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L'IODE PHYSIOLOGIQUE ET LA GLANDE THYROIDE

Pour nous permettre de conclure sur l’objet de cette étude qui est celle de l’iode dans les aliments et sa fonction physiologique chez l'enfant et chez l’homme, il convient de dire quelques mots sur la présence de l’iode dans la Glande thyroïde.

Cet organe, réservoir d'iode, le retient, l’emmagasine pour le distribuer dans l’économie, tel un régulateur mystérieux.

La glande thyroïde dont le poids est de 25 à 30 grs. contient, d'après les analvses du savant professeur QuEervax, de Berne (41), de 2» à 6 grs. d'iode, avec une dose un peu plus forte chez la femme que chez l'homme.

Si cette dose d’iode est considérablement dépassée on observe une hypertrophie hypériodique, le goître exophtalmique.

Si, au contraire, il v a déficience de la quantité d’iode, on observe une hypertroyhie hypoiodique, le goître endémique, hypertrophie et dégérescence atrophique de la glande. Cette dernière affection, le Goître endémique, très répandue, atteignant la race de certaines régions, à la base, dès la période embryonnaire, est provoquée par la carence de l’iode qui entraîne une

altération fonctionnelle de la glande thyroïde, cause des désordres aussi bien physiques qu'intellectuels.

Il se manifeste par des arrêts du développement de l’enfant, suspendant sa croissance, altérant ses organes génitaux, et son intelligence.

Cette hypertrophie atrophique de la glande et l’altération de ses sécrétions, affecte rapidement le squelette, les os longs restent courts, les mains et les pieds sont trapus et carrés, l’ossification se fait mal, les os présentent une sorte de translucidité, la chaux ne se fixant pas ou mal.

La puberté ne se développe pas, la stérilité chez la femme et la frigidité chez l’homme sont la règle. Les organes génitaux restent enfantins, les cheveux rares, les dents irrégulières et souvent cariées.

La surdi-mutité est fréquente. |

La mémoire s'abolit, l'intelligence reste suspendue ou rétrograde, le crétinisme s'ajoute au nanisme.

Cette déchéance est le corollaire de la déchéance thyroïdienne causée par une déchéance iodée. Toutes ces manifestations s'apaisent et parfois disparaissent par l'administration d'un traitement thyroïdien ou iodé.

La glande thyroïde a la totalité de son iode condensé dans une globuline, la thyroxine (KeNpaLL), (42), qui en contient 60 © environ. La glande thyroïde de la femme en contient davantage.

La thvroxine est une substance cristalline blanche, sans goût ni Gdeur. Pendant les manipulations, KeNpbaLL a trouvé que la présence de tous les métaux, sauf le nickel, l'or, le platine et l'argent détruisaient ce composé iodé.

Pendant la grossesse, pendant la ménopause, au moment de la formation, au moment des règles, la glande thyroïde s’hypertrophie passagèrement chez la femme. A. Gaurier a constaté que l'iode s'éliminait en assez grande quantité dans les menstrues. MoxeRs (43), a trouvé que chez les jeunes filles impubères, la thyroïde contenait plus d'iode que la thyroïde des menstruées,

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CnarRiN et BourGer ont trouvé que la thyroïde des nouveauxnés bien constitués renferme de l'iode de façon constante et ils ont trouvé que l'absence ou la diminution de l’iode ne s'observait que dans les cas où les mères de ces enfants offraient des antécédents pathologiques.

Quand le rejeton est fils d’un alcoolique, d'une typhique, d'une femme en pleine infection ou intoxication vers la fin de la grossesse : quand lui-même à été cachectisé par différents processus, généralement on constate l'absence d'iode dans sa thyroïde.

Inversement, lorsque le nouveau-né, d’ailleurs bien constitué, a succombé en quelques instants, pendant laccouchement, à un accident de travail, on rencontre ordinairement dans la thyroïde des quantités dosables de ce principe spécifique.

Fencer (45) a recherché l’iode dans la thyroïde du foetus du veau et dans celle de veaux à la mamelle. Il a constaté la présence de l’iode longtemps avant l'accouchement, avec le maximum chez les jeunes animaux en voie de croissance ; il existe, dit-if, un rapport entre la teneur en iode de la thyroïde maternelle et celle du foetus.

Selon Sermezz, et FEenper (46) il existe 3 fois plus d’iode dans les glandes prélevées entre Juin et Décembre qu'entre les mois de Décembre et Maï.

Chez le mouton et le bœuf, la glande thyroïde est très volumineuse pendant les mois où le pourcentage est faible.

Chez les mâles castrés l’iode était plus abondant que chez les témoins, quoique légèrement plus faible que chez les femelles.

Avec la vieillesse la quantité d’iode diminue, les maximum étant entre 4o et 60 ans.

La quantité d’iode est variable selon les races, selon les espèces, mais il existe dans toutes les glandes thyroïdes (CAMERON, 35).

Les travaux de cet auteur ont porté sur un très grand nombre d’espèces animales, il a recherché et dosé l’iode dans les glandes

thyroïdes d'animaux marins et terrestres et toujours, il a trouvé de l’iode avec des pourcentages très divers.

Ces variations sont uniquement sous la dépendance de Tl'alimentation de l'animal et du milieu. Il est certain que le régime alimentaire constitue le principal apport d'iode à lorganisme.

Les glandes thyroïdes deviennent riches en iode quand on ajoute de faibles doses de substances iodées au régime journalier (régions maritimes) et tout au contraire pauvres en iode quandl'alimentation est dépourvue de ce métalloïde (régions montagneuses), où l’on rencontre le goître endémique en de très gran-

des proportions.

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