‹ Contribution à l'Étude du Nystagmus des MineursChapitre 24 sur 28 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Fréquence du nystagmus.

Nous avons été frappé du nombre peu considérable de nystagmus que nous avons pu rencontrer dans le bassin houiller de Saint-Etienne, qui, à ce point de vue, se rapprocherait des exploitations du midi (Anzin, Decazeville et Cransac.)

Des proportions fort différentes ont été signalées par les différents auteurs qui se sont occupés de la question.

Les plus élevées sont celles de M. Romiée. Voici les chiffres que donne cet auteur, qui en a rencontré près de neuf cents cas. En prenant toutes les classes des employés aux travaux souterrains, M. Romiée trouve un nystagmique sur cinq ouvriers. Voici le détail d’une de ces opérations de pourcentage ayant porté sur 719 mineurs :

18 ouvriers de larChentèle SERRE ER Re 18 Houillère d’Abhoz, sur . ....... 120 ouvriers. 15 — Gozon et Lugasse, sur . . 200 38

— Hessales-Lugasse, sur. . . 120 — 41

— HOTOZ NEUTRE RER 100 — 22

—— Waudre/sur 00e 150 — 30

— de l'Espéranée, sur... "0055 — 26

— dela TIave Sur ES FAT — 15

— du Banelus Sur re 200 25 149 240

Soit, dans cette seule opération, une proportion sde 33 0/0.

Pour le docteur Court de Stavely, cette proportion est souvent plus forte. Sur 735 ouvriers des mines de Stavely, il à trouvé une proportion de 37 °/. Par contre, dans le district de Durham, il ne trouve que 11 à 12c/, de nystagmiques. Il fait remarquer que, dans ces derniers puits, les hommes se trouvent dans des conditions particulièrement favorables au point de vue de l'éclairage et de la position dans le travail.

Pasquier, chez les haveurs au charbonnage d'Ormont, en a trouvé 50 °,. 21 sur 33 au puits Colliard, 20 °} à Mariemont.

Ces chiffres ont paru exagérés à M. Dransart, qui estime à 3.400 cas environ sa fréquence dans les bassins du nord de la France. Sa fréquence varie entre 5 et 30 °/, dans la forme légère ; elle est d'environ 2 c/, pour les cas graves avec troubles fonctionnels marqués.

Nieden (Berliner Khinische Vochenschrift,Nov.1881) trouve la proportion de M. Romiée sensiblement trop forte et se range à peu près aux chiffres de M. Dransart.

Signalons enfin le pourcentage de M. Pechdo (loc. cit.). Pour lui, dans les mines du midi de la France : Anzin. Carmaux, Decazeville..….., il n’y aurait que 4 à 5°} de nystagmiques. Mais il nous paraît comprendre seulement, dans ce nombre, les cas graves accompagnés de troubles dans les fonctions de l'œil.

Le nombre de nystagmus, parmi les ouvriers du bassin houiller stéphanois, est de beaucoup inférieur à celui des mines du Nord, de Belgique et d'Angleterre.

M. le docteur Montagnon a recherché le nystagmus sur cinq cents mineurs qui se sont présentés dans son cabinet. Ïl n'a rencontré que neuf cas de nystagmus : nous avons

Perd

vu plus haut que, sur ces neuf cas, six étaient accompagnés de troubles de la réfraction ou d’une affection nerveuse au début.

Ilexiste, à l’'Hôtel-Dieu de Saint-Etienne, six consultations gratuites par semaine (médecine et chirurgie). Ce sont les ouvriers mineurs qui l’alimentent en grande partie. Pendant trois mois, nous avons soigneusement examiné les yeux de cent cinquante houilleurs, venus à lhôpital pour des affections diverses. Nous n'avons trouvé que six cas de nystagmus. Nos collègues ont été également frappés de la rareté de cette affection que les travaux classiques représentent comme relativement fréquente.

Sur trois cents mineurs examinés dans une exploitation voisine de Saint-Etienne, nous n’avons trouvé que trois cas de nyslagmus.

À quoi pouvons-nous attribuer celte fréquence moins orande du nystagmus dans le bassin houiller stéphanois ? Nous n’hésitons pas à lattribuer à l’installation excel-

“"lénte dés puits de la région.

Nous avons pu, grâce à l’obligeance de M. Faure, ingénieur à la Compagnie des Houillères, visiter un puits de cette Compagnie (puits du Treuil). Les galeries y sont élevées, le mineur y travaille debout, à l'aise. A part quelques cas tout à fait exceptionnels, il ne travaille Jamais couché dans des veines inclinées.

Le puits est profond d'environ 600 mètres, mais Paération y est aussi parfaite que possible, grâce aux ventilateurs puissants fonctionnant sans interruption. Néanmoins, les ouvriers sont obligés de se servir de lampe de süreté : le système employé est le type Marsaut. C’est celle de toutes les lampes à tamis qui donne le plus de lumière.

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C’est grâce à toutes ces conditions combinées que le nystagmus y estrare, car, nous le répétons, nul doute que la position forcée du regard, l’éclairage insuffisant, Paération défectueuse peut-être ne contribuent à faire apparaître le nystagmus des mineurs. Aussi en rencontrons-nous peu à Saint-Étienne où ces inconvénients sont évités dans la mesure du possible. Qu'on place les mineurs de la Loire dans des galeries basses, étroites, mal éclairées, on verrait évidemment le chiffre de fréquence de l'affection augmenter de beaucoup.

La moindre anomalie de réfraction, le plus léger trouble de la vue seront le point de départ du tremblement nystagmique, et tel ouvrier hypermétrope, astigmate ou héméralope, verra tout à coup, dans ces nouvelles conditions, ses yeux trembler, alors que, dans de meilleures conditions d'exploitation, ces troubles oculaires passaient inaperçus ou du moins ne se manifestaient pas par du nystagmus.

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