‹ Contribution à l'Étude du MégacolonChapitre 25 sur 37 · OBSERVATION XXXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXII

(du Service du Professeur Ombrédanne, recueillie par M. le Professeur Nobécourt)

Garçon né normalement.

Depuis naissance : constipation permanente avec vomissements fréquents cessant après évacuation intestinale.

A 8 mois : première crise d’obstruction intestinale qui cesse après une débâcle de matières. Depuis, de temps en temps, crises caractérisées par des douleurs abdominales, l'arrêt complet des matières et des gaz, du ballonnement du ventre, crises terminées toujours par une débâcle intestinale.

A 4 ars et demi : abdomen très gros, très météorisé avec des mouvements péristaltiques.

Toucher rectal : Spasme très marqué dans la partie

haute de l’ampoule rectale : une fois l’obstacle franchi,

débâcle de matières. A 1 em. au-dessus de la zone contractée, le doigt au retour accroche un repli très saillant de la muqueuse qui forme une espèce de valvule.

Radio : Mégacôlon total.

OBsERVATION XXXIII (Soltau-Femvick)

Garçon de 1 an 5 mois.

Histoire : Cinq premières semaines, bonne santé mais selles difficiles. Depuis cette date, la constipation augmente graduellement, si bien que ni l’huile, ni les lavements ne provoquent sûrement d'évacuation. Jusqu'à 9 mois, l'abdomen semble normal ; à partir de cette date, il commence à se distendre. D’abord distension intermittente, disparaissant complètement avec l’évacua-

tion intestinale ; mais bientôt permanente à mesure que l'enfant grandit. Depuis 2 mois : état général décline.

Depuis 12 jours : distension augmentée, constipation absolue, vomissements de temps à autre.

Examen : Enfant émacié, fontanelle largement ouverte, 2 incisives supérieures seulement.

Abdomen : globuleux, surtout au-dessus de l’ombilic, circonférence : 27,pouces. Parois flasques, non douloureuses. Pas de tumeur. De temps à autre : mouvements péristaltiques.

Toucher rectal : Sphincter anal contracté : l’enfant pousse des cris. Pas de fissure.

Thorax : Base évasée, sommet rétréci. Pointe du cœur au troisième espace intercostal gauche. Dyspnée légère.

Hypothermie, urines rares, mort.

APN A

Autopsie : Côlon transverse, pelvien et rectum (obsta-

cle au niveau de l'anus) dilatés. Sphincter anal bien

développé. Muqueuse ulcérée. Ganglions mésentériques hypertrophiées. Hypertrophie des parois.

OBSERVATION XXXIV (Lardennois)

(résumée)

Garton de 15 ans.

Constipation depuis enfance.

Examen : Petite taille, chétif,

Abdomen distendu, thorax évasé, cœur refoulé ; ondes péristaltiques avec coliques. Dans l'effort (course), des matières boueuses abondantes sortaient par l’anus.

Quantité de gaz expulsés considérable.

Etat général mauvais.

Hypertrophie accentuée du releveur de l'anus.

Guérison par dilatation du releveur.

Ces observations apportent la preuve matérielle de l'obstacle, cause du mégacôlon. Dans l’observation XXVIII la valvule est peu marquée, mais elle peut favoriser ou accentuer une constipation relevant d’une des multiples causes que nous avons examinées plus haut. Elle peut provoquer des crises d’obstruction intestinale qui accélèrent la dilatation colique. Dans l’observation XXIX, l’action de la valvule est combinée à celle d’une dolichocolie. Dans lobservation XXX, on relate une bride et une valvule. Des

contractions spasmodiques combinées à une valvule

NOUS sont à l’origine des mégacôlons des observ. XXXI et XXXII Enfin, dans les deux dernières, les spasmes sont tels qu’ils entraînent une hypertrophie nette des

muscles correspondants (sphineter anal et releveur de

l'anus.

40 ORIGINE ENDOCRINIENNE X OBSERVATION XXXV (Professeur Nobécourt)

Garçon né à terme le 24 décembre 1911. Nourri au sein jusqu’à 1 an ; première dent à 8 mois, parle et marche à 16 mois. Croissance physique et intellectuelle lente. A 11 ans, taille et allure d’un petit enfant. Il est gros, lent dans ses mouvements, ne marche pas seul, parle à peine, ne s’intéresse à rien.

En juin 1922, on commence un traitement thyroïdien : amélioration au bout de 3 mois ; l’enfant recommence à marcher et parle mieux.

À 12 ans et demi, on pratique l’ablation des végétations adénoïdes.

Mais le phénomène qui nous intéresse, c’est la constipation ; elle est habituelle et très forte, les matières sont fétides et dures.

A 13 ans et 6 mois : taille : 124 cm. (inférieure de 24 cm. à la moyenne), poids : 25 kgr. 900 ; aucun signe de puberté. Gros crâne, front haut, orbites écartées, racine du nez aplatie.

Thorax globuleux à base élargie ; abdomen très distendu, gros, peu sonore ; ligne blanche large, circula-

tion collatérale veineuse exagérée, hernie ombilicale ;

io

mouvements péristaltiques visibles. Ventre légèrement douloureux; vomissements. Un lavement évacuateur provoque une débâcle. Bordei-Wassermann : H8, Hecht, antiréaction à la tuberculine négatives.

Radio : Dolicho et Mégacôlon ilio-pelvien.

Rectoscopie : aucun obstacle.

OBSERVATION XXXVI (Velasco-Blanco)

Fille de 12 ans, unique, de mère arriérée, sans goître, sans fausses-couches.

