‹ Contribution à l'Étude du Purpura VésicalChapitre 3 sur 13 · OBSERVATION ORIGINALE · texte numérisé non relu

OBSERVATION ORIGINALE

Hématurie avec lésion de purpura Vésical au cours

d’une endocardite infectieuse avec néphrite urémigène H. R. 17 ans, mécanicien, entre le 2 décembre 1920 dans le service du professeur agrégé Ghevassu à l’hôpital Cochin.

Dans les premiers jours de novembre 1920 le malade jusqu'alors en parfaite santé faisait sans fatigue son métier d’ajusteur, est pris brusquement dans la nuit d’une sensation de froid avec frissonnement, le lendemain il se sent un peu fatigué, continue néanmoins à travailler, mais le soir est pris à nouveau de frissons ; fatigué, mal à l'aise, sans appétit, il cesse son travail et s’alite ; les symptômes s’accusent, malaise, courbature, anorexie. Quelqués jours avant son entrée à l'hôpital le malade remarque que ses urines deviennent rouges sanglantes ; pendant la durée de cette hématurie douleurs lombaires peu intenses bi-latérales mais particulièrement marquées à gauche en même temps pollakiurie nocturne, quatre à cinq mictions impérieuses et douloureuses, cette

hématurie détermine le malade à entrer à l'hôpital.

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Lors du premier examen le malade est pâle et semble

très fatigué, les urines sont nettement sanglantes dans

les trois verres, le dernier peut-être un peu plus teinté ; à la palpation de la région lombaire les reins ne sont pas perçus à gauche, douleur dans l'angle costo-vertébral, avec léger manque de souplesse de la paroi, rien sur le trajet urétéral,rien au toucher rectal, contenu scrotal normal ; l'examen du poumon ne révèle rien de spécial, mais Pexamen du cœur montre à la palpation un frémissement cataire et à l’auscultation on entend un souffle systolique apéxien Se propageant nettement dans Paisselle, et a la base un dédoublement peu net du deuxième bruit, température 38°, pouls 90°, rien à signaler dans les antécédents héréditaires, deux frères et une sœur en bonne santé, mère morte de grippe, père bien portant ; dans les antécédents personnels à signaler seulement une rougeole, le malade n’a jamais souffert de rhumatismes ni présenté aucun symptôme fonctionnel de lésion cardiaque.

Le 3 décembre l'examen du sang a montré :

Urée 1 gramme 66.

Polyurie expérimentale Co, 65,485 4%

Le 4 décembre examen cystoscopique : Urines nettement sanglantes, capacité 100 cc. Vessie très sensible s’éclaircissant lentement ; on est frappé immédiatement de l'aspect très spécial de la muqueuse vésieale, la vessie apparaît parsemée de grosses taches ecchymotiques rouge sombre de diamètre variable « pièce de 2 francs : lentille », ces taches sont surtout abondantes au niveau du bas fond, il en existe au niveau de chaque meat-urétéral.

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Ils apparaissent normaux entourés par la tache, deux ou trois taches plus petites au niveau de la face supérieure de la vessie, chaque tache apparaît comme formée par la confluence d’un picté hémorragique formant par endroit un placard irrégulier, on voit Sourdre au niveau de plusieurs taches du bas-fond de fines gouttelettes sanglantes en pluie, entre les taches la muqueuse est normale.

Catéthérisme facile des deux uretères, à droite on s'ar” rête à cinq centimètres, échantillon d'urine claire, à gauche on monte facilement à 20 centimètres, urine -claire, en éjaculation.

L'examen fonctionnel est pratiqué suivant la technique en usage dans le service de Monsieur Chevassu ; une sonde urétérale pour le rein gauche, une sonde vésicale pour le rein droit, pas de polyurie expérimentale ; deux prises sont pratiquées successivement sur chaque rein.

EAU Ürime,remseatche Pine RE 6,5 9,9 Vessie, rein droit. LP QUEUE I1VCC. ANT CC:

URÉE RS. ES Concentration Densité Urine; rein gauche ef" or 161030000700 Vessie, rein) d'OS "10210 I 00MO MS 20 08

L'examen histo-bactériologique des urines séparées montre qu'elles sont aseptiques et non sanglantes, quelques cellules épithéliales. L'examen global des urines montre l'absence de sucre, la présence de trace d’albumine, la recherche des cylindres n’a pas été effectuée.

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Le 5 décembre la radiographie montre l'absence de calculs.

Le 7 décembre l’hématurie diminue.

Le 8 décembre les urines sont claires, l’état général semble s'améliorer un peu, mais la température est un peu irrégulière oscillant en 37° et 38,5 ; le malade est au régime lacté. |

Le 10 décembre cystoscopie (D' Chevassu), on retrouve les mêmes taches ecchymotiques mais moins étendues,persistance en particulier des taches péri-urétérales.

Le 11 décembre poussée fébrile en crochet à 4o°. Sans symplômes, le malade est plus abattn, somnolent, toujours très pâle et très faible, aucune trace d’œdème, la température tombée à 36,9 le 12 est remontée progressivement pour atteindre 39,7 le 13 au soir. C’est sur le sujet fébrile qu'est fait malgré ces causes d’erreur un nouveau dosage de l’urée sanguine, urée 1 gr. 08.

Le 15 décembre le malade paraissant purement médical est passé en médecine dans le service du professeur Widal. < | (Suite de lobservation due à M. Hutinel, interne du

service). À part une extrême faiblesse avec somnolence et anorexie le malade ne présente aucun autre signe

d'intoxication azotémique, pas de vomissements, pas de diarrhée, pas d’altération de la vue :

Urée r gr. 45,le chiffre des chlorures du sérum est nor mal 5 gr. 97 au litre, il n’y a pas trace d’œdème, les urines ne contiennent ni albumine ni hématies, quelques globules blancs et des cylindres granuleux, pouls rapide 112-100 régulier mais petit, T M 8,T m. 4 ; la pointe du

cœur bat un peu en dedans du mamelon, souffle systolique apéxien se propageant nettement dans Paisselle, propagation lointaine de ce souffle vers la clavicule et dans le dos. A la radiographie cœur petit, foie un peu gros déborde un peu les fausses côtes, un peu douloureux à la palpation, rate non perceptible.

Examen du sang :

Anémie notable 3.400.000 globules rouges.

Polyleucocytose ‘25.206 globules blancs avec polynu-

cléose.

Polÿnucléaires neutrophiles 7,740 0e 088 Eôostnophiles ni user Sn EN Ne Grands mononucléaires . . . . . 2 Mononucléaires;moyensi 114 ter 0 Mononucléaires DBLitSi es UML re

Hémoculture négative.

Affaiblissement progressif et mort le 1° janvier.

Le malade n’a plus jamais présenté de sang dans ses urines, la température a oscillé entre 38 et 39°, la courbe des urines s’est maintenue aux/environs de 2.000 jusqu’au 26 décembre tombant rapidement à 1000 et à 250 le 25 et le 30 décembre.

Examen nécropsique’:

Liquide dans le péricarde. Végétations friables sur la valvule mitrale surtout localisées en un point. Embolie dans la rate ; gros rein pâle ; tous les autres organes normaux.

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