ACTION ANTI-EPILEPTIQUE
Le traitement médicamenteux de l’épilepsie a été transformé par l'introduction en thérapeutique des barbituriques, et la phényléthylmalonylurée constitue encore le médicament de choix indiscuté.
Néanmoins, nous avons tenté de faire bénéficier certains épileptiques, mis en observation, du renforcement de l’action de la phényléthylmalonylurée, par la quinine, renforcement qui s'était déjà manifesté dans les observations citées plus haut.
En effet, on sait que, lorsque la phényléthylmalonylurée est prise à dose suffisante et amène ja disparilion complète des crises et des vertiges, il existe une dose minima, précise au centigrammhe, au-dessous de laquelle on ne peut descendre sans voir la réapparition immédiate des accès.
Si, par exemple, certains épileptiques se trouvent en équilibre gardénalique avec 0,30 cgr., 0,20 cgr. ou 0,10 cgr. de phényléthylmalonylurée, tout essai de diminution à 0,25 cgr., 0,18 cgr. ou 0,08 cgr. amène la reprise des crises.
Or, en tenant compte de ces notions d'équilibre gar-
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dénalique et de la dose minima nécessaire, nous avons noté, au cours des observations qui vont suivre, que la substitution du phényléthylbarbiturate de quinine à la phényléthylmalonylurée seule semble réaliser un abaissement du niveau de cet équilibre, comme le prouve la diminution de la dose de barbiturique administrée.
Dans une de nos observations nous avons pu abaisser la dose de barbiturique nécessaire, de 0,20 cgr. à 0,16 cgr., mais un essai d’abaissement à 0,14 cgr. amenait une réapparition des vertiges.
D'autre part, chez deux petits épileptiques, ne présentant qu’une à trois crises par mois, nous avons constaté la suppression durable des troubles avec des doses de 0,10 cgr. et de 0,20 cer. de phényléthylbarbiturate de quinine, soit : avec 0,04 cgr., d’une part, et 0,08 cgr., d’autre part, de phényléthylmalonylurée en combinaison avec la quinine.
Il est à noter qu’une dose de 0,12 à 0,15 cgr. de phényléthylmalonylurée seule était nécessaire antérieurement pour obtenir la suppression des symptômes comitiaux, chez ces malades.
Il est avantageux de pouvoir, par l’essai du phényléthylbarbiturate de quinine, chez les épileptiques, diminuer la dose de barbiturique ingérée, tout en conservant l’équilibre thérapeutique.
D'autre part, il nous paraît intéressant de signaler une diminution importante des phénomènes d’into-
lérance, de la somnolence, ou de: l’abrutissement; il
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semble même qu’il y a une amélioration de l’état psychique.
Enfin, l’usage du phényléthylbarbiturate de quinine devrait, du fait de la faible quantité de barbiturique ingéré, diminuer les risques d'intoxication et de barbiturisme chronique.
Ainsi, nous n’avons jamais eu à enregistrer chez nos malades aucun des symptômes que l’on a décrits comme des manifestations de barbiturisme chronique tels que : rhumatismes chroniques, douloureux, ankylosants ou éruptions polymorphes avec érythro-
dermie.
OBSERVATION I
M. R.., 25 ans, employé de commerce, depuis l’âge de 18 ans, présente des crises comitiales, à raison de une à deux par mois.
Dans l’enfance, il a été victime d’un traumatisme cranien. Dans ses antécédents familiaux, on ne trouve aucune épilepsie. Il a été traité au bromure pendant 3 ans, sans résultat définitif. Plus tard, il a été mis à la phényléthylmalonylurée, pendant un an, à raison de 0,12 à 0,15 cgr. pro die, les crises n’ont jamais complètement disparu.
Cependant, le malade est resté parfois deux mois sans en avoir.
Nous lui avons fait prendre 0,10 cgr. de phényléthylbarbiturate de quinine, soit 0,04 cgr. de phényléthylmalonylurée, pendant 20 jours par mois.
