôtre n’est que de 1695. Pour les productions calorifiques, RoGers (144, 147) ne donnant pas le poids de ses animaux, on ne peut exprimer que la variation relative de la grandeur des échanges pour un même individu en fonction de la température extérieure. Nous avons admis pour calculer ls production thermique des pigeons de RoGErs que le poids des animaux était resté constant pour les trois mesures :
Temp. de Ja cage Temp. du cloaque Calories par kilog en degrés en degrés et heure 29 39 4.034 25 De 2.896 21 31 1758
Dans nos mesurés, nous n'avons Jamais trouvé de valeurs inférieures à 1.758 calories par kilogramme-heure chez le pigeon thalamique ; nous n'avons que rarement pu obtenir
de valeurs inférieures à celles données par l'animal normal ou sans hémisphères à la neutralité thermique. En somme, nos animaux se sont comportés comme s’il existait encore chez eux des vestiges de mécanisme thermorégulateur. Ce qui nous confirme dans cette manière de voir, c’est le fait que les troubles apportés par la cautérisation du thalamus ont disparu après douze jours chez le pigeon n° 9, et après trente jours chez le pigeon u° 7. Les chiffres rassemblés dans le tableau suivant: en font foi. Les pigeons n°5 10 et 14 ont succombé rapidement à des hémorragies.
SE (Te
TABLEAU N° 10. — Pigeon n° 7.
(Après cessation de la polyurie et du trouble thermorégulateur.)
Temp.
DATES ext.
en degrés
Durée
heures
(Mouvements de
(Mouve
Poids du pigeon en gr.
cloaque en degrés
ments
heures
de
de
| cConsom.
par kilog.
et heure
nimal.)
éliminé par kilog.
el heure
l'animal.)
Calories par kilog.
et heure
(Mouvements
(Mouvements de
(Mouvements de
l'animal.)
l'animal.)
l'animal.)
Pigeon n° 9.
(Après cessation de la polyurie et du trouble thermorégulateur.).
" â Durée 2 2 Durée | Poids | Temp. 02 co? K Terp. du % de l ee consom. | éliminé Calories DATES ext. | jeûne | : |cloaque | !°\P par par Q-R. | par kilog. en degrés| , € Re a kilog. kilog. et heure 4 heures; | enr} degrés)| je et heure | et henre 14-5-28.| 6 25 296: | 38.9! 2 2.037! 1.995! 0.712| 6.70 38.0 (Contrôle graphique.) 16-5-28 21 24 295 | 40.0! 3 2.03 2.489| 0.886| 6.98 40:2|12 ù (Contrôle graphique.) - 7-5-28.| 28.5 24 327 | 40.0 3 02946! 4007| 0.77 |: 3.065 295310
RTS es
L'examen anatomo-pathologique nous donne la preuve de la persistance de vestiges de l’appareil thermorégulateur central. Chez aucun des pigeons opérés par nous la totalité des noyaux diencéphaliques n’est détruite De plus, quand le trouble de la thermorégul:tion a été profond et durable, la lésion trouvée est toujours étendue, et touche les noyaux hypothalamiques principaux ; si au contraire les troubles de la thermorégulation n’ont été que passagers, ou de faible intensité, on ne constate sur les coupes que des lésions portant sur des noyaux de faible étendue ; mais quel que soit le noyau détruit (noyau antérieur, noyau rond ou noyau latéral), la nature des troubles observés reste la même. Ils ne diffèrent que par leur intensité. Il ne semble donc pas possible, du moins chez le pigeon, de faire une distinction qualitative parmi ces formations nucléaires diencéphaliques en ce qui concerne les mécanismes thermorégulateurs, et de considérer un de ces noyaux comme représentant spécifiquement le centre thermique. C’est à l’intégrité de l’ensemble
des noyaux diencéphaliques que semble liée la régulation thermique.
Le fait le plus important que nous ayons observé chez nos pigeons à lésion du thalamus, c’est que, comme l’a constaté RoGers (139, 146, 150), ces animaux sont restés polyuriques pendant toute la période où ils étaient incapables de régler leur tempéralure. Il y a synchronisme parfait et constant’ entre . l'apparition et la disparition de ces deux phénomènes. Cette constatation nous a poru d’un tel intérêt physiolo- gique pour comprendre l’origine des trouoles de la régulation thermique, que nous en avons fait l'étude par ailleurs. |