PRÉFACE
Sédentaire ou nomade, l’Arabe aime l'eau, l’eau courante et l’eau qui fertilise ; pour le fils du désert, l’eau est toujours demeurée un idéal et un luxe.
Les nécessités du climat, la nature du sok, les mœurs même des habitants exigeaient impérieusement une réglementation de l’usage de l’eau entre les populations de l’Arabie.
Cependant, au temps de la djâhiliyya, de « l'ignorance », il est rare de rencontrer, dans la coutume païenne, des dispositions générales déterminant les conditions du partage et de la distribution de l'eau. C'est l’enseignement du Prophète qui constitua, en cette matière, la première règle obligatoire ; et, au lendemain des prodigieuses conquêtes de l'Islam, ces institutions primitives de la communauté musulmane du temps patriarcal, se trouvèrent transportées au milieu de groupements territoriaux ou ethniques d'origine toute différente.
Il nous a paru intéressant d'étudier ce développement de la théorie du régime des eaux en droit musulman ; en l’état actuel des textes, nous avons cru possible d’en retracer l’histoire et d'en reconstituer l’organisation géné-
rale.