Histoire : À 5 ans, retard physique et intellectuel, ne parle presque pas. Constipation opiniâtre.

Examen : Aspect de crétin. Taïlle 0 m. 98 au lieu de 1 m. 36, facies sans expression. Brachycéphalie, cheveux rares, nez déprimé, grosses lèvres; cou court, thyroïde kystique. Pouls : 80. Peau sèche, froide. Mouvements lents.

Ventre énorme. Circonférence : 0 m. 65. Mouvements péristaltiques à gauche ; distension indolore, tympanique ; appétit diminué. Pas de selles depuis 5 jours.

Curage digital : extraction d’un bol fécal amenant une débâcle.

Radio : Enorme dilatation du côlon, surtout iliaque.

OBSERVATION XXXVII (Bensaude, Caïn, Layani)

Garçon de 16 ans, plombier, entré pour troubles dyspeptiques datant de 2 ans, en mars 1925, à l’âge de

14 ans.

Début : Digestions laborieuses avec bâillements et ten-

OR 5 MES dance au sommeil, points douloureux sous-hépatiques, pesanteur gastrique.

Octobre 1926 : Crises douloureuses abdominales. Distension abdominale provoquant de l'angoisse. La position génu-pectorale permet lévacuation des gaz par l'anus et la bouche ; l’abdomen se dégonfle et la crise cesse. Une deuxième crise est guérie par des vomissements provoqués suivis de l'évacuation des gaz. ss

Examen : Période de crise : distension globuleuse, surtout à la région supérieure qui est douloureuse spontanément. Pas de péristaltisme.

Dans l'intervalle des crises : légère sensibilité soushépatique mais non vésiculaire.

Tubage à jeun : Débris alimentaires ingérés deux jours avant. Liquide abondant sans HCI libre. Pas de sang.

Radio : Aérocolie marquée. |

Ingestion de baryte : liquide de stase abondant; évacuation lente, faible ; déformation extrinsèque du bulbe pylorique, car déformation cesse pour certaine position ventrale droite. 12 heures : baryte encore dans l’estomac. 32 heures : encore résidu gastrique.

Lavement : Anse sigmoïde énorme, en boucle sous le foie (4 litres de gélobarine), il aurait fallu 9 litres pour remplir tout le côlon.

Rectoscopie : Pas de bride, ni valvule.

Terrain : Sujet à psychisme puéril, insouciant, instable ; accès d’hypocondrie suivis d’explosion de gaieté. À 16 ans : 1 m. 78 de taille, 1 m. 82 d'envergure ; périmètre thoracique 92 em ; mains grosses, pieds chaussant du 44, langue épaissie (acromégalie légère). Organes génitaux exagérément développés, poils bien fournis,

caractères sexuels secondaires bien développés, mais

Lo pese

sens génésique absent. Selle turcique normale ; pas de polyurie, ni glycosurie, champ visuel normal.

Antécédents : Encéphalite épidermique à 14 ans, diagnostiquée aux Enfants-Malades (diplopie, hypersomnie, fièvre durant 1 mois). Séquelles : aréflexie achilléenne. Système neuro-végétatif normal.

Signes négatifs : Pas de constipation, mais symptômes gastriques au premier plan.

Causes probables de cette atypie symptomatique :

is Compression par aérocolie ;

2° Altération fonctionnelle de l’estomac ;

3° Ecart de régime : malade gros mangeur.

Tous ces facteurs seraient consécutifs à une encépha-

lite épidémique.

Ces trois observations montrent que le mégacôlon peut être consécutif à des troubles endocriniens, sans que nous puissions déterminer de quelle façon agissent ces troubles, est-ce par un processus trophique ou par une action nerveuse. Dans les deux premières, la constipation suffit peut-être à expliquer la dilatation colique, que favorise une mauvaise qualité des tissus. Dans la dernière, le mégacôlon nous apparaît comme une sorte de gigantisme local, consécutif aux altérations de la région infundibulo-hypophysaire. Cette observation est en plus atypique, puisque le mégacôlon ne se traduit cliniquement que par de la distension abdominale avec des troubles gastriques, sans constipation. L’hypertrophie des parois est-elle suffisante pour assurer la fonction éva-

cuatrice, malgré la dilatation de calibre?

DRE So

L'étude des observations de ce chapitre, nous montre qu’il existe plusieurs formes cliniques du mégacôlon :

1° Dans la grande majorité des cas, c’est la constipation qui précède la distension abdominale.

2° Dans certains cas, la distension précède la constipation ou existe seule d’une façon isolée. Peut-être dans ces cas de distension abdominale isolée avec des troubles secondaires (gastriques par exemple) sans constipation, verrons-nous la constipation apparaître un jour lorsque la musculature du côlon faiblira.

En tous cas, le symptôme le plus constant est la distension abdominale tympanique ; il ne manque jamais lorsque le mégacôlon est constitué. La constipation peut manquer, car une forte musculature du côlon (obs. XXXIIT) empêche son apparition, un flux catarrhal inflammatoire peut la transformer en diarrhée ; tandis qu'un mégacôlon, rempli de gaz à un degré normal habituel, provoque déjà de la distension abdominale ; en d’autres termes, un mégacôlon déjà constitué (à moins qu’il ne soit insignifiant ou très localisé à un petit segment) doit déterminer une plus ou moins grande distension abdominale.

Or, dans toutes les observations de ce chapitre, la

distension abdominale n’apparaît que tardivement,

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