‹ Contribution à l'étude du reflux urétro-veineuxChapitre 23 sur 32 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

BELLANGER. — Journal de Méd. de Paris, 1927.

Le 6 mai 1926, je suis appelé à 9 heures du matin en consulta ion auprès d’un jeune homme de 25 ans, pour lequel dans la nuit même, on a dû pratiquer un cathétérisme évacuateur pour rétention aiguë. Le malade, très franc, nie toute atteinte uré.rale antérieure, mais rapporte quelques petits ennuis à la miction, comme celui qu’il vient d’avoir et qu’il attribue à un bain plutôt froid en piscine. Le cathétérisme avec une sonde n° 10 a été quelque peu pénible et a donné lieu à une légère urétrorragie. Âu moment où je vois le malade, il urine quoique difficilement, je pense soit à un spasme : le malade est très nerveux; soit plutôt à un rétrécissement congénital ou de nature bacillaire. Je remets l’examen au 8 mai à 16 heures à mon cabinet, en insistant sur la condition qu'il n’y aït eu depuis 24 heures pas la moindre trace de sang.

Mon malade vient au rendez-vous fixé; je le fais uriner devant moi : le jet est petit, sans force, mais l’urine est claire. Pas la moindre douleur au cours ou à la fin de la miction. Le patient étendu, lavage au bock du gland, du méat et de l’urètre antérieur avec une solution d’oxycyanure à 1 pour 8.000. Puis, avec la seringue de Bonneau, j’injecte presque à canal

ouvert 10 cc. de ma solution cocaïne-novocaine.

DOVOCAINEM 72 PR CT 6 &r:

Cocaine ie e EN ER R Ee 3 £T.

4e = SIVÉÉTME TE TES ME Per 50 gr GAULLE RAD ORNE MER RE RE 250 gr.

Je maintiens ce qui est entré en pressant sur l’urètre. Progressivement mon malade commence à s’énerver, ce que je ne veux attribuer qu’à sa grande nervosité. Je relâche néanmoins l’'obturation de l’urètre et je fais un lavage au bock du canal. Ses propos, cependant, deviennent inquiétants : il me parle de mort, de prévenir sa femme, son visage se congestionne, ses pupilles sont dilatées au maximum, j'évacue immédiatement le liquide qu’il peut y avoir dans la vessie avec une sonde n° 12 qui ne passe que difficilement en provoquant une petite hémorragie. Tonicardiaques. Le malade est comme dans un sommeil hypnotique, « il voit tout noir », dit-il, lui-même. Ses membres supérieurs sont raidis, les avant-bras fléchis sur les bras. La pensée de sa femme et de son enfant l’occupe tout entier. Enfin peu à peu il revient à lui, je pratique un examen qui me montre effectivement un rétrécissement de l’urètre périnéal. J’ai pu le dilater assez aisément au cours de séances

ultérieures sans le concours d’anesthésiques.

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