‹ Contribution à l'Étude Du Pronostic Éloigné De L'Opération Césarienne Conservatrice ClassiqueChapitre 4 sur 27 · CAR · texte numérisé non relu

CAR

jadis, ne naissait pas toujours vivant, qu'à la mère qui, dans presque tous les cas, succombait à l'acte opératoire.

Mais la suture n’était pas tout ; on avait déjà, à cette époque, enregistré les bienfaits des données nouvelles que Pasteur et Lister venaient d'introduire dans la chirurgie, et Berlin, en 1890, dans sa remarquable étude sur l'historique de l'opération césarienne, leur attribuait avec reconnaissance tous les succès qu'on enregistrait déjà.

Après l’antisepsie vint l’asepsie qui, suivant la très juste remarque du professeur Terrier, n'est qu'une antisepsie atténuée. Entre temps, la technique se modifiait ; on apportait des transformations heureuses à la méthode de Saënger dont, il faut bien le dire, il ne reste plus aujourd'hui grand chose : on voulait faire de la césarienne une opération réellement conservatrice et il était question déjà, non plus seulement du pronostic immédiat, que des observations, chaque jour plus nombreuses, montraient être excellent, mais encore du pronostic éloigné, de l'avenir des grossesses futures.

Voyons un peu, en suivant les stalistiques, comment allèrent en s’améliorant les résultats immédiats et éloignés.

En 1889, Caruso publie une statistique ; c’est, 11 nous semble, la plus ancienne en date. Elle porte sur 200 opérations faites depuis 1882. bo femmes ont succombé ; mortalité : 25 %. Pour les enfants, 184 sont nés vivants ; mortalité : 8 %. Cette statistique

Ft Vue

présentait un autre intérêt au point de vue du pronostic éloigné que nous voulons surtout envisager. Caruso put suivre le sort ultérieur de 8o des enfants ; 56 étaient vivants et bien portants à l’âge de cinq ans, ce qui montre bien combien étaient exagérées les craintes émises sur le développement et la sant des petits césariens.

En 1895, Démelin publie une statistique de 16; opérations conservatrices pratiquées depuis 1887. La mortalité maternelle n’est plus que de 20%. En 1900, Braün d’un côté, le professeur Bar de l’autre, rassemblent les statistiques les plus récentes et arrivent à une mortalité maternelle variant entre 6,6 % et 4,8 % ; à une mortalité fœtale variant entre 5,59 (Bar) et 5,58 (Braün). Aujourd'hui, le nombre des opérations césariennes effectuées est considérable. La mortalité maternelle oscille entre 4 et 5 % et la mortalité fœtale enre 4 1/2 et 5%.

Mais arrivons au fait qui nous intéresse plus particulièrement : celui des opérations répétées.

En 1900 avait déjà paru la statistique de Caruso, qui portait sur 9 femmes ayant été opérées deux fois et sur 3 femmes l’ayant été trois fois. Ces 12 femmes donc, à elles seules, avaient subi 27 opérations césariennes ; toutes ont guéri ; un enfant a succombé.

Bar, dans sa statistique de 1900, distingue 26 femmes, dont 19 ont été opérées deux fois, 6 trois fois, r quatre fois, sans un décès.

Abel a publié l'histoire de 15 femmes opérées à

Leipzig par lui et dont 11 ont subi la section césarienne deux fois, et 4 trois fois ; toutes ont survécu.

Wallace, en 1902, réunissait 96 cas d'opérations répétées et ce nombre alla chaque jour s'’augmentant. D'après M. Singer, de 1882 à 1909, 384 césariennes itératives sur 3734 femmes auraient été pratiquées. Nous avons publié à la fin du chapitre suivant quelques statistiques récentes.

On le voit, les résultats étaient des plus encourageants et l’on conçoit fort bien que nombre d’auleurs écrivent alors : « La bénignité de l'opération césarienne répétée est attestée par les faits. » Mais à côté de nombreux cas très favorables, les observations d'accidents graves survenus du fait d'une nouvelle grossesse évoluant dans un utérus césarotomisé se faisaient aussi plus nombreuses et si Schauta, en 1899, n'hésitait pas à affirmer qu'après « l'hystéromie pratiquée exactement avec les règles de la technique moderne on ne doit plus avoir lieu de redouter la rupture de la cicatrice lors des accouchements ultérieurs », en 1906, M. Couvelaire en rapportait 9 cas, en 1908 M. Vasseur à pu en rassembler 71 as, M. Brodhead de New-York »0 cas et M. Singer 27, EN 1909, Sans compler cinq cas simplement signalés sans observations à l'appui. Aujourd'hui le nombre de ces ruptures est bien dépassé.

Et cet accident grave n'était pas le seul à envisager — il ÿ avait aussi les adhérences, jugées par ant d'auteurs accidents négligeables — ; on leur

se | — II —

reprochait pourtant des avortements, des crises douloureuses, des obstructions intestinales même. Lors d'une seconde opération elles pouvaient être, comme nous le verrons une complication grave si bien qu'il fallait parfois envisager la question de la stérilisation de la femme.

Nous voudrions dans cette modeste contribution signaler en nous basant sur les travaux les plus récents les dangers qui menacent la césarotomisée redevenant enceinte, dans quelle mesure on peut y remédier et enfin quelles particularités présentent parfois les césariennes itératives. Nous ferons suivre notre courte étude de quatre observations de césariennes itératives pratiquées à la Maternité de Rennes dans ces dernières années. Nous les devons à l’obligeance de M. le Professeur Véron, auquel nous adressons nos plus vifs remerciements.

Page 1