Le premier mois, il présenta une seule crise.
Depuis cette date, aucune crise et aucun vertige n’est réapparu.
Le traitement dure depuis un an et demi.
Le malade est euphorique et ne se plaint d’aucun trouble d’intolérance. Il exerce sa profession, sans aucune difficulté et sans aucun ralentissement psy-
cho-moteur.
OBSERVATION II
M. Sej.., 45 ans, le début de ses crises remonte à l’âge de 36 ans. Pas d’antécédents familiaux.
Actuellement il présente deux à trois accès par mois, et quelques vertiges.
Avec 0,15 cgr. de phényléthylmalonylurée, on obtient la suppression des crises, mais il présente des douleurs à type rhumatismal surtout musculaires, sorte de courbature douloureuse survenant de préférence dans la région lombaire.
Au début du traitement, le malade a eu une éruption prurigineuse qui a duré plus d’un mois et demi. Nous lui avons fait prendre en cachets 0,40 cgr. de phényléthylbarbiturate de quinine, puis progressivement nous sommes descendu à la dose de 0,20 cgr., pro die, soit 0,08 cgr. de phényléthyImalonylurée. Pendant deux mois de ce traitement, le malade n’a présenté qu’un accès léger et trois vertiges. L'accès coïncidait avec une sortie et des excès alcooliques
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probables; un vertige est apparu après 3 jours de suspension de médication. Très amélioré à tous points de vue, il a pu reprendre sa place de comptable.
OBSERVATION III
M. Brun. André, âgé de 32 ans, ouvrier agricole, entré le 7 novembre à l'hôpital.
La première crise d’épilepsie remonte à l’âge de 20 ans au Conseil de révision.
Depuis cette date, les crises se renouvellent, tous
les deux mois, à raison de une à deux par mois. Pas d’antécédents familiaux.
Soumis à un traitement par la phényléthylmalonylurée, à la dose de 0,10 cgr. pro die, le malade se trouve en équilibre avec suppression de ces crises.
Par contre, on note un état de torpeur et de somnolence diurne très marqué. On substitue à ce traitement 0,10 cgr. de phényléthylbarbiturate de quinine en comprimés, pro die, soit 0,04 cer. de barbiturique.
Immédiatement, dès les premiers jours du traitement, le malade se sent plus euphorique et n’accuse aucune lassitude et aucune torpeur.
Nous n’avons chez ce malade constaté aucune réapparition de crises, pendant la continuation de ce
traitement, qui a duré 4 mois.
OBSERVATION IV
M. Lub.…., 26 ans, présente depuis l’âge de 14 ans, des crises comitiales à raison de 2 à 3 par semaine, avec de nombreux vertiges.
Avec 0,20 cgr. de phényléthylmalonylurée, associée à un gramme de tartrate borico-potassique pro die, on a obtenu une suppression des crises, mais la somnolence est très accentuée.
LrAME 127.
Urines 1.200 cc. par 24 heures. y
Ce malade est soumis à un traitement par le phényléthylbarbiturate de quinine, à la dose de 0,50 cgr. en cachets, dose correspondant à 0,20 cgr. de phényléthylmalonylurée.
Les résultats sont bons à tous points de vue.
Déjà la disparition de la somnolence diurne permet de penser à une meilleure tolérance.
Progressivement, on arrive à la dose de 0,40 cor. de phényléthylbarbiturate de quinine, soit 0,16 cer. de phényléthylmalonylurée, sans que les crises réapparaissent. ;
La: TA TIeZ.
Le malade reprend du poids. Il n’accuse alors ni abrutissement ni somnolence diurne, ni bourdonne-
ments d’oreilles. :
Nous avons essayé la dose de 0,35 cgr. de Ne éthylbarbiturate de quinine, soit 0,14 cgr. de phényl-